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	<description>La science en livres: articles, interviews, flux rss...</description>
	<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 09:11:07 +0000</pubDate>
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		<title>Maîtriser l&#8217;information comptable</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 08:57:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Gestion et management]]></category>

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La comptabilité a acquis aujourd’hui une assise conceptuelle qui lui faisait encore défaut à maints égards. De cette discipline, issue avant tout de la pratique, s’est d’abord dégagée la théorie des comptes qui a assuré un traitement uniforme régulier de la mesure des faits modifiant les capitaux engagés. La théorie des comptes répondait à [...]]]></description>
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<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-761-9.html" target="_blank"><img class="alignleft" style="margin-left: 0px; margin-right: 0px;" title="Maîtriser linformation comptable" src="http://eu.123rf.com/168nwm/nexusplexus/nexusplexus1006/nexusplexus100600295.jpg" alt="" width="149" height="99" /></a>La comptabilité a acquis aujourd’hui une assise conceptuelle qui lui faisait encore défaut à maints égards. De cette discipline, issue avant tout de la pratique, s’est d’abord dégagée la théorie des comptes qui a assuré un traitement uniforme régulier de la mesure des faits modifiant les capitaux engagés. La théorie des comptes répondait à la question du comment mémoriser ces faits?</p>
<p>Le premier texte imprimé de la littérature comptable est celui du moine Luca Pacioli paru en 1494 à Venise. Ce texte, Traité XI, section Neuf, d’un ouvrage de compilation encyclopédique intitulé Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita constituait un traité des comptes et des écritures. Au cours des siècles suivants, l’abondante littérature comptable s’est avant tout concentrée sur la recherche de la justification de la comptabilité en partie double et de celle de la façon de tenir les livres.<br />
<span id="more-1723"></span><br />
Sous l’influence de l’accroissement de la complexité des affaires, cette rigueur formelle s’est enrichie de principes voulant assurer la pertinence des états financiers et l’adéquation des enregistrements comptables. Le corps de principes qui s’est ainsi constitué tend à répondre à la question du pourquoi mémoriser les faits?</p>
<p>Parmi les premiers auteurs de théorie comptable à proprement parler, on cite volontiers W. A. Patton qui publia à New York, en 1922, un ouvrage intitulé Accounting Theory. Au cours des dernières décennies, les travaux de recherche et les publications portant sur la conceptualisation de la comptabilité comme partie des sciences sociales se sont multipliés. On pense en particulier aux efforts énormes, qui se sont étendus sur plus de 10 ans dès le milieu des années 1970, du Financial Accounting Standards Board (FASB) des Etats-Unis pour parvenir à élaborer un cadre conceptuel comptable. C’est dans la foulée de cette réflexion théorique que la première édition du présent ouvrage en 1987 proposait un cadre conceptuel de la démarche comptable sur lequel se fondaient toutes les explications particulières. Durant la même période de nombreuses recherches allaient dans le même sens, en particulier celles de l’International Accounting Standards Committee (IASC) qui approuva en avril 1989 son Cadre conceptuel pour la préparation et la présentation des états financiers. Un pas décisif a alors été franchi vers une normalisation internationale fondée sur une approche théorique acceptable par tous.</p>
<p>Ce cadre conceptuel a été repris par l’International Accounting Standards Board (IASB), établi en 2001, dans le cadre de l’International Accounting Standards Committee (IASC) Foundation, qui comprend également l’International Financial Reporting Interpretations Committee (IFRIC) et le Standards Advisory Council.</p>
<p>Aujourd’hui, l’application de standards de normalisation s’est généralisée. Sur le plan international, les International Accounting Standards, IAS, puis les International Financial Reporting Standards, IFRS, sont reconnus dans un grand nombre de pays, en particulier l’Union européenne les a adoptés pour les comptes consolidés des sociétés cotées. De plus, pour faciliter le développement des marchés des capitaux l’IASB et le FASB ont établi, en 2006, un programme de travail de convergence qui devrait rendre superflues, dans un proche avenir, les exigences de réconciliation entre les deux référentiels telles qu’elles apparaissent encore dans les rapports de gestion des entités étrangères cotées aux Etats-Unis.</p>
<p>Les organismes de normalisation comptable, internationaux ou nationaux, commencent en outre à segmenter les exigences en fonction de la taille des entités concernées. L’IASB a ainsi publié, en février 2007, un exposé-sondage qui propose des IFRS pour les Petites et Moyennes Entités (IFRS for Small and Mediumsized Entities). En Suisse, les Recommandations relatives à la présentation des comptes, en abrégé les Swiss GAAP RPC, entrées en vigueur au début de l’année 2007, sont établies sur une structure modulaire. Le concept s’articule autour de quatre éléments : le cadre conceptuel, les RPC fondamentales, les autres normes et la norme spécifique pour les comptes consolidés. Les petites entités ont la possibilité de ne prendre en considération que le cadre conceptuel et les recommandations fondamentales. Les entités de taille moyenne ou importante sont tenues de respecter les recommandations fondamentales et les autres normes. En cas de consolidation des comptes, toutes les entités doivent respecter, en plus, la norme spécifique destinée aux comptes consolidés.</p>
<p>Les volumes de cette série Maîtriser l’information comptable accordent par conséquent une large place au pourquoi. Il s’agit pour chaque étude particulière de déterminer la solution dite rationnelle qui respecte au plus près les principes, même s’il faut constater ensuite que des solutions usuelles plus simples sont parfois adoptées pour des raisons de coût ou d’importance relative (caractère significatif). La connaissance de la solution rationnelle, par exemple en matière d’escompte, de vente à tempérament ou d’évaluation, permet à celui qui établit les états financiers ou à celui qui les analyse de mesurer les limites de pertinence et de fiabilité des informations contenues dans les comptes annuels.</p>
<p>Ce volume 1 de la série Maîtriser l’information comptable propose une approche systémique de la comptabilité fondée sur un corps de principes organisés en une démarche théorique rationnelle. Les applications étudiées se rapportent aux événements comptables standard de l’entreprise. Pour permettre au lecteur de tester sa compréhension des éléments étudiés, la partie de l’ouvrage consacrée aux exercices et cas propose, dans une première partie, des exercices et cas résolus. Le lecteur est cependant invité à les résoudre lui-même avant de recourir aux solutions proposées.</p>
<p>Le volume 2 de la série offre une application systématique de la théorie et de la démarche dans le cadre de la préparation des états financiers annuels. Il donne une analyse commune et générale du traitement comptable des différentes entités sociétés; les communautés d’intérêts (société simple) et les succursales sont particulièrement approfondies. Il étudie les différentes théories de l’évaluation des postes du bilan, justifie et illustre leur application pratique en général et pour la Suisse en particulier. Il traite enfin des liens entre la comptabilité financière et la comptabilité de gestion ainsi que des différents coûts de production de biens ou de services.</p>
<p>Par une présentation du retraitement et de la formation des données en vue de l’analyse financière, le volume 3 complète les matières développées dans les tomes précédents. Il propose en outre une étude des incidences comptables des changements intervenus dans les activités (augmentation, réduction ou cessation d’activités); il approfondit l’évaluation des titres, en particulier celle des nouveaux instruments financiers, et propose une introduction à la préparation des états financiers consolidés.</p>
<p>Le contenu des ouvrages se réfère avant tout à l’entreprise privée, comme entité essentielle du circuit des échanges économiques. Le contrôle de la circulation des flux, tant externes qu’internes, est donc au cœur des explications. Les notions de capacité d’autofinancement, de flux net d’activité encaissé, de fonds de roulement et les tableaux de flux sont abordés très tôt puisqu’elles sont l’objet du contrôle comptable, bien avant la présentation traditionnelle des comptes.</p>
<p>L’approche théorique de la comptabilité est complétée par des exemples aussi réalistes que possible. A la fin du volume 1 et dans le volume 4, une collection d’exercices et de cas permet d’assurer la consolidation des connaissances acquises.<br />
<strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-761-9.html" target="_blank"><br />
&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Jean Piaget : de la biologie à l&#8217;épistémologie</title>
		<link>http://www.polytechpress.com/jean-piaget-de-la-biologie-a-lepietemologie/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 07:17:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le savoir suisse]]></category>

		<category><![CDATA[Sciences tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[&#62;&#62; Télécharger le premier chapitre
Sans Jean Piaget (1896-1980), l’histoire de la psychologie et de la pédagogie au 20e siècle aurait pris un autre cours. Ses théories du développement cognitif et moral ont exercé une influence durable sur la recherche en psychologie et sur le discours pédagogique. Cependant, si Piaget fut un psychologue de l’enfant, ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/Resources/1260_1.pdf" target="_blank">&gt;&gt; Télécharger le premier chapitre</a></strong></p>
<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-849-4.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Jean Piaget" src="http://eu.cdn2.123rf.com/168nwm/ktsdesign/ktsdesign0908/ktsdesign090800001.jpg" alt="" width="143" height="94" /></a>Sans Jean Piaget (1896-1980), l’histoire de la psychologie et de la pédagogie au 20e siècle aurait pris un autre cours. Ses théories du développement cognitif et moral ont exercé une influence durable sur la recherche en psychologie et sur le discours pédagogique. Cependant, si Piaget fut un psychologue de l’enfant, ce n’était pas parce que les enfants l’intéressaient particulièrement : son but fut d’élaborer une théorie globale de la connaissance, de la pensée et du savoir. C’est pourquoi il écrivit et enseigna dans les domaines de la zoologie, de la théorie de l’évolution, de la philosophie, de la théologie, de la psychologie, de la sociologie, de la pédagogie, des mathématiques, de la logique, de la théorie de la connaissance et de l’histoire des sciences. <span id="more-1715"></span>Ces contributions, qui couvrent près de 30 000 pages, constituent un système complet, qui prend place dans la tradition universaliste des Lumières, et qui entend contribuer non seulement à expliquer le monde, mais encore à l’améliorer. Ce projet a fasciné beaucoup de ses contemporains et suggéré d’établir des ponts entre diverses sciences.</p>
<p>Cependant, peu de scientifiques ont été l’objet de jugements aussi contradictoires que Piaget. On a pu le qualifier de génie; mais d’un autre côté, on l’a soumis à des critiques d’une violence rare. Il n’y a pas un concept-clé, pas une affirmation centrale de son œuvre qui n’aient été mis en question de manière radicale. Simultanément, des centaines de ses élèves utilisaient, enseignaient ou défendaient sa théorie comme s’il s’agissait de la vérité la mieux établie. C’est pourquoi Piaget est un exemple captivant pour l’analyse historiographique: comment naît une école ?</p>
<p>Particulièrement instructive est à cet égard l’influence qu’exercèrent son autobiographie (Piaget 1966/1) et ses quelques interviews (Piaget 1977). A coup de constructions subtiles et d’omissions délibérées (du côté des institutions qui l’ont formé, de ses mentors ou de ses sources), Piaget a contribué habilement à passer pour un pionnier et un génie. Ainsi, presque toutes ses biographies ont repris la légende d’une publication « scientifique » précoce sur le moineau albinos, qu’elles donnèrent pour le signe précurseur d’une œuvre monumentale. Pour bâtir une légende, il faut un miracle: aux yeux des petits enfants, un liquide qui passe d’un récipient dans un autre récipient plus effilé devient plus abondant. Ce phénomène a joué un rôle important dans la perception des recherches piagétiennes. De même la cohérence de l’œuvre, et la large reconnaissance dont elle bénéficia (Piaget fut nommé membre ou président de commissions spécialisées, obtint des postes directoriaux, 35 doctorats honoris causa et diverses autres distinctions honorifiques). Tout cela passa pour la preuve d’une originalité incomparable. Rien d’objectif là-dedans, mais Piaget s’entendait manifestement mieux que d’autres à se mettre en scène, afin d’entrer dans l’histoire comme le plus important des psychologues de l’enfance et du développement.</p>
<p>En psychologie, son influence fut considérable. En 1969, dans la littérature consacrée à la psychologie du développement, c’est son nom qui est le plus souvent mentionné. En 1975, il est le psychologue le plus cité du monde, et en 2002, il occupe encore la quatrième place, après Burrhus F. Skinner, Sigmund Freud et Albert Bandura. Au titre de théoricien des étapes du développement, et de psychologue de la cognition, Piaget est entré dans presque tous les manuels de psychologie. Etonnamment, il occupe aussi, très souvent, une place éminente dans les théories de l’apprentissage, et il est enseigné dans la plupart des instituts de formation des maîtres. En outre, sa théorie sur le jugement moral a eu une influence durable, même si elle doit beaucoup à la contribution de Lawrence Kohlberg (1927-1987). La théorie de Piaget trouva des applications dans la psychologie des tests, la psychologie sociale, la psychologie de la perception, de la personnalité et de la religion. Mais elle influença aussi les théories du développement continu (le concept de life-span), ainsi que la theory of mind, selon laquelle le savoir intuitif quotidien correspond à un cadre interprétatif cohérent, «empiriquement» construit.</p>
<p>Cependant, les controverses suscitées par ses hypothèses, ses méthodes et ses résultats ne furent pas la moindre raison de son énorme influence. A partir du milieu des années vingt du siècle dernier, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, puis derechef à partir du milieu des années cinquante, des centaines de scientifiques ont discuté ses concepts et reproduit ses expériences. La masse de la littérature secondaire consacrée à Piaget dépasse désormais les limites de ce que l’on peut embrasser.</p>
<p>Après sa mort, en 1980, sa psychologie du développement a perdu de son attrait. Néanmoins, ses théories ont été prolongées par les néopiagétiens. L’explication des variations individuelles et culturelles, négligées par le maître, y joua un rôle important. Mais malgré ces prolongements, c’est toujours à Piaget qu’on se réfère comme à la théorie de base de la psychologie du développement.</p>
<p>En pédagogie, l’enthousiasme pour Piaget fut encore plus vif qu’en psychologie, tout au moins aux USA. En 1977, c’est Piaget qui est l’auteur le plus souvent mentionné dans la littérature pédagogique américaine; il continue de faire partie, dans cette spécialité, des auteurs les plus cités. C’est étonnant, non seulement parce que Piaget, à la fin de sa vie, a pris explicitement ses distances à l’égard des questions d’enseignement, mais aussi parce que les pédagogues eux-mêmes n’étaient guère au courant de ses écrits pédagogiques. Ils s’appuyaient sur sa psychologie du développement (quelques-uns se fondaient aussi sur ses contributions à la théorie de la connaissance ou à la sociologie), pour la «traduire» dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement. C’est en particulier l’éducation préscolaire, l’enseignement des mathématiques et la didactique des sciences qui subirent durablement l’empreinte de Piaget. Plus que nul autre, il a marqué les représentations que l’on s’est faites de l’apprentissage cognitif et symbolique. L’hypothèse constructiviste de Piaget n’a pas seulement exercé une influence inappréciable sur la didactique: elle est également présente dans la théorie de la connaissance. Dans le débat sur le constructivisme, qui a marqué les années 1980 et 1990, il fut une des références majeures. En outre, il ne faut pas sous-estimer son influence sur la perception du structuralisme, car en l’espace de six ans, son ouvrage intitulé Le structuralisme, paru en 1968, se vendit à 100 000 exemplaires. Mais contrairement à ses espoirs, Piaget n’exerça d’influence décisive ni en philosophie ni en sociologie.</p>
<p>Depuis que Bärbel Inhelder (1913-1987) a fondé les Archives Jean Piaget à Genève en 1974, tous les écrits de l’auteur sont accessibles (88 ouvrages en tout, à quoi s’ajoutent environ 600 contributions et articles). En revanche, mis à part ses échanges épistolaires de jeunesse avec d’autres naturalistes, nous sommes presque entièrement privés de la correspondance de Piaget. Même s’il n’était pas un épistolier très assidu, et répondait souvent aux lettres avec un retard considérable, la connaissance de sa correspondance pourrait combler certaines lacunes de sa biographie. Actuellement, beaucoup de faits liés à ses séjours à Leysin, Zurich et Paris, ainsi qu’en Valais, sont mal éclaircis. De même, sur ses problèmes psychiques, sa deuxième psychanalyse ou ses relations féminines, on ne peut rien dire d’assuré en l’absence de ces sources épistolaires.<br />
Ce sont les études de Fernando Vidal (1994) qui, les premières, ont permis de reconstituer ce que furent les convictions et les thèmes fondamentaux de Piaget. Vidal a enquêté sur le monde social, institutionnel, religieux et scientifique dans lequel a baigné l’enfant et l’adolescent. Il a mis en lumière les réseaux qui ont favorisé la première carrière d’un Piaget naturaliste, philosophe et psychanalyste. Ce qui a fait vaciller l’image du génie solitaire, véhiculée jusqu’alors dans les monographies et les manuels. Auparavant, Jean-Jacques Ducret (1984) avait déjà étudié les philosophes et les scientifiques qui exercèrent sur Piaget une influence majeure. En outre, pour le centième anniversaire de sa naissance, diverses études (Barrelet et al., 1996) ont permis d’enrichir encore le contexte de son œuvre.</p>
<p>Si l’on prend en compte les résultats de ces recherches, et les premiers écrits de Piaget, le plus souvent négligés, on constate qu’une nouvelle interprétation de son œuvre est nécessaire. On sait maintenant que sa genèse n’alla pas sans ruptures, mais il faut aussi tenir compte de questions liées à sa biographie, ainsi que de ses convictions religieuses, qui ont laissé leur trace dans ses théories. Cet ouvrage n’entend donc pas seulement exposer les théories les plus importantes de Piaget, mais aussi la logique et les problèmes spécifiques de son système.</p>
<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-849-4.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Les paradoxes de la mobilité</title>
		<link>http://www.polytechpress.com/les-paradoxes-de-la-mobilite/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 07:40:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le savoir suisse]]></category>

		<category><![CDATA[Sciences tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[&#62;&#62; Télécharger le 1er chapitre
Il est courant d’entendre que nous vivons dans une société «hypermobile». Nous voyons que les moyens de télécommunication et de transports rapides ont changé le monde et que les territoires s’estompent au profit d’un monde dominé par des flux. Certes, nous bougeons de plus en plus vite et nous allons de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/Resources/1246_chap_1_1.pdf" target="_blank">&gt;&gt; Télécharger le 1er chapitre</a></strong></p>
<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-769-5.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Les paradoxes de la mobilité" src="http://eu.cdn4.123rf.com/168nwm/sielan/sielan0708/sielan070800007.jpg" alt="" width="135" height="84" /></a>Il est courant d’entendre que nous vivons dans une société «hypermobile». Nous voyons que les moyens de télécommunication et de transports rapides ont changé le monde et que les territoires s’estompent au profit d’un monde dominé par des flux. Certes, nous bougeons de plus en plus vite et nous allons de plus en plus loin. En termes de flux, voici quelques chiffres sur la croissance sans précédent des distances que nous parcourons: entre 1970 et 2005, le trafic des voyageurs (tous moyens de transports confondus) est passé en Europe de l’Ouest de 2 à 5 milliards de kilomètres par an.</p>
<p><span id="more-1711"></span></p>
<p>Les conséquences en sont les engorgements chroniques des infrastructures par saturation des axes routiers, ferroviaires et des plateformes aéroportuaires; des menaces    pour    l’ environnement    qui    vont    des    pollutions atmosphériques et sonores au gaspillage du sol; des problèmes sociaux, enfin, relatifs à l’automobile et aux inégalités d’accès aux systèmes de transport. Beaucoup d’encre a déjà coulé dans les échanges de vues sur les réponses possibles. La plupart des mesures préconisées par les experts sont très complexes à mettre en pratique.</p>
<p>Nous proposons de nous saisir de ces questions à partir de leurs fondements en explorant une question triviale en apparence, mais essentielle: pourquoi bouge-t-on? Les débats relatifs à la mobilité sont souvent focalisés, avec une bonne dose d’idéologie, sur l’utilisation de tel ou tel moyen de transport. Il en résulte des controverses qui occultent les raisons pour lesquelles les objets et les personnes sont en mouvement.</p>
<p>Disons-le d’emblée, la question «pourquoi bouge-t-on?» ne concerne pas le seul domaine des transports. Elle nous fait entrer de plain-pied dans l’étude, combien plus vaste, des modes de vie contemporains. Faire passer des objets ou des personnes d’un point à l’autre, c’est impliquer en effet un vaste éventail d’activités humaines. Diverses logiques d’action nous amènent à nous interroger sur le fonctionnement des sociétés, sur leurs structures et leurs relations, sur les inégalités, sur les différenciations, sur les modes de vie et leur pluralisme. Curieusement, peu de recherches se sont attaquées à ce thème. Dans la recherche, on prend souvent pour argent comptant l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui dit que toute personne a le droit de circuler librement. De nombreux travaux partent du postulat plus ou moins explicite que l’accroissement des flux reflète un processus de démocratisation. On célèbre donc la «liberté» de déplacement. Considérons les choses tout à la fois de plus haut et de plus près.</p>
<p>Est-il bien vrai que nous soyons de plus en plus mobiles, voire que nous vivions désormais dans une société hypermobile? Pour répondre il faut d’abord s’entendre sur les questions posées: s’agit-il d’une croissance du nombre des déplacements? Ou seulement d’une extension de l’espace parcouru? Ou du temps consacré à se mouvoir?</p>
<p><strong>La croissance des déplacements</strong></p>
<p>De grandes enquêtes mesurent les déplacements depuis les années 1960 dans la plupart des pays occidentaux et deux tendances s’en dégagent: la mobilité n’augmente pas en nombre de déplacements par personne. Le nombre d’occasions où nous nous déplaçons quotidiennement est globalement stable. Il s’établit entre 3,2 et 4,5 suivant les régions. En revanche, la part de l’automobile a été croissante dans tous les pays européens ces dernières décennies, de même que la pratique de l’avion. Par ailleurs, les migrations internationales augmentent en volume de flux. Mais à l’inverse, la mobilité résidentielle, c’est-à-dire le changement de domicile d’une région à l’autre dans un même pays, stagne, voire décroît. Il n’est donc pas évident que la mobilité augmente, mesurée en nombre de déplacements: tout dépend de quel type de mobilité on parle; par contre, il est certain que la portée spatiale des déplacements a considérablement augmenté. Pour la mobilité quotidienne, par exemple, la distance parcourue par personne et par jour est passée de 29 km en 1984 à 34 km en 1994, puis à 38 km en 2000. En 2005, ce chiffre est resté stable et semble avoir atteint un maximum.</p>
<p>Ce qui a en revanche augmenté, c’est le temps consacré aux déplacements. Entre les années 1950 et 1990, le temps journalier consacré en moyenne à ses déplacements par la population suisse est resté stable, mais depuis lors il s’est mis à augmenter. Ainsi la durée moyenne des déplacements par personne et par jour est passée de 1 heure 17 minutes en 1989 à 1 heure 24 minutes en 1994, 1 heure 34 minutes en 2000 et 1 heure 38 minutes en 2005 (OFS ARE 2007). Cette tendance à l’allongement s’est d’abord manifestée dans les pays dont l’organisation spatiale se caractérise par la présence de villes distantes de moins de 100 kilomètres très bien reliées par des réseaux ferroviaires et autoroutiers, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique ou la Suisse et elle s’étend maintenant à s’étendre à d’autres pays, à l’instar de la France ou des Etats-Unis. L’observation est intéressante: sur les 24 heures que compte immuablement chacune de nos journées nous passons en moyenne toujours plus de temps «en route».</p>
<p><strong>Pourquoi cette emprise des déplacements sur notre vie quotidienne?</strong></p>
<p>Observons donc cette emprise croissante des déplacements dans la vie quotidienne pour en chercher les explications. Il y en a plusieurs.</p>
<p>La première est que certains déplacements se sont substitués à d’autres. Nous venons de voir qu’en moyenne le temps passe en route est longtemps resté constant. Mais cette apparente stabilité a caché en fait un changement de structure assez radical dans les motifs. Le travail, raison encore dominante il y a une trentaine d’années, ne représente plus que 20 à 30% des «courses». Aujourd’hui, un employé à plein temps ne rentre plus à midi manger chez lui, ce qui diminue par deux le nombre des déplacements pour ce motif. Mais dans le même temps, les déplacements dits de «loisirs» ont considérablement crû, passant de 23 minutes par jour en moyenne en 1984 à 50 minutes en 2005 (OFS ARE 2007). Mais voici que l’équilibre approximatif de cette substitution d’un motif par l’autre a été rompu depuis quelques années: le nombre de courses pour motifs de travail ne diminue plus et les déplacements de loisirs continuent à croître. A ceci s’ajoute une augmentation sensible du «chaînage des déplacements». On entend par là l’enchaînement dans le temps d’activités extérieures, sans que l’on repasse par son domicile. Il ne s’agit pas là de techniques de transport mais bien de changements dans les modèles de mobilité. Ceux-ci reflètent des transformations profondes de la société, qu’elles soient structurelles (le travail féminin est étroitement lié à la diminution des retours au domicile à midi), culturelles (l’importance des loisirs et du temps libre) ou encore perceptives (aujourd’hui il est souvent jugé dangereux de laisser ses enfants aller seuls à l’école).</p>
<p>Il existe une deuxième explication à l’accroissement de ce qu’on peut appeler «le budget-temps de déplacement»: le découplage entre la vitesse de transport et la mobilité. Les réseaux de transports ont longtemps compensé l’accroissement des kilomètres parcourus par des gains de vitesse. Mais ce progrès compensatoire ne fonctionne plus. Les personnes qui se déplacent le plus vite et le plus loin sont désormais aussi celles qui passent le plus de temps «en route». On observe même une réalité plus fondamentale: il existe une frange de la population dont le mode de vie implique plus de deux heures de déplacements par jour (Joly 2006). Pourquoi? Par exemple parce que les marchés s’élargissent et exigent que l’on se rende plus loin pour motif professionnel. Les couples où les deux conjoints travaillent en des endroits distants sont contraints à un arbitrage de leur lieu de résidence. Les bouchons se multiplient sur les routes aux heures de pointe, ruinant les gains de vitesse offerts par les infrastructures.</p>
<p>La troisième explication de l’accroissement subit des budgets-temps renvoie à une modification de notre manière de bouger. La distinction entre la mobilité quotidienne, le voyage et la mobilité résidentielle est chahutée par l’émergence de nouvelles formes de déplacements. Il en est deux qui sont moins anodines et convenues qu’il n’y paraît de prime abord. D’abord la pendularité de longue distance dans les pays caractérisés par une organisation spatiale multipolaire comme l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas (Van Wee et al. 2006, Mokhtarian et Chen 2004, Dijst et Vidakovic 2000). Ensuite la multirésidentialité, c’est-àdire le fait qu’un nombre croissant de personnes habitent dans deux (ou plusieurs) logements distants de plusieurs centaines de kilomètres (Pierre 2006). Exemple helvétique: un domicile familial dans une ville lémanique et une résidence de travail à Berne ou à Zurich.<br />
Ces modes de vie émergents ont d’abord été considérés à tort comme des épiphénomènes. On pensait qu’ils ne concernaient que des élites se singularisant par l’utilisation fréquente du train ou de l’avion et déployant une part de leurs activités durant leurs trajets, avec un recours intense à la téléphonie mobile et à l’ordinateur portable. Les personnes qui pratiquent ces types de déplacements ont des «budgets-temps» particulièrement élevés et font monter les moyennes des enquêtes, même s’ils ne représentent que 5-6% de la population (tel fut le cas en Suisse en 2000). Mais si ces formes apparaissent parfois encore comme une caricature des temps nouveaux, elles sont en forte croissance, si bien qu’il est légitime de se demander s’il ne s’agit pas d’une préfiguration de la mobilité de demain. La question est actuellement controversée. Sans trancher il est intéressant de relever que pour les pratiquants de la pendularité de longue distance ou de la multirésidentialité, les temps de déplacements ne constituent plus des parenthèses mais des temps sociaux à part entière, dont la qualité mérite d’être analysée (Meissonnier 2001).<br />
En résumé, nous retiendrons d’une part que les distances parcourues et le temps consacré à se déplacer augmentent; d’autre part que ces croissances renvoient à de nouvelles formes de déplacements et qu’il convient d’étudier la perception personnelle du temps de transport.</p>
<p><strong>Notre rapport à l’espace et au temps s’est transformé</strong></p>
<p>Revenons à la question centrale posée dès le début. En nous déplaçant plus loin et plus longtemps, sommesnous véritablement devenus plus mobiles? Derrière l’accroissement des déplacements, en termes de distances et de temps, se cachent des transformations plus fondamentales du rapport que nous entretenons avec l’espace et le temps: nous parlerons de la «connexité» et de la «réversibilité».</p>
<p>L’utilisation généralisée des moyens de télécommunication et de transports motorisés a développé une insertion sociale par connexité, c’est-à-dire par franchissement des distances spatiales par un moyen technique. Notre ancienne manière de nous insérer socialement dans l’espace et le temps a fait place à un modèle plus «mélangé» (Lévy 1999), intimement lié à l’accroissement des distances parcourues au quotidien et à «l’archipelisation» des modes de vie qui en résulte. Nous naviguons d’une île à l’autre. Jusque dans les années 1960, les sociétés modernes étaient marquées par la séparation des fonctions: travail, domicile, loisirs, avec division du travail par sexes et primat de la catégorie socioprofessionnelle dans l’identité d’une personne. On était très attentif à la différenciation spatiale des activités. Changer de rôle impliquait généralement que l’on change de lieu.</p>
<p>Ce modèle s’est maintenant estompé pour laisser place à une superposition accrue des rôles, spatiale et temporelle (Larsen et al. 2005). Ainsi, par exemple, le logement est-il désormais non seulement investi comme espace domestique et familial, mais de plus en plus souvent comme espace de loisirs (vidéo, TV, internet) ou comme lieu de travail (grâce notamment à l’ordinateur et au web). Il en résulte un brouillage des sphères publiques et privées et un télescopage du temps libre et du temps contraint, alors que s’efface progressivement la division sexuelle des rôles par le travail féminin, les «nouveaux pères», etc. On constate ainsi que le développement du temps libre multiplie les mobilités sociales horizontales sans qu’un déplacement leur soit forcément associé. Nombreuses sont les personnes qui utilisent les potentiels des nouvelles techniques de transport et de communication pour multiplier le nombre et la rapide succession des sphères d’activités dans la vie quotidienne (De Singly 2000). Une telle fragmentation implique la constante interruption d’une activité par une autre, comme on le voit en toute occasion avec l’usage du téléphone portable. Mais l’un des exemples de superposition les plus significatifs est sans doute le développement de la surveillance vidéo dans les crèches aux Etats-Unis, qui permet aux parents de voir en tout temps leur enfant via internet depuis leur domicile ou leur lieu de travail.</p>
<p>Les nouveaux moyens de communication et les transports motorisés n’affectent pas seulement l’insertion sociale mais conduisent aussi à changer la relation entretenue entre la mobilité et l’espace. Cette «réversibilisation», c’est l’utilisation de ces moyens de transports et de communication pour annuler au maximum les effets des déplacements sur la vie sociale. Exemple: on utilise les moyens de transports rapides comme l’avion ou le train pour résider loin de son lieu de travail et éviter de déménager. En d’autres termes, on substitue à un déplacement irréversible, tel le déménagement ou la migration, des formes de déplacement réversibles comme la mobilité quotidienne et le voyage, même à longue distance (Schneider et al. 2002). Autre exemple déjà évoqué: on possède plusieurs domiciles («multirésidentialité») lorsque la distance ne permet vraiment pas un mouvement pendulaire quotidien (Meissonnier 2001). De telles substitutions ont un impact évident sur les relations sociales. En voyageant plutôt qu’en migrant, en pendulant plutôt qu’en déménageant, les réseaux et ancrages sociaux peuvent être plus facilement maintenus.<br />
Les recherches sur la mobilité ont aussi révélé un renversement des différentes formes de mobilité elles-mêmes. Davantage que par le passé, il est possible d’atténuer les déchirements de la distance. Ainsi les immigrants peuvent-ils rester en contact avec leur famille ou leurs amis par le téléphone ou la messagerie électronique (Kesselring 2005) et migrer n’implique plus une coupure nette, d’autant moins que les moyens de transports rapides facilitent les visites à l’expatrié ou les voyages de ce dernier. De la même manière, un déménagement s’accompagne toujours plus souvent d’habitudes gardées dans l’ancien quartier de résidence, ce qui permet de ne pas totalement déménager&#8230; La «réversibilisation» concerne également les temps des déplacements eux-mêmes, où l’on introduit aujourd’hui de multiples activités de loisirs et de travail.</p>
<p><strong>Un paradoxe: ceux qui se déplacent pour se sédentariser</strong></p>
<p>Les comportements que nous venons de décrire conduisent à une observation inattendue et contraire à une opinion très répandue: l’ample utilisation des potentiels de vitesse sert d’abord à préserver la sédentarité. Les nouveaux moyens de déplacement ne sont donc pas le signe d’une «hypermobilité» croissante. C’est au contraire pour préserver notre environnement familier et nos ancrages que nous choisissons maintes manières de nous déplacer vite et loin.<br />
Pour mieux saisir ce fait paradoxal, une enquête a récemment été menée en Suisse auprès de pendulaires de longue distance, c’est-à-dire des personnes travaillant à plus de 80 kilomètres de leur domicile (Kaufmann 2008). Elle confirme que cette pratique est liée à une recherche de sédentarité. La pendularité de longue distance est le choix effectué par des personnes fortement ancrées dans leur lieu de résidence. On remarque ainsi une insertion sociale très localisée chez Anna, salariée d’une entreprise dont le siège a été déplacé de Bâle à la banlieue de Berne, et qui, devenue pendulaire de longue distance, déclare: «Originaire de Bâle, j’y réside depuis toujours et c’est là que se situe mon cercle de connaissances. Pour cette raison, je n’envisage en aucun cas de déménager pour me rapprocher de mon lieu de travail.»<br />
Cet ancrage peut aussi se construire sur un lien très fort à une maison, à un quartier ou à une agglomération. Christine est par exemple très attachée à une ferme qu’elle a transformée. Elle explique ainsi sa pendularité de longue distance: «La maison que j’habite, je l’ai entièrement retapée moi-même. C’est une ancienne ferme typique du Gros-de-Vaud. Quitte à faire deux heures de transport par jour, je veux y vivre.»<br />
Alexandre est fortement implanté dans un vieux quartier genevois et l’air qu’il y respire rappelle la madeleine de Proust: «Je suis attaché au quartier de Plainpalais, où j’ai grandi. Je n’ai plus beaucoup de connaissances dans le quartier car je l’ai quitté pendant des années&#8230; Par contre, j’y ai plein de souvenirs&#8230;»<br />
De tels entretiens ont aussi mis en évidence diverses façons d’exploiter les heures requises par les déplacements comme temps à part entière, tantôt pour le travail, tantôt pour des contacts sociaux, tantôt pour le délassement (Flamm 2004).</p>
<p>Jacqueline passe six heures par jour en parcours pendulaires, et loin de se plaindre de cette énorme emprise sur son horaire quotidien, elle affirme qu’elle a «plus de temps pour elle» depuis qu’elle effectue ces longs trajets en train. C’est la flexibilité des horaires qui rend possible ce type de vie, associé au fait positif qu’il implique la traversée de très beaux paysages. D’une manière générale, Jacqueline s’efforce de tirer le plus grand parti possible de ses déplacements pour des activités qui peuvent s’offrir à elle.</p>
<p>Marc utilise son temps de parcours quotidien pour socialiser: «Au retour, je voyage plutôt en compagnie d’autres pendulaires&#8230; Je passe toute la durée du parcours au wagon restaurant avec ces copains.» Loin d’être en proie à l’hypermobilité, les pendulaires de longue distance sont donc souvent des personnes attachées à leurs habitudes et à leurs liens sociaux ou spatiaux, donc fortement «localisées» et ne souhaitant nullement s’arracher à cette fixité. Les pendulaires de longue distance acceptent un travail pour autant qu’il soit possible de ne pas déménager. La vitesse des systèmes de transport assure leur sédentarité. C’est en ce sens que l’on peut affirmer qu’ils vivent leurs considérables déplacements dans l’espace géographique comme réversibles.</p>
<p>Sommes-nous véritablement de plus en plus mobiles? La réponse vient d’être donnée dans tout son paradoxe: nous nous déplaçons de plus en plus, tout en étant moins mobiles. Il en résulte deux conséquences importantes.<br />
D’abord le franchissement de l’espace, en termes de vitesse et de distances, ne doit pas être retenu comme un indicateur suffisant pour décrire la mobilité. La mobilité, insistons sur ce point, n’est pas réductible à une question de transport. Le transport est d’abord une demande dérivée des modes de vie et des projets propres aux acteurs. Nos déplacements sont nés d’obligations, de contraintes ou, pourrait-on dire, de fenêtres de tir qui se sont offertes à nous.<br />
La seconde conséquence de cette pseudomobilité est que l’accroissement du budget-temps consacré aux déplacements n’est pas vécu comme un espace perdu de la journée, mais s’affirme de plus en plus comme un temps social à part entière.</p>
<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-769-5.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Un vent nouveau sur les administrations publiques</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 08:57:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le savoir suisse]]></category>

		<category><![CDATA[Sciences tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[&#62;&#62; Télécharger le 1er chapitre
L’administration publique semble être condamnée à se moderniser. Parler d’elle, c’est évoquer une «bureaucratie», par définition lourde, inefficace, lente et paperassière. Dans tous les pays et à toute époque, l’organisation des collectivités publiques a fait naître chez les administrés une méfiance et une crainte instinctive devant un processus d’alourdissement, de renfermement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/Resources/1251_1.pdf" target="_blank">&gt;&gt; Télécharger le 1er chapitre</a></strong></p>
<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-805-0.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Repenser la gestion publique" src="http://eu.123rf.com/168nwm/3dfoto/3dfoto0905/3dfoto090500094.jpg" alt="" width="121" height="85" /></a>L’administration publique semble être condamnée à se moderniser. Parler d’elle, c’est évoquer une «bureaucratie», par définition lourde, inefficace, lente et paperassière. Dans tous les pays et à toute époque, l’organisation des collectivités publiques a fait naître chez les administrés une méfiance et une crainte instinctive devant un processus d’alourdissement, de renfermement sur les habitudes, de négligence croissante. En réaction, cette dégradation administrative qui paraît consubstantielle, a suscité ce que certains chercheurs ont pu appeler une «tradition de modernisation».</p>
<p><span id="more-1702"></span></p>
<p>Ce phénomène a pris soudain, à l’échelle internationale, la force d’un renouveau, d’une mode ou mieux: du courant d’idées et de réalisations qui fait l’objet du présent ouvrage. Il s’est répandu dans les administrations helvétiques dès les années 1990 et s’est amplifié à cause de traits propres à la Suisse. C’est d’abord un pays où règne un certain goût de la perfection minutieuse, exprimé par l’horlogerie jusqu’aux techniques de la haute complication. C’est ensuite le pays où le système démocratique a été poussé beaucoup plus loin qu’ailleurs, avec une multiplicité de gouvernements, Confédération, cantons, communes, et regroupements de ces organismes publics à tous niveaux, sous l’œil critique de citoyens prompts à user des armes de l’initiative et du référendum. «L’administration trop coûteuse» représente le thème le plus rebattu dans les débats.</p>
<p>Ainsi le politologue alémanique R. E. Germann nous rappelle-t-il que dans les années 1920, déjà, une instance fut créée au sein de l’administration fédérale pour en réformer le fonctionnement (Germann 1996). C’était une unité d’avant-garde qui sera suivie en Suisse de nombreux services «d’organisation», dont l’efficacité ne sera d’ailleurs pas toujours à la hauteur des attentes. A cette époque, l’«organisation scientifique du travail», connue auprès des initiés sous le sigle de l’«OST» et exprimant les idées de l’ingénieur américain Frederick W. Taylor, promoteur du travail à la chaîne dans la sidérurgie, se répand très rapidement dans toutes les collectivités en action. Ce mouvement exerce alors une forte influence en Suisse romande, comme l’explique l’historien M. Leimgruber (Leimgruber 2001). Les membres d’une Commission romande de rationalisation (CRR), créée pour propager l’OST auprès des entreprises, se rendirent ainsi aux Etats-Unis pour une étude à la source et s’employèrent avec succès à convaincre les élites suisses de l’époque, banquiers, industriels et professeurs d’université, du bien-fondé du «taylorisme». Ce prosélytisme s’adressait surtout, il est vrai, aux entreprises privées, mais les administrations publiques en furent également influencées.</p>
<p><strong>Des spécialistes pour une nouvelle discipline: l&#8217;organisation du travail</strong></p>
<p>Cette Commission de rationalisation contribua aussi indirectement, dans l’entre-deux guerres, à l’émergence de deux «professions» qui aujourd’hui encore, et en particulier dans cet ouvrage, vont fournir les acteurs-clés du mouvement de réformes. Il s’agit d’abord d’ingénieurs et autres spécialistes en organisation, qui avaient acquis la maîtrise technique de cette discipline naissante: l’organisation du travail. Quels étaient leurs champs d’action? D’abord l’ingénierie traditionnelle lorsqu’ils répondaient aux besoins d’une entreprise, développant des méthodes de planification du travail de plus en plus sophistiquées. Celles-ci aboutirent à la recherche opérationnelle qui utilise des techniques mathématiques. Mais les ingénieurs ont également été influencés par ce que l’on appelait à l’époque la psychotechnique, puis la psychologie du travail, qui vise à intégrer dans les logiques organisationnelles froides les besoins et motivations du personnel. Le rôle des spécialistes en organisation se mit aussi à inclure progressivement la dimension financière de la gestion qui allait devenir cruciale dans l’implantation de la nouvelle gestion publique.<br />
Ils exercèrent enfin la profession ou à tout le moins le rôle de manager, appelé à l’époque «chef», comme en témoigne la revue publiée après-guerre sous le titre Chefs: Revue suisse du management. (Le masculin est volontaire et reflète la situation de l’époque. Ceci nous permet de préciser que le présent ouvrage est rédigé le plus possible dans une logique épicène, qui reflète l’importance que nous accordons aux questions relatives à l’égalité des sexes.) Le rôle des cadres hiérarchiques, et particulièrement des cadres de direction, sera décisif dans l’introduction de la nouvelle gestion publique. Et dès le moment où il s’agira d’une organisation publique, dominée par une double hiérarchie – politique et administrative – les questions touchant au «leadership», à l’autonomie de décision et à la responsabilité deviendront essentielles.<br />
Un parallèle peut être opéré entre la dissémination progressive du taylorisme en Suisse à cette époque, et celle de la nouvelle gestion publique dans l’administration au cours des années 1990, même si le deuxième phénomène s’est manifesté dans une période sensiblement plus courte. Nous aurons l’occasion de revenir sur l’émergence et la dissémination de la nouvelle gestion publique en Suisse, afin de fonder cette affirmation.</p>
<p><strong>L’ère des consultants</strong></p>
<p>Les années 1960-1990 sont marquées par la montée en puissance d’un troisième type d’acteur dans les réformes de l’administration publique: les grands cabinets de «consultants». Ils seront fortement sollicités par les milieux politiques en quête d’efficience. Leur outil de prédilection: les analyses de valeur et autres approches générales de rationalisation, qui montent en puissance dans les années 1970 et 1980, tout en s’inspirant de démarches antérieures, comme en témoigne en Suisse le célèbre rapport de la «Commission Hongler» au sein de l’administration fédérale (Germann 1996). La commission Hongler proposa une procédure en trois temps: d’abord des réformes sans modification législative (restructuration de la Chancellerie fédérale, par exemple), puis une révision totale de la Loi de 1914 sur l’organisation de l’administration fédérale et, troisièmement, des révisions de la Constitution en vue de décharger de certaines tâches le gouvernement et le Parlement.</p>
<p>Produire plus au moindre coût, en simplifiant les procédures de travail, et par conséquent en limitant le nombre de fonctionnaires, n’est pas une invention récente, véhiculée par la nouvelle gestion publique. A y regarder de plus près, toute administration d’une certaine taille – typiquement les administrations cantonales – entreprend régulièrement de telles démarches introspectives, tous les quinze à vingt ans, sous la pression de parlementaires suspicieux ou simplement modernistes, de membres de l’exécutif orientés vers la maîtrise des coûts, ou encore de chefs d’offices désireux de parfaire le fonctionnement de leurs services.</p>
<p><strong>L’avènement de la nouvelle gestion publique</strong></p>
<p>Mais ces efforts de modernisation vont prendre un grand coup d’accélérateur dans les années 1990. Une lame de fond vient bouleverser les logiques de fonctionnement dans les sphères politiques et administratives. C’est l’avènement de la nouvelle gestion publique (NGP), dite en allemand Wirkungsorientierte Verwaltungsführung (WiV) et plus souvent citée sous son appellation anglaise de New Public Management (NPM). C’est donc dans un environnement d’une certaine façon habitué à l’analyse de son organisation et aux méthodes de gestion, que va se développer la NGP, avec une rapidité étonnante, proche d’un phénomène de mode. Nous l’affirmons pour avoir vécu personnellement une forme d’euphorie au sein de l’administration en 1994. La nouvelle gestion publique se répandit à l’époque comme une traînée de poudre. Consultants, formateurs et spécialistes du monde académique étaient fortement sollicités, non seulement pour expliquer les idées-forces qui s’étaient mises en mouvement, mais pour contribuer directement à leur introduction dans le terrain.</p>
<p>La NGP eut en Suisse ses pionniers, notamment les cantons de Berne, Lucerne, Obwald et Zurich, mais également la ville de Berne. Des essais pilotes eurent lieu en 1995 déjà, précédés par diverses prémices. Pour catalyser cette révolution qui soulevait de grands espoirs, des ouvrages de référence énoncèrent la nouvelle doctrine. Citons Reinventing Government par Osborne et Gaebler (1993), qui fut résumé par J.-D. Delley sous la forme d’un tiré-à-part de Domaine public paru en 1994 sous le titre Quand l’esprit d’entreprise vient à l’Etat (1994), et l’ouvrage de référence suisse réalisé par K. Schedler, New Public Management (1995), paru ensuite en version augmentée avec I. Proeller (2000), puis en édition de poche rééditée à plusieurs reprises.</p>
<p>A l’étranger, quelques exemples d’administrations acquises à la nouvelles gestion publique et devenues mythiques vinrent alimenter ce courant naissant, créant une vogue, et ces exemples sont très fréquemment mentionnés: Saint-Denis, la mairie proche de Paris, paradoxalement à orientation communiste, ou les villes de Tilburg en Hollande et de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Telles furent les sources d’inspiration et même les lieux de pèlerinage chers à de nombreux cadres de l’administration suisse qui tentaient de comprendre ce que signifiait la mise en pratique de cet acronyme prestigieux, la NGP.</p>
<p><strong>La qualité des services, les centres de prestations, les simplifications</strong></p>
<p>Mais en quoi cette NGP diffère-t-elle fondamentalement de la conduite usuelle d’une administration? En quoi est-elle «nouvelle»? Contrairement à l’approche classique marquée par la prégnance du droit comme instrument d’analyse et de conduite de l’action publique (Chevallier 1986; Debbasch 1989), la nouvelle gestion publique emprunte à l’économie et à la gestion de l’entreprise privée l’essentiel de ses concepts et de ses outils (Hufty 1998; Schedler et Proeller 2000). Pour remédier à un grand nombre de dysfonctionnements que l’on a traditionnellement identifiés au sein des systèmes bureaucratiques (Hablützel, Haldemann et al. 1995), tels que la difficulté à exercer une réelle direction politique au sein d’organismes publics, la lourdeur, le cloisonnement des fonctionnements internes, la nouveauté préconisée peut se résumer aux objectifs suivants:<br />
– La nouvelle gestion publique vise la qualité des services fournis aux citoyens que l’on rebaptise «clients». Il s’agit d’évaluer leurs besoins, puis les prestations effectivement fournies par l’administration, dans le but d’améliorer l’efficience et l’efficacité de fonctionnement. L’efficacité des services publics, c’est l’atteinte des objectifs, prestations clairement définies par les autorités politiques; quant à l’efficience, elle concerne l’utilisation rationnelle des ressources attribuées, le fonctionnement au moindre coût. Cette première orientation est souvent résumée par l’évolution d’une administration traditionnellement gérée à partir de ses ressources (ou inputs) vers une administration gérée avant tout par ses prestations (ou outputs). A noter que l’utilisation de mots anglais, issus du langage du management, fait partie intégrante de la NGP, contribuant à lui donner une saveur particulière.<br />
– La NGP, dans ce but, délimite des centres de prestations à l’intérieur de l’administration, puis elle en confie la direction à des managers publics bénéficiant d’une autonomie d’action accrue par rapport au système traditionnel. Elle implique que l’autorité négocie avec chacun d’entre eux un contrat (ou mandat) de prestations, qui fixe les prestations à fournir, stipule les indicateurs retenus ainsi que l’enveloppe financière attribuée.</p>
<p>Même si l’appellation de «nouvelle gestion publique» en tant que telle tombe progressivement en désuétude, cette approche pourrait bien se montrer décisive pour la gestion et le pilotage des organisations publiques au 21e siècle, tant sur le plan pratique que théorique.</p>
<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-805-0.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Investigation de scène de crime</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 09:36:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[PPUR]]></category>

		<category><![CDATA[Science et techniques]]></category>

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		<description><![CDATA[La scène du crime comprend tout lieu sur lequel une infraction a été commise et dont l’examen nécessite l’intervention d’un service de police technique et scientifique ou celle d’un expert en criminalistique. Il est important de souligner que:
• La scène de crime englobe non seulement l’endroit géographique où l’infraction a été perpétrée mais également tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-845-6.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Investigation de scène de crime" src="http://eu.123rf.com/168nwm/horatziu1977/horatziu19771006/horatziu1977100600021.jpg" alt="" width="124" height="93" /></a>La scène du crime comprend tout lieu sur lequel une infraction a été commise et dont l’examen nécessite l’intervention d’un service de police technique et scientifique ou celle d’un expert en criminalistique. Il est important de souligner que:</p>
<p><strong>• La scène de crime</strong> englobe non seulement l’endroit géographique où l’infraction a été perpétrée mais également tout élément qui y est lié : outils ou armes utilisés, butin et traces emportés, cadavre(s), voies d’accès et de fuite, véhicules, etc. la scène de crime n’a que rarement des limites géographiques bien définies puisqu’elle comprend tous les emplacements où une trace ou un objet en relation avec l’action ou l’infraction qui s’est produite peuvent être découvertes. La scène de crime se caractérise donc souvent par une multiplicité d’emplacements géographiques et une multiplicité de traces et d’objets.<span id="more-1693"></span></p>
<p>• <strong>Le mot crime</strong> doit être compris au sens latin du terme <em>crimen</em> qui signifie le chef d’accusation. ainsi, pour le technicien en scène de crime, l’objet de ses investigations n’est pas nécessairement un crime, au sens strict de la définition légale du terme, ni même forcément une infraction; il peut correspondre à toute action qui s’est produite et en réponse de laquelle une investigation systématique et scientifique doit être mise en œuvre.</p>
<p>L’article premier du Code pénal suisse fixe le cadre juridique dans lequel une infraction est commise: «Une peine ou une mesure ne peuvent être prononcées qu’en raison d’un acte expressément réprimé par la loi. » C’est le principe de la légalité des délits et des peines: nullum crimen, nulla pœna sine lege.</p>
<p>L’article dixième définit, in abstracto, les crimes et les délits à partir des conditions de la répression: «sont des crimes les infractions passibles d’une peine privative de liberté de plus de trois ans; sont des délits les infractions passibles d’une peine privative de liberté n’excédant pas trois ans ou d’une peine pécuniaire.» Les dispositions spéciales définissent, de manière exhaustive, les infractions dans 222 articles groupés en 20 titres.</p>
<p>• Titre premier : infraction contre la vie et l’intégrité corporelle : homicides, meurtres, assassinats, lésions corporelles, etc.<br />
• Titre second: infractions contre le patrimoine : vols, brigandages, abus de confiance, soustractions ou détériorations de données, etc.<br />
• Titre troisième: infractions contre l’honneur et contre le domaine secret ou le domaine privé : diffamation, violation du domaine secret, etc.<br />
• Etc.</p>
<p>Le domaine de compétence des personnes chargées de l’investigation sur une scène de crime est ainsi fixé par la loi. dès lors, il est indispensable de préciser les autres champs d’activité du technicien ou de l’expert en adoptant une classification qui, bien qu’elle soit incomplète, comprend pratiquement la plupart des sites sur lesquels une infraction avérée ou supposée exige la présence du criminaliste.</p>
<p><strong>Lieu d’un accident</strong></p>
<p>Sur le lieu d’un accident de la circulation, la position des blessés et des véhicules ainsi que le relevé topographique sont établis par des unités spécialisées. L’investigateur technique a pour charge de rechercher et relever toutes les traces qui peuvent permettre de déterminer l’identité de victimes, d’obtenir des informations sur les véhicules impliqués ou de préciser les circonstances dans lesquelles l’accident s’est produit. les principaux problèmes qui lui sont posés sont:</p>
<p>• la détermination, à partir de traces présentes dans l’habitacle, de la personne qui conduisait un véhicule impliqué dans un accident ;<br />
• l’identification d’un véhicule à partir d’éclats de peintures, de débris de phares, de mesures des traces visibles sur la chaussée (empattement, largeur des voies, diamètre de braquage), du relevé de l’empreinte des pneumatiques, etc.;<br />
• la recherche du véhicule dans des fichiers à partir des éléments précédents ;<br />
• l’état du véhicule au moment du choc (organes de freinage, éclairages, etc).</p>
<p><strong>Lieu d’un incendie ou d’une explosion</strong></p>
<p>L’investigation doit:</p>
<p>• rechercher l’origine de l’événement, c’est-à-dire le foyer initial de l’incendie ou, à la suite d’une explosion d’atmosphère, le lieu de la fuite de gaz ou de l’émission de vapeurs combustibles ;<br />
• déterminer la source d’énergie calorifique qui constitue la cause du sinistre.</p>
<p>Il est important de mentionner que seuls les éléments établis par l’investigation permettent de déterminer si le sinistre est une infraction, c’est-à-dire de qualifier juridiquement ce dernier.</p>
<p><strong>Lieu d’une catastrophe</strong></p>
<p>Les problèmes posés aux investigateurs sont les mêmes que ceux apparaissant lors d’accidents ; ils prennent une dimension beaucoup plus importante à cause de l’étendue du site et du nombre de victimes.<br />
La principale activité du criminaliste après une catastrophe concerne essentiellement l’identification des cadavres et, accessoirement, la recherche d’éléments matériels pouvant permettre de déterminer la cause de l’événement. Ce type d’examen est, en général, effectué par les experts en incendies et explosions, les spécialistes des offices de transport, les géologues, les ingénieurs, etc.</p>
<p><strong>Traces et indices</strong></p>
<p>Les deux termes sont pratiquement utilisés comme synonymes. Cependant, il existe une distinction fondamentale:</p>
<p>• la trace est un élément matériel – marque, signal, dépôt ou objet – qui n’est pas toujours visible à l’œil nu ; elle constitue le vestige d’un passage, d’une présence ou d’une action.<br />
• l’indice est un « signe apparent qui indique avec probabilité » (littré) ; utilisée dans un contexte d’enquête, la trace acquiert une signification: elle devient indice, car elle est qualifiée par des informations portant sur sa source et/ou sur l’action qui l’a produite. Un indice peut donc être constitué à partir d’une trace dès le moment où celleci se voit agrémentée d’une information en relation avec les faits qui se sont déroulés ; il s’agit alors d’un indice matériel. mais l’indice peut aussi être un élément immatériel comme un raisonnement, une analyse ou une association d’idées.</p>
<p><strong>Recherche des traces</strong></p>
<p>Si l’on tient compte du cadre juridique et de l’activité technique du criminaliste, les traces que contient la scène de crime doivent être recherchées de manière:</p>
<p>• systématique: le choix d’une méthode est indispensable pour ne pas négliger une trace pour éviter de répéter des opérations souvent longues et qui peuvent modifier l’état du site, etc. ;<br />
• scientifique: l’utilisation de moyens adéquats dans la technique de recherche, l’emploi d’éclairages, de moyens optiques, de détecteurs de gaz ou de vapeurs ; dans la manière de fixer l’état des lieux, l’utilisation de techniques photographiques, de caméras vidéo, etc. ;<br />
• légale :    la    recherche    est    soumise    au    code    de    procédure pénale ;    elle est placée sous la responsabilité d’un juge d’instruction ou d’un procureur qui, dans la plupart des cas, délègue, par mandat, son pouvoir à un officier de police judiciaire, un inspecteur de la sûreté ou un gendarme; seul le magistrat peut ordonner des mesures particulières telles que contrôles téléphoniques ou perquisitions.</p>
<p><span style="color: #ffffff;">&#8230;</span></p>
<p>Il est rare, voire exceptionnel, que le spécialiste parvienne le premier sur les lieux. dans de nombreuses situations, l’activité du technicien en scène de crime, le matériel sur lequel il travaille, le résultat de ses investigations dépendent des mesures prises par les premiers intervenants. il appartient donc au criminaliste de former les policiers en les sensibilisant aux problèmes du constat technique et de l’expertise. C’est la raison pour laquelle quelques points importants de cette étude sont consacrés à l’activité des premiers intervenants: les gendarmes, les policiers et les enquêteurs d’un service de la police de sûreté ou de la police judiciaire.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-845-6.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<p><script src="http://books.google.com/books/previewlib.js" type="text/javascript"></script> <script type="text/javascript"><!--
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		<title>Existe-t-il encore un secret bancaire ?</title>
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		<comments>http://www.polytechpress.com/existe-t-il-encore-un-secret-bancaire/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 07:28:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Le savoir suisse]]></category>

		<category><![CDATA[Sciences tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[&#62;&#62; Télécharger le 1er chapitre
Pendant des décennies, poser cette question en Suisse eût été incongru. La discrétion assurée aux clients des banques était considérée comme un pilier immuable de l’ordre juridique helvétique – presque au même titre que la neutralité, la démocratie directe ou le fédéralisme. La défense des patrimoines face à la voracité des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/Resources/1217_2e_1.pdf" target="_blank">&gt;&gt; Télécharger le 1er chapitre</a></strong></p>
<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-854-8.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Le secret bancaire" src="http://eu.cdn2.123rf.com/168nwm/paulfleet/paulfleet0901/paulfleet090100013.jpg" alt="" width="134" height="105" /></a>Pendant des décennies, poser cette question en Suisse eût été incongru. La discrétion assurée aux clients des banques était considérée comme un pilier immuable de l’ordre juridique helvétique – presque au même titre que la neutralité, la démocratie directe ou le fédéralisme. La défense des patrimoines face à la voracité des fiscs, notamment étrangers, reflétait les valeurs fondamentales de la Confédération : protection de la vie privée face à l’Etat, respect de l’argent et de la richesse, souveraineté du pays. Se proclamer ennemi du secret bancaire, c’était, dans l’esprit de beaucoup, trahir les intérêts nationaux, faire preuve d’un manque de patriotisme.<br />
<span id="more-1677"></span><br />
Ce mythe patiemment construit s’est effondré d’un coup, le 13 mars 2009. Après des mois de pressions de la part des Etats-Unis et des grands pays européens, le Conseil fédéral abandonnait ses réserves, autrefois jalousement défendues, en matière de coopération fiscale internationale. Il renonçait ainsi à la pierre angulaire du secret bancaire, le refus de livrer des informations sur les fonds étrangers déposés dans les banques suisses.</p>
<p>Le gouvernement suisse affirmait dans le même souffle que le secret bancaire serait maintenu. De fait, il survit, mais réduit à sa plus simple expression : sauf cas de fraude, l’administration suisse ne pourra toujours pas exiger des renseignements bancaires pour établir la situation fiscale d’un contribuable helvétique. Pour les étrangers, en revanche, la garantie formelle de pouvoir cacher efficacement des capitaux en Suisse, qui rendait le secret bancaire si attirant, a disparu.</p>
<p>Cette décision historique, dont nous retracerons plus loin la genèse, impose un changement radical de modèle. Durant des décennies, la finance helvétique s’est reposée sur l’arme miracle du secret bancaire, et sur les pratiques de discrétion qui l’accompagnaient, pour assurer son développement. Le sentiment instinctif que peut ressentir le visiteur de la plupart des villes suisses est celui d’une société où les banques occupent une place privilégiée. Cela est aussi vrai sur la Bahnhofstrasse, cœur du pouvoir économique zurichois, que dans les rues altières du « quartier des banques » à Genève, sur les rives du lac de Lugano et sur la Place fédérale de Berne, où le Palais du Parlement fait face à trois banques, dont l’imposant immeuble de la Banque nationale. Par son omniprésence et sa répartition entre les régions linguistiques, le secteur financier – terme auquel on préfère souvent celui, plus parlant, de « place financière » – est un ciment, un facteur de cohésion nationale dans un pays plutôt hétérogène.</p>
<p>En 2008, les banques, assurances, gestionnaires de fortune et autres intermédiaires financiers employaient 195 600 personnes, soit 5,8% de l’emploi du pays. Les services financiers représentaient 11,8% de la création de valeur totale, ce qui en fait le secteur dominant de l’économie suisse. Selon le Département fédéral des Finances, il « a vu son importance croître fortement depuis le milieu des années 1990 ». Fin 2005, les banques helvétiques géraient plus de 5900 milliards de francs, soit près de 13 fois l’économie de la Suisse tout entière.</p>
<p>Ce bref examen statistique illustre un fait fondamental: la Suisse vit très largement de l’argent venu d’autres pays. En 2006, 59% des fortunes gérées par ses banques appartenaient à des clients étrangers. La gestion de fortune privée, c’est-à-dire l’administration des patrimoines des clients les plus riches, représente à elle seule quelque 6% du produit intérieur brut. Une étude réalisée en 2007 par le Boston consulting group plaçait la Suisse en tête de la gestion de fortune privée au niveau mondial, avec 27% du marché, contre 24% à la Grande-Bretagne et aux centres financiers affiliés (îles Anglo-Normandes notamment), 19% aux Etats-Unis et à leurs voisins des Caraïbes, 14% au Luxembourg et 7% à Singapour. Ces chiffres concernent les fortunes dites offshore, qui sont placées hors des pays de résidence de leurs propriétaires.</p>
<p>La dépendance des banques helvétiques envers les fortunes étrangères est lourde de conséquences politiques. L’argent déposé en Suisse est souvent soustrait à un fisc étranger – c’est le phénomène de l’évasion fiscale. Selon les estimations les plus prudentes – par exemple celle donnée l’été 2001 par le banquier zurichois Raymond Baer – la moitié au moins des avoirs étrangers en Suisse n’a pas été déclarée aux impôts dans leurs Etats d’origine. Dans certains établissements – notamment ces boutiques de luxe du monde bancaire que sont les banques privées – la proportion d’argent non déclaré au fisc est sans doute plus élevée. Une étude réalisée par la Deutsche Bank estime que 70% des fonds placés en Suisse par des étrangers n’ont pas été déclarés (Financial Times, 23 avril 2003). Mais il n’y a pas, dans ce domaine sensible entre tous, de vérité officielle, incontestable: la Suisse et ses banquiers ont longtemps refusé de savoir si l’argent dont ils vivaient était déclaré ou non.</p>
<p>Pris au sens strict, le secret bancaire interdit au banquier, sous peine de prison ou d’amende, de communiquer à des tiers des informations confiées par son client, y compris l’existence d’une relation avec lui. Dans son acception traditionnelle, il interdisait aux autorités helvétiques de communiquer à un Etat étranger des renseignements sur l’argent déposé en Suisse par l’un de ses contribuables.</p>
<p>Ce principe de non-communication des informations bancaires est demeuré inchangé durant presque quarante ans, après son inscription dans la loi en 1934. Mais les exceptions se sont multipliées dans la seconde moitié du 20e siècle. Les Etats-Unis ont été les premiers, dans les années 1970, à se ménager quelques brèches dans le mur juridique dressé par la Suisse autour de ses banques. Les mesures prises pour contrer le recyclage de fonds criminels dans les institutions financières (le «blanchiment d’argent») ont ouvert la voie aux magistrats étrangers qui poursuivent le crime organisé, la fraude ou la corruption. Depuis 1990, le volume d’informations bancaires transmises par la Suisse aux autorités étrangères a augmenté de façon exponentielle (Bernasconi, 1996). Mais le secret bancaire a continué de protéger l’évasion fiscale, c’est-à-dire l’oubli, même volontaire, de déclarer un revenu dans son pays d’origine. Seule la fraude, qui impliquait l’utilisation de tromperie et de structures astucieuses pour abuser le fisc, pouvait donner lieu à des procédures d’entraide, d’ailleurs rares.</p>
<p>Dans les années 2000, la Suisse campe sur sa dernière ligne de défense. Les grands pays occidentaux veulent introduire un système d’échange d’informations permettant aux autorités fiscales de se renseigner sur l’épargne placée par leurs contribuables à l’étranger. La Suisse a longtemps refusé d’entrer en matière, affirmant que son secret bancaire n’était «pas négociable». Mais après la crise financière de l’automne 2008, le rapport de force est devenu trop défavorable pour que cette position puisse être maintenue. Abandonnant l’ancienne distinction entre fraude et évasion fiscales, la Suisse a accepté de conclure des accords d’échange d’informations avec d’autres Etats. La fin du secret bancaire a été saluée, dans les gouvernements étrangers, à la fois comme un progrès de la gouvernance mondiale et comme un pas victorieux vers la « moralisation » de la finance internationale.</p>
<p>Le dossier du secret bancaire revêt de multiples dimensions : politique, économique, diplomatique. Mais les analyses qui intègrent ces différents aspects demeurent rares. La problématique reste l’apanage d’experts aux approches très spécialisées, qui communiquent peu entre eux. D’une part, les transactions offshore ont fait l’objet d’une abondante littérature économique dans le monde anglo-saxon, à laquelle se sont ajoutés les travaux des organisations internationales qui traitent de la question. D’autre part, le secret bancaire et ses mutations récentes ont été décrits en grands détails par les juristes suisses. Enfin, les médias évoquent régulièrement des transactions financières qui font l’objet d’enquêtes judiciaires en Suisse et à l’étranger. Ce livre n’a pas pour ambition de rivaliser avec les spécialistes du droit ou de la finance, mais veut présenter une vue d’ensemble des problèmes liés au secret bancaire, afin d’informer le public suisse sur une question essentielle pour lui. Il ne peut prétendre à un caractère exhaustif ou « scientifique », en raison de l’absence de recherches systématiques sur les relations des banques avec leurs clients, que le secret bancaire lui-même rend impossibles.</p>
<p>Afin de compenser cette lacune, cet ouvrage s’appuie en partie sur des entretiens avec des banquiers, gérants de fortune et avocats qui s’expriment sous le couvert de l’anonymat. Ce procédé a parfois été critiqué, mais il est indispensable à qui ne veut pas se limiter à une réalité officielle et livresque, qui occulterait les pratiques discrètes que recouvre le secret bancaire.<br />
<strong><br />
<a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-854-8.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>The Large Hadron Collider</title>
		<link>http://www.polytechpress.com/the-large-hadron-collider/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Aug 2010 08:52:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[EPFL Press]]></category>

		<category><![CDATA[Science et techniques]]></category>

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		<description><![CDATA[&#62;&#62; Sample pages
The LHC is a machine of discovery. It will take us into a new energy regime where, through the famous relationship E = mc2, new particles of greater mass, inaccessible to existing machines will be produced. It is not known what the LHC will discover, but there are a number of fundamental questions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://flipflashpages.uniflip.com/1/8835/38186/pub/" target="_blank">&gt;&gt; Sample pages</a></strong></p>
<p><a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-9400222-34-6.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="The Large Hadron Collider" src="http://www.newsoftomorrow.org/IMG/jpg/lhc_hall_1.jpg" alt="" width="138" height="103" /></a>The LHC is a machine of discovery. It will take us into a new energy regime where, through the famous relationship E = mc2, new particles of greater mass, inaccessible to existing machines will be produced. It is not known what the LHC will discover, but there are a number of fundamental questions in physics on which the machine will certainly shed light. The four detectors of the LHC are each designed to answer these questions.<br />
<span id="more-1672"></span><br />
<strong>The origin of mass</strong></p>
<p>Mass or weight (mass under the influence of a gravitational field) is such a familiar concept that we take its existence for granted. The structure of matter at the most fundamental level has been elucidated over the last 35 years by experiments at CERN and at other laboratories around the world. These experiments have revealed an astonishingly simple picture. All matter is made up of a small number of elementary particles (six quarks and six leptons) held together by forces mediated by a small number of “force” particles. The most familiar of these is the photon, the particle of light. The photon has no mass but this does not mean that it is useless. It brings the energy from the sun that allows life on earth, it allows us to see, and where would we be today without TV or mobile phones? On the other end of the spectrum, the particles that mediate the weak nuclear force (the W and Z bosons discovered at CERN in 1983), which are responsible for the burning of the sun, are very heavy, weighing respectively 80.4 GeV and 91.2 GeV, a little less than an atom of silver. The fundamental mechanism of how particles acquire mass and why there is such a large difference between them is not understood. The most promising theory predicts the existence of a particle called the Higgs boson (there may be more than one) which is responsible for the process that gives mass to the other particles. If the Higgs exists, it is very heavy. It must be heavier than 113 GeV or it would have been seen already at the CERN large electron-positron collider (LEP), the previous CERN flagship accelerator. On the other hand, fundamental arguments require that it is less than about 850 GeV . The LHC is designed to cover the whole energy range; if the Higgs exists, the LHC will find it. The two largest detectors, ATLAS (an acronym for A Toroidal LHC ApparatuS) and CMS (the Compact Muon Solenoid detector) are general-purpose detectors capable of observing the unexpected, but they are especially sensitive to all possible manifestations of the Higgs boson.</p>
<p><strong>Matter-antimatter asymmetry</strong></p>
<p>All matter particles have antimatter cousins which can be created in our accelerators. These are particles of the same mass but opposite electric charge. When matter and antimatter meet, they annihilate one another, converting into radiation. If there were perfect symmetry between matter and antimatter, then during the early big bang, these annihilations would have taken place leaving a universe with only photons, no place for us! The LHCb detector (“b” for the Beauty Experiment) is designed to study this very subtle asymmetry.</p>
<p><strong>Dark matter and dark energy</strong></p>
<p>The first person to postulate the existence of a vast unseen form of matter was Swiss astrophysicist Fritz Zwicky in 1933. In the late 1960’s and early 1970’s, solid experimental evidence began to emerge from the work of Vera Rubin, a young American astronomer. Rubin and colleagues measured the rotational velocities of galaxies as a function of distance from the galactic centre using spectroscopic techniques. They found that, instead of dropping off with increasing distance, most of the stars are orbiting at roughly the same speed. The only way that this can be explained is that the density of matter was constant far beyond the visible galaxy. Another equally mysterious effect was discovered in 1998, when the LHC was well into construction. Measurements of the recession speeds of distant supernova have produced evidence that the expansion of the universe is accelerating. To explain this, a new kind of energy, “dark energy” has been postulated. It is now thought that this invisible dark matter and dark energy make up for about 96% of the total mass; only 4% of the universe is observable.<br />
These two phenomena are examples of the convergence of particle physics and cosmology. The LHC will provide a laboratory environment where it may be possible to elucidate their cause.</p>
<p><strong>The quark-gluon plasma</strong></p>
<p>By colliding beams of lead ions, the LHC will be able to produce a state of matter that only existed a few millionths of a second after the big bang. The properties of the so-called quark-gluon plasma can be studied in detail in the specially built ALICE detector (an acronym for A Large Ion Collider Experiment).</p>
<p><strong>A brief history of CERN colliders</strong></p>
<p>From its foundation in the 1950s until the late 1960s, particle physics research at CERN was done in a way similar to that Rutherford used at the beginning of the 20th century when he discovered the atomic nucleus by bombarding a thin foil target with energetic alpha particles (the nucleus of the helium atom) from radioactive decay. In CERN’s early accelerators, beams of protons (the hydrogen nucleus) replaced the alpha particles as projectile. They could be accelerated to much higher energy and could be made to collide with the nucleons in any selected target material. Now, when a high-energy proton collides with a stationary proton or neutron in a target, new particles can be created by the conversion of energy into mass according to the famous Einstein relationship. However not all of the energy of the incoming projectile is available due to the conservation laws of energy and momentum. As a consequence, the available energy for new particle production only increases very slowly, as the square root of the energy of the incoming proton. For example, in the 450 gigaelectron volt (GeV) Super Proton Synchrotron (SPS) at CERN operating in this “fixed target” mode, only about 30 GeV is available for making new particles. On the other hand, if the two particles can be made to collide head-on, each with 450 GeV, the full 900 GeV is available. This is equivalent to the real life observation that the damage is much worse if two cars collide head-on with a given velocity than if a car struck a stationary vehicle with the same velocity. In the second case, much of the energy is dissipated in pushing the stationary car forward.</p>
<p>These colliding beam machines (storage rings), with two beams of particles circulating in opposite directions and colliding at a point on the circumference where particle detectors could be placed were the dream of accelerator builders in the late 1950s. In the early 1960s the first machines started to appear at Stanford in the US, Frascati in Italy and Novosibirsk in Russia. Instead of protons, these machines collided leptons (electrons or positrons). One great advantage in using leptons is that, when bent on a circular orbit, they emit light (synchrotron radiation). The dynamics is such that the emission of this radiation has a natural damping effect on the transverse dimensions, concentrating the particles into a very intense beam, essential if there is to be a reasonable probability of two particles colliding instead of the beams just passing through each other like two clouds. It is also desirable that the beams can circulate for many hours while data can be collected. During this time the particles are subjected to perturbations due to imperfections in the guide field or the electromagnetic field of the other beam that can drive them unstable. Synchrotron radiation also plays an important role in combating these external perturbations due to its natural damping effect. However, the emission of synchrotron radiation makes the particles lose energy, which has to be replaced by the acceleration system. Essentially, the beams have to be permanently accelerated in order to keep them at constant energy. The energy lost each revolution increases dramatically (with the fourth power) as the energy of the machine increases, eventually making it impossible for the accelerating system to replace it. In spite of its usefulness, synchrotron radiation naturally limits the maximum achievable energy of the machine. The way around this is to revert to particles that emit much less radiation.</p>
<p><strong>Proton storage rings</strong></p>
<p>In the late 1960s, a very bold step was taken at CERN with the construction of the first proton storage rings, called the Intersecting Storage Rings (ISR), which started operation in 1969. The advantage of protons is that they do not emit synchrotron radiation of any consequence since the energy loss per revolution varies as the inverse fourth power of the mass of the particle, and protons are 2000 times heavier than electrons. The disadvantage is that they have to operate without the benefit of the strong damping provided by synchrotron radiation. Indeed, many accelerator physicists doubted that proton storage rings would work at all.<br />
In the end, the ISR was a big success and an essential step on the road to the LHC. The machine eventually reached 31 GeV per beam, compared with the few GeV available from the lepton beams at that time. The accelerator physicists learned how to build proton storage rings that overcame the lack of synchrotron radiation damping. The experimentalists learned how to build detectors that worked in the difficult environment of a proton-proton collider.</p>
<p>Another disadvantage of using hadrons (protons and antiprotons) is that, unlike leptons, they are composite objects. Each proton contains three more fundamental particles (quarks) held together by gluons. Each quark carries, on average, about one fifth of the hadrons’ energy. The rest is stored in the other quarks and the gluon field. When two quarks collide, the exact collision energy is not known a priori. It must be measured in the detectors by calorimetry, a technique that measures the energies of all the created particles. In addition, there is a very large background of unwanted events due to “soft” collisions of the gluon fields. In fact, many physicists were initially skeptical about our ability to dig out rare events from this large background.</p>
<p><strong>Construction of the LEP</strong></p>
<p>For these reasons, it was decided that the next machine for CERN would be LEP, the Large Electron Positron collider. In order to minimize the effect of synchrotron radiation it was necessary to build a very large, 27-km circumference ring. Even so, the maximum energy of LEP was limited to around 100 GeV, at which point it was radiating away a substantial fraction of its energy each revolution. Although LEP produced an enormous amount of precision data, it came to the end of its useful life when it hit the synchrotron radiation barrier. It was shut down in 2001 to make way for the LHC. The way to higher energies was once more to revert to protons as projectiles. The LEP tunnel is the major piece of real estate inherited by the LHC.</p>
<p>The final step on the road to the LHC was taken during the long period of LEP construction. During this time, Carlo Rubbia proposed that the Super Proton Synchrotron (SPS), built in the 1970’s as a “fixed target” machine, could be turned into a hadron collider using the newly discovered technique of accumulating and cooling antiprotons produced in CERN’s oldest machine, the CERN Proton Synchrotron (PS). Since protons and antiprotons have the same mass but opposite charge, they could be accelerated in opposite directions in the single vacuum chamber of the SPS. Collisions at 273 GeV per beam produced the first W and Z bosons, the mediators of the weak nuclear force responsible for radioactive decay. The Nobel Prize was awarded to Rubbia and van der Meer (who developed the cooling method of antiprotons) in 1984.</p>
<p>The Proton-Antiproton collider (PPBAR) also provided the essential remaining information needed for the design of the LHC and its detectors. For the LHC machine it elucidated the main factors that would limit the performance of the LHC, and the two detectors UA1 and UA2 served as prototypes for the much larger LHC detectors. Indeed, the nucleus of the teams designing ATLAS and CMS comes from these earlier collaborations.</p>
<p><strong>The path of the protons</strong></p>
<p>An essential feature of the LHC in terms of cost reduction is that the CERN infrastructure, with 50 years of investment, is used to produce the beams that eventually collide in the LHC. Without this, the cost of the project would have doubled. No single machine can accelerate the beam all the way up to 7 TeV. It needs a cascade of accelerators, all working in tandem.</p>
<p>Protons are the positively charged nuclei of the hydrogen atom. They are created in an ion source called a duoplasmatron from which they are extracted with an energy of 50 kilo-electron volts (KeV). The next step in their journey to the LHC is through a 35 meter long linear accelerator (Linac) where their energy is increased to 50 mega-electron volts (MeV). Originally, the beam was injected directly into CERN’s oldest machine, the 100 meter radius Proton Synchrotron (PS), built in 1959, but in 1972 a booster synchrotron (PSB) was inserted between the Linac and PS to improve its performance. The PSB is one quarter of the circumference of the PS and contains four superposed rings to allow filling of the whole PS circumference in one pulse.</p>
<p>The beam is accelerated to 1.4 giga-electron volts (GeV) in the PSB and then transferred to the PS where it is further accelerated to 26 GeV. It is in the PS that the particles are grouped into a train of bunches, each containing one hundred billion protons. Each bunch is about 1.2 meters long and they are separated by 7 meters. This separation is maintained all the way to collision in the LHC.</p>
<p><strong>The Super Proton Synchrotron</strong></p>
<p>At 26 GeV, the bunches are transferred into the next machine in the chain, the 1100-meter-radius Super Proton Synchrotron (SPS) built in 1976, where they are further accelerated up to 450 GeV and injected into the LHC, first in one ring and then into the other. When the two rings are filled, the magnetic field of the LHC is slowly ramped up and the beams are simultaneously accelerated by the radio frequency system which keeps them in the center of the vacuum chamber as the magnetic field rises. After about 20 minutes the beams reach the nominal collision energy of 7 TeV. They are then steered into collision in each of the four detectors.<br />
At nominal intensity, there will be millions of collisions per second. However, in view of the enormous number of protons in each bunch, the intensity only decays very slowly. Typically the beams will remain in collision for about 10 hours after which any remaining beam is safely dumped onto an absorber block and the machine is brought back to its injection energy where the whole filling and acceleration cycle is repeated.<br />
The injection of lead ions for the heavy ion program is slightly more complicated. It needs a special source and a Linac capable of accelerating lead ions. In order to get sufficient intensity, it also needs an accumulator ring where several Linac pulses can be accumulated before transferring the beam to the PS. The rest of the path through the PS and SPS to the LHC is similar to that of protons.</p>
<p><strong>The design of the LHC</strong></p>
<p>The fact that the LHC was to be constructed at CERN making the maximum possible use of existing infrastructure to reduce cost imposed a number of strong constraints on the technical choices to be made.<br />
The first of these was the 27-km circumference of the LEP tunnel. The maximum energy attainable in a circular machine depends on the product of the bending radius in the dipole magnets and the maximum field strength attainable. Since the bending radius is constrained by the geometry of the tunnel, the magnetic field should be as high as possible. The field required to achieve the design energy of 7 TeV, is 8.3 tesla, about 60% higher than that achieved in previous machines. This pushed the design of superconducting magnets and their associated cooling systems to a new frontier. The next constraint was the small (3.8 m) tunnel diameter. It must not be forgotten that the LHC is (just like the ISR) not one but two machines. A superconducting magnet occupies a considerable amount of space. To keep it cold, it must be inserted into an evacuated vacuum vessel called a cryostat and well insulated from external sources of heat. Due to the small transverse size of the tunnel, it would have been impossible to fit two independent rings, like in the ISR, into the space. Instead, a novel and elegant design with the two rings separated by only 19 cm inside a common yoke and cryostat was developed. This was not only necessary on technical grounds but also saved a considerable amount of money, some 20% of the total project cost.<br />
Finally, the re-use of the existing injector chain governed the maximum energy at which beams could be injected into the LHC.</p>
<p><strong><a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-9400222-34-6.html" target="_blank">&gt; To learn more </a></strong></p>
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		<title>Le prix des immeubles</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 10:04:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Les deux héros du dernier roman de Flaubert ne se sont pas frottés à la «science» de l’évaluation immobilière dans leurs périgrinations encyclopédiques. Ils y auraient pourtant trouvé au moins autant de sottises que dans toutes les connaissances de l’humanité qu’ils ont étudiées et expérimentées. Pedrazzini et Micheli comblent cette lacune dans le présent ouvrage.
Flaubert [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-735-0.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Le prix des immeubles" src="http://eu.cdn4.123rf.com/168nwm/Kiya/Kiya0603/Kiya060300043.jpg" alt="" width="142" height="106" /></a>Les deux héros du dernier roman de Flaubert ne se sont pas frottés à la «science» de l’évaluation immobilière dans leurs périgrinations encyclopédiques. Ils y auraient pourtant trouvé au moins autant de sottises que dans toutes les connaissances de l’humanité qu’ils ont étudiées et expérimentées. Pedrazzini et Micheli comblent cette lacune dans le présent ouvrage.</p>
<p>Flaubert avait songé à un sous-titre pour Bouvard et Pécuchet : Du défaut de méthode dans les sciences. Les exégètes s’accordent pour dire que la cible de Flaubert était la bêtise humaine. Mais ils se querellent aujourd’hui encore pour savoir s’il critiquait la science elle-même ou bien l’usage qui en est fait. S’il est évident que ses deux copistes sont de piètres usagers, l’opinion de Flaubert sur la science est moins transparente. Une chose pourtant est claire : aucune méthode scientifique ne survit aux expériences des deux héros.<br />
<span id="more-1665"></span><br />
Il en va différemment dans les nouvelles aventures de Bouvard et Pécuchet. Ces deux derniers ne sont pas moins bêtes que leurs aïeux, mais la science et « la » méthode elles-mêmes en ressortent indemnes.</p>
<p>De la méthode scientifique à la méthode pédagogique</p>
<p>Des « cinq cents hectares de tante Clémentine » au « grand bond en arrière », les auteurs nous entraînent dans l’univers fantastique de la formation des prix des immeubles. Ces onze cas pratiques – qui sont plus précisément des cas d’école tirés de l’expérience des auteurs – offrent tant à l’expert chevronné qu’au simple curieux une revue d’ensemble et de détail de la méthode des cash-flows.</p>
<p>Cette méthode est par définition celle que devrait appliquer tout propriétaire ou tout investisseur dont le rendement constitue l’objectif principal. Il s’agit d’une méthode d’aide à la décision. Elle permet au premier de se fixer un prix minimal et au second de déterminer son prix maximal. Le présent ouvrage s’adresse donc en premier lieu aux consultants, aux régisseurs, aux gérants de fortune, aux courtiers, aux investisseurs et aux propriétaires immobiliers.<br />
Les auteurs sont convaincus que «l’approche par l’exemple» constitue « la meilleure combinaison méthodologique », « la moins lassante ». Lorsqu’on compare leur ouvrage aux divers manuels existant en la matière, souvent truffés de théories fumeuses et de formules alambiquées, force est de leur donner raison. Le cas pratique interdit le flou, ce n’est pas le moindre de ses avantages. En outre, la lecture du présent ouvrage est d’autant plus recommandée que le style se révèle fort agréable en regard de l’aridité des manuels traditionnels.</p>
<p>Bouvard et Pécuchet en Monsieur Jourdain</p>
<p>Sur le fond, Pedrazzini et Micheli font certains constats et énoncent certains principes que toute personne impliquée dans l’immobilier gagnerait à lire ou à se remémorer. Bien que Flaubert ne se soit pas étendu sur la question du prix des immeubles, on peut reprendre les aventures originales de Bouvard et Pécuchet pour illustrer certains principes fondamentaux énoncés dans le présent ouvrage.<br />
Suite à un héritage, les deux copistes décident de se retirer à la campagne. Après avoir visité de nombreux objets, ils finissent par trouver leur bonheur :<br />
«Ils se transportèrent dans le Calvados; et ils furent enthousiasmés. Seulement, tant de la ferme que de la maison (l’une ne serait pas vendue sans l’autre) on exigeait cent quarante-trois mille francs. Bouvard n’en donnait que cent vingt mille.<br />
Pécuchet combattit son entêtement, le pria de céder, enfin déclara qu’il compléterait le surplus.»<br />
Mais les deux compères se révèlent de catastrophiques gestionnaires et se voient finalement contraints de revendre une partie de leur bien :<br />
«Pour une rente de sept mille cinq cents francs, Mme Bordin proposait à M. Bouvard de lui acheter leur ferme. Elle la reluquait depuis sa jeunesse, en connaissait les tenants et aboutissants, défauts et avantages – et ce désir était comme un cancer qui la minait. Car la bonne dame, en vraie Normande, chérissait par-dessus tout le bien moins pour la sécurité du capital que pour le bonheur de fouler un sol vous appartenant. Dans l’espoir de celui-là, elle avait pratiqué des enquêtes, une surveillance journalière, de longues économies, et elle attendait avec impatience, la réponse de Bouvard.»<br />
Lors de l’achat, l’enthousiasme de Pécuchet empêcha peut-être Bouvard de tenter de négocier le prix de l’objet de leurs rêves. L’histoire ne dit pas si le propriétaire aurait accepté de revoir son prix à la baisse, mais Pedrazzini et Micheli relèvent à juste titre dans leur avant-propos que le prix dépend généralement de l’adresse des protagonistes dans la négociation («l’art du mensonge»), et que l’évaluation ne saurait en conséquence constituer une science exacte. Nous y reviendrons.</p>
<p>En second lieu, on voit que Mme Bordin a récolté moult informations et mûrement réfléchi avant de faire une offre à Bouvard. L’histoire ne dit pas quelles données elle a obtenues ni à quels calculs elle a procédé, mais elle semble avoir compris que dans une négociation, comme le disent Pedrazzini et Micheli, «le déterminant demeure la préparation et son corollaire, la maîtrise de l’information». Ceci est d’autant plus important, mais aussi d’autant plus difficile, dans un marché opaque comme celui de l’immobilier. Nous y reviendrons également.</p>
<p>Les nouvelles aventures de Bouvard et Pécuchet, quant à elles, font ressortir quelques vérités généralement absentes de la littérature spécialisée et pourtant indispensables. Par exemple, Pedrazzini et Micheli nous rappellent la nécessité de tenir compte des frais d’acquisition lorsqu’on estime la valeur d’un bien. Cela semble évident, et pourtant cela est ignoré dans la grande majorité des expertises. Autre exemple, une partie des risques devrait être intégrée dans les flux, soit au numérateur de la formule d’actualisation plutôt que dans le taux d’actualisation ou de capitalisation. La question du risque est d’ailleurs l’une des plus délicates à traiter dans le cadre de la valeur de rendement ; elle mériterait un ouvrage à elle seule.</p>
<p>Valeur vénale ou prix acceptable?</p>
<p>Le présent recueil de cas d’école laisse une autre question ouverte, celle de la relation entre le prix et la valeur ou, plus précisément, de l’estimation de la valeur vénale.<br />
Le concept de valeur constitue l’un des fondements de la théorie économique. Dans une économie de marché, la valeur d’un bien est sa valeur d’échange, c’est-à-dire son prix. La valeur d’échange est une notion objective puisqu’il s’agit du prix observé sur le marché. Mais ce prix résulte de la confrontation de différentes valeurs subjectives qui se forment tant du côté de l’offre que du côté de la demande. Les acteurs du marché attribuent une valeur à un objet selon la satisfaction ou le rendement que celui-ci peut leur procurer, valeur que nous qualifierons de prix acceptable. L’échange a lieu si le prix acceptable pour le vendeur est inférieur ou égal au prix acceptable pour l’acquéreur potentiel le plus intéressé, le plus optimiste face à l’avenir ou le moins exigeant en termes de rendement. Le prix payé se situera quelque part entre ces deux extrêmes en fonction de l’adresse des protagonistes dans la négociation.</p>
<p>Le prix d’un bien homogène échangé régulièrement sur le marché est en principe connu, que ce soit une action Yahoo ou un kilo de sucre blanc. Mais les biens immobiliers ne respectent pas cette condition d’homogénéité, à l’image des œuvres d’art, et il est par conséquent très difficile de leur attribuer un prix, d’autant plus qu’ils ne peuvent être vendus aussi rapidement que d’autres actifs. Il a fallu alors définir un autre concept pour refléter cette imprécision : la valeur vénale. La définition communément admise de la valeur vénale est le prix auquel on devrait pouvoir vendre un bien sur le marché dans un délai raisonnable. Et tout l’art de l’expert-évaluateur est d’estimer au mieux cette valeur.</p>
<p>Par analogie avec les biens homogènes, un bien immobilier devrait pouvoir être évalué en observant et si nécessaire en analysant les prix des biens semblables échangés sur le marché. C’est ce qu’on appelle la méthode par comparaison ou la méthode des données du marché. S’il existe un sous-marché portant sur des objets très semblables, par exemple un lotissement de villas, la valeur vénale d’un immeuble correspond au prix des autres objets vendus récemment. Ce cas n’est toutefois pas très fréquent, et les prix observés pour d’autres biens doivent par conséquent être «adaptés» à l’objet expertisé. La forme d’adaptation la plus simple consiste à ajuster le prix pour tenir compte de la taille de l’objet, en passant par un prix unitaire (en général par m2). Cette méthode est fréquemment utilisée pour les terrains ou les appartements en propriété par étage. Mais l’affaire se complique singulièrement si les biens sont également hétérogènes au niveau de leurs qualités. Des méthodes statistiques permettent d’attribuer des prix aux différentes caractéristiques d’un bien (méthode hédoniste), mais elles nécessitent d’importantes bases de données, difficiles à réunir en raison de l’opacité du marché.</p>
<p>Un autre moyen d’utiliser les données du marché consiste à passer par le rendement. En effet, le revenu locatif est censé refléter les caractéristiques d’un bien et on peut observer sur le marché ce que les Américains appellent a juste titre le multiplicateur du rendement brut, soit le prix par unité de revenu (en Suisse, on utilise l’inverse de cet indicateur, que l’on nomme improprement le taux de rendement brut, mais le résultat est le même). Malheureusement, le multiplicateur du rendement brut varie également selon le type de biens, en fonction notamment de l’état de l’immeuble et du risque encouru. On ne peut donc comparer que des immeubles semblables, comme pour les prix au m2.</p>
<p>Si le marché est opaque, le nombre de transactions insuffisant ou les biens trop hétérogènes, il faut trouver une autre méthode d’évaluation. Face à un manque de données du marché, la littérature suggère de reconstituer le raisonnement de l’acquéreur potentiel ou du vendeur. Pour un immeuble locatif, les prix acceptables pour les acteurs résultent d’un calcul financier basé sur la méthode des cash-flows. La littérature parle de valeur de rendement. C’est là qu’intervient le livre de Pedrazzini et Micheli.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-735-0.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Les secrets de l&#8217;expertise immobilière</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jul 2010 12:13:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Tout «bon» rapport d’expertise peut donner l’illusion au lecteur non averti que l’évaluation immobilière est une science exacte. Loin s’en faut. Les caractéristiques des biens et les particularités du marché immobilier induisent une multiplicité de concepts, de méthodes et de résultats. Pire, la théorie et la pratique sont truffées d’affirmations péremptoires, d’hypothèses plus ou moins [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-859-3.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Les secrets de lexpertise immobilière" src="http://eu.cdn4.123rf.com/168nwm/arekmalang/arekmalang0909/arekmalang090900044.jpg" alt="" width="140" height="94" /></a>Tout «bon» rapport d’expertise peut donner l’illusion au lecteur non averti que l’évaluation immobilière est une science exacte. Loin s’en faut. Les caractéristiques des biens et les particularités du marché immobilier induisent une multiplicité de concepts, de méthodes et de résultats. Pire, la théorie et la pratique sont truffées d’affirmations péremptoires, d’hypothèses plus ou moins implicites ou arbitraires, de raccourcis, d’approximations, de confusions et d’autres merveilles du genre, qui en font un monde enchanté où tout semble permis et où chacun croit détenir la vérité.</p>
<p><span id="more-1648"></span><strong></strong></p>
<p><strong>«Quelle est la valeur de cet immeuble?»</strong></p>
<p>Telle est la question à laquelle est confronté l’expert. Question piège s’il en est, et terminologie qui illustre d’emblée la principale confusion régnant dans le domaine. Le concept de valeur est multiforme, de sorte que le substantif seul est insuffisant. Surtout que la connotation morale du terme laisse la porte ouverte aux querelles idéologiques et suscite la vaine quête de la «vraie» valeur, alors qu’il s’agit seulement d’une question de définition (qui doit être réglée par convention).</p>
<p><strong>La confusion des mots</strong></p>
<p>Lorsque la question est plus précise, c’est habituellement de valeur vénale dont il s’agit, à savoir du prix auquel un bien devrait pouvoir être vendu sur le marché. La question est ainsi plus claire, mais la réponse n’en est pas forcément beaucoup plus facile. Personne ne connaît la valeur vénale d’un immeuble. Elle ne peut être ni observée ni calculée. La transaction n’est que virtuelle, le prix du marché n’est pas le résultat d’une formule mathématique et la valeur vénale ne peut donc être qu’estimée, avec une marge d’erreur parfois considérable.</p>
<p>L’expert recourt à différentes méthodes pour procéder à cette estimation. Il calcule typiquement une valeur de rendement, soit le montant en capital que le revenu locatif permet de rémunérer, ou une valeur intrinsèque définie comme le prix de reproduction du bien, vétusté déduite. Ainsi, la valeur est simultanément un objectif et un moyen, ce que l’on cherche et la façon de le trouver, le prix probable et la méthode pour l’estimer. On peut comprendre que même le spécialiste peine parfois à s’y retrouver, d’autant plus qu’il existe d’autres notions encore, telles que la valeur d’assurance, la valeur fiscale ou la valeur de gage.<br />
La définition même de la valeur vénale prête à confusion: le prix auquel un bien devrait pouvoir être vendu. La valeur c’est donc le prix! Mais alors pourquoi deux termes distincts? En réalité, personne ne prétend que prix et valeur représentent exactement la même chose, mais peu savent établir clairement la différence.</p>
<p>Ajoutons encore, pour compléter le panorama des malentendus possibles, que le concept de prix est également multiforme et que certaines notions sont qualifiées de prix par les uns et de valeur par les autres. Le lecteur conviendra alors que le projet d’un réexamen critique et d’une reconstruction de l’approche analytique de l’évaluation immobilière n’est pas dénué de fondement.</p>
<p><strong>La quête du prix probable</strong></p>
<p>Le présent ouvrage traite de l’estimation des prix immobiliers soit directement, par comparaison avec des prix payés pour des immeubles comparables, soit indirectement en passant par les prix acceptables pour le vendeur et les acheteurs. Il n’utilise pas la dénomination de valeur vénale mais lui préfère l’expression plus immédiate de prix probable. Le terme de valeur sera également évité dans la dénomination des méthodes d’estimation et de fixation des prix. Exit la valeur de rendement. Derrière cette expression se cachent en fait deux méthodes bien distinctes, raison de plus pour l’abandonner. Lorsque le revenu est capitalisé à un taux correspondant au rapport entre revenus et prix observés sur le marché, il s’agit d’une variante de la méthode par comparaison directe; lorsque les revenus anticipés sont actualisés avec un taux fixé par arbitrage, c’est une variante de la méthode par les revenus. Quant à la valeur intrinsèque (en France, méthode par sol et construction), qui repose sur l’estimation du coût de reconstitution d’un immeuble, elle sera simplement renommée méthode par les coûts.</p>
<p>Lorsqu’on pose à l’expert la question du prix probable d’un immeuble, il est naturel qu’il cherche la réponse sur le marché. L’analyse des mécanismes du marché et du comportement des acteurs donne la clé pour passer du prix probable aux méthodes d’estimation. Ce sésame, c’est l’arbitrage. Si les acteurs du marché achètent au prix le plus bas ou vendent au prix le plus élevé possibles, deux biens identiques devraient s’échanger au même prix. Il suffit alors à l’expert d’observer les prix payés sur le marché pour répondre à la question posée. C’est la méthode par comparaison directe, la seule qui permette d’estimer directement et objectivement le prix probable.<br />
L’ouvrage pourrait s’arrêter là si la réalité était aussi simple. Mais deux immeubles identiques, cela n’existe pas. L’hétérogénéité des biens est la principale source des difficultés rencontrées par l’expert. Elle l’oblige à ajuster les prix du marché en fonction des caractéristiques des biens échangés et du bien expertisé, mais l’ajustement est ardu. La collecte de toute l’information nécessaire est souvent impossible, les calculs comportent forcément une part de subjectivité et le résultat de l’ajustement peut par conséquent sombrer facilement dans l’aléatoire.</p>
<p>Lorsque la méthode par comparaison directe est peu fiable, l’expert est contraint de cerner le prix probable par d’autres moyens. S’il ne peut observer le résultat des mécanismes du marché sous la forme de prix payés pour des biens suffisamment semblables, il peut tenter de reconstituer le comportement probable des acteurs. Le vendeur affiche habituellement un prix, l’acquéreur peut en proposer un autre, et chacun aura probablement une limite, dite prix acceptable, en deçà ou au-delà de laquelle il refusera de conclure la transaction. Le prix probable devrait donc se situer entre le prix acceptable ou prix minimal du vendeur et le prix maximal des acheteurs, qui est le prix acceptable le plus élevé parmi ceux des acheteurs potentiels. Ces prix jouent ainsi un rôle central dans le processus d’expertise.</p>
<p><strong>Le raisonnement économique des acteurs</strong></p>
<p>Un acheteur ou un vendeur est soit un investisseur soit un usager, selon qu’il envisage ou non de mettre ou de laisser le bien en location. Sur le plan économique, un usager recherche le meilleur rapport qualité/coût, l’investisseur le meilleur rapport rendement/risque. Leurs objectifs sont différents, mais ils peuvent employer la même technique financière pour déterminer leur prix acceptable.<br />
La décision d’acheter ou de ne pas vendre implique de devenir ou de rester propriétaire, en général pour plusieurs années, avec les droits et les devoirs que cela comporte, en particulier le droit de percevoir des revenus (éventuellement non monétaires) et le devoir d’assumer certaines dépenses. Il s’agit donc de tenir compte de ces flux futurs de liquidités, ce qui n’est pas trivial car l’importance d’une recette ou d’une dépense n’est pas identique selon qu’elle a lieu immédiatement ou au contraire dans un avenir plus ou moins éloigné.</p>
<p>La technique reconnue en finance qui permet de déterminer un prix acceptable en fonction des flux prévisibles de recettes et de dépenses est l’actualisation (en anglais DCF – Discounted Cash Flows). A la base, cette technique doit permettre de comparer les rendements espérés de différents projets d’investissement dont le coût initial est connu. Mais elle peut également être employée dans le sens inverse pour déterminer le montant maximal pouvant être investi dans un projet si l’on souhaite atteindre un taux de rendement donné, par exemple en cas d’acquisition d’une entreprise.</p>
<p>La formule consiste à ramener en valeur actuelle les flux de liquidités prévisibles pour pouvoir les additionner. La somme de ces flux actualisés indique le prix de revient à ne pas dépasser pour espérer atteindre le taux de rendement requis. La même formule peut être appliquée à l’immobilier. Bien que très souvent simplifiée, elle est toujours sous-jacente dans la détermination d’un prix acceptable.</p>
<p><strong>Le rôle central des alternatives</strong></p>
<p>Le prix acceptable résulte de la comparaison entre les options qui s’offrent à l’acteur. C’est à nouveau le principe d’arbitrage qui entre en jeu. L’acquéreur potentiel d’un certain bien a généralement des alternatives à l’acquisition de ce bien. S’il investit dans une optique de rendement, il a l’option de placer son capital dans un autre actif. Il ne devrait donc pas payer plus que le montant qui, investi dans un autre actif de même risque, lui rapporterait le même revenu. Pour estimer ce prix équivalent, il actualise les recettes et les dépenses futures au taux de rendement du placement alternatif, appliquant ainsi la méthode par les revenus.<br />
Si l’acquéreur potentiel entend utiliser lui-même le bien, le placement alternatif de ses moyens ne l’intéresse pas en tant que tel. Mais il entre en ligne de compte si l’acquéreur envisage de prendre en location des surfaces comparables au lieu d’acheter. Cette alternative lui coûte la somme cumulée des loyers, sous déduction des revenus cumulés du «placement alternatif». Il dispose de recettes monétaires, ce qui n’est pas le cas dans les autres options qu’il peut envisager. Dès lors et par analogie, nous qualifierons également son calcul de méthode par les revenus.</p>
<p>Celui qui envisage d’acheter pour placer des fonds et celui qui entend utiliser lui-même les surfaces ont généralement tout autant la possibilité d’acheter un autre immeuble, qui procure à l’un un rendement équivalent et à l’autre une satisfaction comparable. Si cette alternative est envisageable, l’acquéreur ne devrait pas payer plus que le prix probable de l’autre immeuble, ajusté au besoin pour tenir compte des différences de qualité. Il s’agit toujours de comparer des flux de liquidités, mais les variables diffèrent. La prise en compte des prix de marché des autres immeubles étant caractéristique de cet arbitrage, on dira que le prix équivalent est déterminé avec la méthode par comparaison directe.</p>
<p>Précisons d’emblée que cette méthode ne peut pas être appliquée de façon identique selon que l’on cherche directement le prix probable ou que l’on détermine un prix équivalent. L’expert en quête du prix probable doit se contenter, dans un premier temps du moins, des données objectives ressortant du marché. Il ne peut donc pas procéder par actualisation car celle-ci comprend par définition des éléments subjectifs dès lors qu’il s’agit d’anticiper l’avenir. En revanche, l’expert qui est mandaté pour déterminer un prix équivalent, ou qui fait ce détour dans le but d’estimer un prix probable, ne peut renoncer à l’actualisation que si certaines conditions sont remplies.<br />
De plus, s’il convient de procéder à des ajustements pour tenir compte de différences de caractéristiques entre les biens, l’expert qui tente d’estimer directement le prix probable doit évaluer les préférences moyennes du marché à l’aide d’analyses statistiques alors que l’acteur (ou son conseil) doit fonder son résultat sur ses propres préférences.</p>
<p>Enfin, l’acquéreur potentiel peut envisager l’alternative d’acheter un terrain et de construire. Dès lors, il ne devrait pas payer plus que le prix probable du terrain additionné éventuellement d’un coût de démolition et surtout du coût de construction du bâtiment, ajusté également pour des différences de qualité au besoin. On dira alors que c’est une méthode par les coûts qui sert à fixer le prix équivalent. Etant ici également précisé que l’on peut parfois simplifier le calcul et découvrir la traditionnelle valeur intrinsèque.</p>
<p>Le calcul d&#8217;un prix équivalent repose donc sur la comparaison entre ce que l&#8217;acquéreur obtient en achetant l&#8217;immeuble et ce qu&#8217;il peut obtenir alternativement. Lorsque l&#8217;alternative est l&#8217;achat ou la construction d&#8217;un autre bien, il faudra veiller à ce que cet autre bien soit comparable à l&#8217;immeuble à évaluer et sinon procéder aux ajustements compensatoires. Lorsque les revenus et les charges sont au centre de l&#8217;analyse, comme pour la méthode par les revenus, il faut davantage prêter attention à ce que l&#8217;acquéreur pourra effectivement obtenir avec l&#8217;immeuble à évaluer. En effet, en tant que propriétaire, il aura la possibilité d&#8217;appliquer une stratégie de gestion optimale, qui peut aller de l&#8217;entretien minimal en vue d&#8217;une démolition reconstruction à la transformation complète. Le calcul d&#8217;un prix équivalent commence par établir ce que l&#8217;acquéreur obtiendra au mieux en achetant l&#8217;immeuble à évaluer.</p>
<p>La comparaison avec chaque alternative faisable permet de calculer un prix équivalent, soit un prix qui rend l’acquéreur indifférent tant à l’achat qu’à cette alternative. Il existe évidemment de nombreuses alternatives: d’autres immeubles ou actifs à acheter, d’autres surfaces à louer, d’autres sites où construire d’autres bâtiments. Naturellement, c’est l’alternative la plus avantageuse qui détermine en définitive le prix acceptable pour l’acquéreur potentiel. Personne n’aurait en effet l’idée de calculer la moyenne des prix équivalents aux différents placements financiers possibles; il faut clairement choisir le plus bas. Pourtant, c’est bien ce que recommandent les principaux manuels suisses d’expertise quand ils préconisent de déterminer le prix probable par la moyenne entre les résultats du calcul par les revenus et du calcul par les coûts. Dans ce manuel, le prix acceptable pour l’acquéreur potentiel sera son plus petit prix équivalent, obtenu par comparaison avec l’alternative la plus avantageuse. Comme les alternatives ne sont pas les mêmes et qu’elles ne sont surtout pas appréciées de la même manière par tous les acheteurs potentiels, chacun aura son propre prix acceptable pour le même bien.</p>
<p>La même analyse par les alternatives permet de déterminer un prix acceptable pour le propriétaire envisageant de vendre son bien. Il s’agit du prix minimal qu’il doit obtenir pour se sentir indifférent tant à la vente de son bien qu’à la conservation de celui-ci, sachant que s’il vend il devra trouver un autre placement ou d’autres surfaces à utiliser. Le prix auquel se fera effectivement l’échange, s’il se fait, est forcément au moins aussi élevé que le prix minimal du propriétaire sans dépasser le prix acceptable le plus élevé parmi ceux de tous les acquéreurs potentiels, ce que nous avons appelé le prix maximal. Ainsi, les prix acceptables permettent de cerner le prix probable, même s’ils ne permettent pas de le prédire directement.</p>
<p>Par ailleurs, le calcul de son prix acceptable intéresse directement un acquéreur potentiel qui doit faire une offre ou s’interroge sur un prix demandé pour un bien. Il intéresse également le propriétaire qui envisage de se séparer de son bien «à condition que le prix soit juste». Avec une telle vision de l’évaluation s’opère un glissement de la notion d’expert évaluateur dont la mission est de prédire au mieux le prix probable vers celle d’un expert conseiller, qui aide l’acquéreur potentiel ou le propriétaire à comparer les alternatives et à trouver la meilleure solution pour le placement de son capital, pour trouver des surfaces répondant à ses besoins et désirs ou pour développer l’immeuble en question. Les Anglais distinguent ainsi entre assessment ou appraisal et valuation. L’assessment/appraisal revient à prédire un prix probable pour un bien immobilier. La valuation va plus loin vers une véritable prestation de conseil à valeur ajoutée beaucoup plus élevée. Calculer un prix équivalent par la méthode par actualisation peut conduire à analyser rigoureusement les opportunités offertes par un immeuble et à comparer les options de sa conservation en l’état, de sa rénovation immédiate ou ultérieure, de sa transformation, etc. Ce calcul peut guider ainsi le propriétaire actuel ou futur dans ses choix stratégiques.</p>
<p>Les méthodes modernes d’évaluation mettent clairement l’accent sur l’étude de marché, l’analyse statistique et le calcul financier. Est-ce que cela signifie que l’expertise immobilière va échapper aux architectes et aux géomètres? Nous faisons le pari que ces professionnels peuvent acquérir les compétences nécessaires et défendre leur place, d’autant plus que la mensuration et le diagnostic physique de l’état du bâtiment resteront des étapes essentielles de toute évaluation immobilière.</p>
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		<title>From energy to exergy</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jul 2010 13:55:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[EPFL Press]]></category>

		<category><![CDATA[Science et techniques]]></category>

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Thermodynamics is the science dealing with the study of matter, as well as that of all phenomena involving work, heat and energy in general. In particular, thermodynamics includes the study of matter taking into account the influence of temperature upon its characteristics.
It also examines the conversion of one form of energy into another [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/?p=1635#more-1635" target="_self">Online vidéo »</a></strong></p>
<p><a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-940222-45-2.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Thermodynamics and Energy Systems Analysis" src="http://eu.123rf.com/168nwm/JCV/jcv0801/jcv080100025.jpg" alt="" width="137" height="103" /></a><strong>Thermodynamics is the science dealing with the study of matter, as well as that of all phenomena involving work, heat and energy in general.</strong> In particular, thermodynamics includes the study of matter taking into account the influence of temperature upon its characteristics.</p>
<p>It also examines the conversion of one form of energy into another (mechanical, thermal, chemical or electrical energy). Moreover, it deals with the design and the operation mode of thermal machines.</p>
<p><span id="more-1635"></span></p>
<p><object width="560" height="340" data="http://www.youtube-nocookie.com/v/Gg3Us5XWH-Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube-nocookie.com/v/Gg3Us5XWH-Y&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p>In addition to the general law of mass conservation, thermodynamics is based on four fundamental laws:</p>
<p>- the <em>Zeroth Law</em>, dealing with the notion of thermal equilibrium;<br />
- the <em>First Law or Law of Equivalence</em>, which concerns the conservative character of energy;<br />
- the <em>Second Law or Carnot Law</em>, which deals with the notion of irreversibility and the concept of entropy;<br />
- the <em>Third Law or Nernst Law</em>, concerning the properties of matter near the temperature of absolute zero.</p>
<p>Thermodynamics may be approached either phenomenologically or statistically:</p>
<p><strong>Phenomenological thermodynamics</strong> is based on macroscopic considerations. It seeks to establish macroscopic laws based on a reduced number of empirical laws and postulates that are derived from experimental observation. It also determines the specific properties of matter by means of measurements.</p>
<p><strong>Statistical thermodynamics</strong> is based on molecular considerations and probability calculations. It seeks to establish the fundamental laws and to study in agreater depth the structure of matter in order to explain its properties in terms of more general laws of nature.</p>
<p>This book aims at teaching thermodynamics to mechanical engineering students and to allow engineers in industry to supplement or update their knowledge of the subject. For this reason, it deals essentially with the study of problems involving mechanical and thermal energy, and also predominantly involves phenomenological thermodynamics.</p>
<p><strong><em>When Wisdom comes, her first lesson is, “There is no such thing as knowledge; there are only glimpses of the Infinite Deity.” Practical knowledge is a different thing; this is real and serviceable, but it is never complete. Therefore to systematise and codify is necessary but fatal.</em></strong> Sri Aurobindo</p>
<p>This book is the result of more than half a century of teaching and research in thermodynamics at the Swiss Federal Institute of Technology (Ecole Polytechnique Fédérale of Lausanne), known as the EPFL, in Switzerland. Its objective is to facilitate the teaching of thermodynamics to engineering students and to allow engineers from industry to update their knowledge in this domain. It deals primarily with the study of problems of energy conversion of chemical, mechanical and thermal energies in an approach known as phenomenological thermodynamics.</p>
<p>As it is well known, thermodynamicists are law-addicted people. But what helps them is that there are only four main Laws. The First Law of thermodynamics is a reassuring one for the engineer. It expresses the equivalence between work and heat and satisfies our wish for order and unity. But it is by far insufficient to characterize the notions of energy quality and of energy levels. It leads to definitions of losses and efficiencies that are not adequate for the evaluation of the thermodynamic quality of a process. The Second Law of thermodynamics brings the essential enlightenment to grasp the notions of irreversibility and of energy degradation.</p>
<p>The exergy theory simultaneously implements the First and Second Laws. It is now recognized that it is an extremely fruitful theory. Exergy accounting is the only way to accurately calculate the thermodynamic losses of a given process and to unambiguously define a thermodynamic efficiency expressing its level of perfection. It also allows for the evaluation of the thermodynamic quality of an energy system when considering energy policies and economics, independent of the size, complexity and the nature of the phenomena being looked at. That is why we devote particular care to exergy theory and to its generalisation.</p>
<p>At a time weighted with increasing concerns about the present and future energetic, environmental and geopolitical challenges, it is particularly vital to prioritize our technological choices towards a more rational use of our non-renewable as well as our renewable resources. This implies improvements of both our methodological and technological tools. From the methodological viewpoint a more rational and sustainable use of the available resources is only possible if engineers, architects, industrialists and decision makers can rely on coherent indicators among which the exergy efficiency is bound to play a major role. It is rather disappointing that in this beginning of the 21st century a major part of the practitioners are still using only performance indicators based exclusively on the First Law of thermodynamics. For example, simple boilers for house heating are labelled with efficiencies very close to 100% (apparent perfection!), while it is technologically possible, with each same unit of fuel, to provide about twice as much heat. Conversely, the exergy efficiency allows a coherent ranking of the technical options, with values always below 100%, independent of the domain and the energy service supplied. From a technological standpoint, the notion of exergy also allows a better characterization of the sources of internal losses, and therefore leads to better target designs and retrofitted projects.</p>
<p>The education of engineers in thermodynamics should be based on the three following conditions: the basic concepts as clear as possible, an accurate terminology and an efficient nomenclature. Encouraged by a strong wish for a logical, systematic and aesthetic approach, we have occasionally found it appropriate to propose formulations that deviate from tradition. Some new concepts or grouping of variables have been introduced. A special effort has been made throughout the years to establish a nomenclature as coherent as possible, since we agree with Leibnitz when he wrote: “In symbols one observes an advantage in discovery which is greatest when they express the exact nature of a thing briefly and, as it were, picture it; then indeed the labor of thought is wonderfully diminished.”</p>
<p>Our constant preoccupation has been to present – in a clear, precise and simple way – a complex science, related to a vast domain, which includes subtle concepts, and is often considered arduous. Finally, our ambition has also been to include some aesthetical considerations in this ocean of laws and formulas. Indeed we think that there can also be some fundamental elements of aesthetics in a scientific development. In science there are some daring schematic representations as well as particularly enlightening demonstrations which display conciseness and clarity.</p>
<p><strong></strong><a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-940222-45-2.html" target="_blank"><strong>&gt; To learn more </strong></a></p>
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