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	<title>PPUR - La Science en livres</title>
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	<description>L'actualité des Presses polytechniques et universitaires romandes &#38; EPFL Press</description>
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		<title>Espèces invasives, la biodiversité en danger</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 06:56:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le savoir suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences tout public]]></category>

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		<description><![CDATA[Les biodiversités d’Europe sont menacées par de nouvelles espèces, dites invasives. Avec l’augmentation des échanges internationaux et de la mobilité, le réchauffement climatique et l’ouverture des marchés, ces animaux, plantes ou micro-organismes se répandent et prennent peu à peu le pas sur les espèces endémiques de nos régions. Les risques : disparition d’espèces locales, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-917-0.html"><img class="alignleft" title="Espèces invasives" src="http://us.cdn2.123rf.com/168nwm/tomasss81/tomasss811108/tomasss81110800002/10318148-set-of-monsters-vector-15.jpg" alt="" width="168" height="128" /></a>Les biodiversités d’Europe sont menacées par de nouvelles espèces, dites invasives. Avec l’augmentation des échanges internationaux et de la mobilité, le réchauffement climatique et l’ouverture des marchés, ces animaux, plantes ou micro-organismes se répandent et prennent peu à peu le pas sur les espèces endémiques de nos régions. Les risques : disparition d’espèces locales, mais aussi menaces sur notre santé et notre économie.</p>
<p>Rédigé par le chercheur suisse Wolfgang Nentwig, et publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes dans la collection Le savoir suisse, l’ouvrage « <a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-917-0.html" target="_blank">Espèces invasives. Plantes, animaux et micro-organismes </a>» fait le point sur la situation et en appelle à une stratégie à l’échelle européenne.<br />
<span id="more-2860"></span><br />
L’activité humaine, et notamment la mobilité accrue et la globalisation jouent un rôle prépondérant dans la dispersion et le succès de l&#8217;implantation d&#8217;une espèce invasive. Les changements climatiques récents ont par ailleurs accéléré la dissémination de certaines d’entre elles. Ces espèces prolifèrent, étendent leur aire de répartition et manifestent rapidement leurs effets négatifs sur l’environnement.<br />
Telles sont les espèces dites invasives. Leurs caractéristiques sont bien particulières : un effet néfaste sur la biodiversité indigène, des risques potentiels importants sur le plan économique, mais aussi des dangers avérées sur la santé humaine.</p>
<p><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-917-0.html"><img class="alignleft" title="Espèces invasives" src="http://www.ppur.info/clss/images/esp.jpg" alt="" width="178" height="235" /></a>Menace sur la biodiversité, atteintes à la santé humaine et dégâts économiques<br />
De plus en plus d’espèces animales et végétales indigènes, présentes depuis toujours, s’affaiblissent et disparaissent de nos régions. En effet, « les modifications des écosystèmes provoquées par les espèces invasives, souvent à grande échelle, conduisent à une réduction drastique des espèces indigènes, privées de leur base d’existence », s’inquiète l’auteur.</p>
<p>La décimation dans certaines régions de l’abeille ou de la coccinelle européennes, victimes de leurs congénères asiatiques, illustre l’étendue du phénomène. Mais les risques concernent aussi l’être humain : le moustique-tigre par exemple, non originaire d’Europe mais aujourd’hui disséminé sur toute la planète et responsable de la transmission de certains agents pathogènes. Un exemple parmi d’autres, tous cités dans l’ouvrage. Qui relève aussi les dégâts économiques, touchant de nombreux domaines, inhérents à la prolifération des espèces invasives. L’agriculture, avec la destruction de cultures et de stocks par des organismes invasifs, mais aussi par la disparition de certaines variétés plus fragiles. L’élevage, avec de nouvelles maladies affectant le bétail et la production animale. Sans oublier l’économie forestière ou les infrastructures collectives, détruites ou menacées par diverses espèces animales ou végétales invasives. Destruction des cultures de maïs européen par la chrysomèle originaire d’Amérique du Nord, obstruction des canalisations par la peste d’eau, autant de conséquences directes sur les économies nationales.<br />
Cet ouvrage bref et précis fait état de la situation avec de nombreux exemples régionaux et internationaux, et pose un regard lucide sur l’étendue du problème. Il en appelle à la mise en place d’une stratégie de mise en commun des données à l’échelle européenne, de prises de décisions sur les mesures à prendre pour sauvegarder la biodiversité, préserver la santé humaine et prévenir les risques pour l’économie.</p>
<p><strong><a href="http://www.lesavoirsuisse.ch/livres/978-2-88074-917-0.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
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		<title>Caractérisation microstructurale des matériaux</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 14:50:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#62; L’interview de Claude Esnouf La motivation à l’origine de l’écriture de ce manuscrit est le fruit d’une expérience d’enseignement dans les cycles de l’enseignement universitaire et d’une volonté de rassembler des notions utiles aux lecteurs, désireux soit d’embrasser les métiers de la caractérisation microstructurale dans les services de recherche et de R&#38;D, soit simplement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/caracterisation-microstructurale-des-materiaux/#more-2779" target="_blank">&gt; L’interview de Claude Esnouf</a></strong></p>
<p><img class="alignleft" title="Caractérisation microstructurale des matériaux" src="http://futurity.org/wp-content/uploads/2009/07/hev2.jpg" alt="" width="187" height="136" /></p>
<p>La motivation à l’origine de l’écriture de ce manuscrit est le fruit d’une expérience d’enseignement dans les cycles de l’enseignement universitaire et d’une volonté de rassembler des notions utiles aux lecteurs, désireux soit d’embrasser les métiers de la caractérisation microstructurale dans les services de recherche et de R&amp;D, soit simplement d’acquérir une large connaissance des possibilités techniques en la matière. Le contenu de l’ouvrage concerne l’exposé de toutes les méthodes de caractérisation utilisant les rayonnements X et électronique.</p>
<p><span id="more-2779"></span><br />
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<iframe src="http://www.youtube.com/embed/uZ-HlH4VJ0k" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>L’ouvrage présente, au chapitre 1, les notions de cristallographie ayant trait au langage commun des « caractériseurs ». Cette partie est abordée dans un esprit pratique : savoir lire les Tables Internationales de Cristallographie.<br />
Les notions générales largement présentes dans nombre de techniques de caractérisation des cristaux, à savoir les principes au cœur des phénomènes d’interférences et de diffraction, sont réunies au chapitre 2.<br />
Vient ensuite, au chapitre 3, la présentation des techniques et méthodes associées basées sur l’utilisation du rayonnement X. Nombre d’entre elles exploitent le phénomène de diffraction de BRAGG. Un prolongement à l’imagerie X, en plein développement à l’heure actuelle, est aussi exposé.</p>
<p>Les aspects liés à l’utilisation du rayonnement électronique sont divisés en deux parties : une première partie relative à la diffraction électronique (chap. 4) et une seconde relative à l’imagerie électronique (chap. 5). Aujourd’hui, les fonctionnalités offertes par les microscopes électroniques sont devenues très vastes, justifiant que la présentation qui leur est réservée soit étendue.<br />
Le complément direct de la caractérisation physique est la caractérisation chimique. Souvent les installations de caractérisation disposent des deux possibilités. Le chapitre 6 est consacré à l’exposé des méthodes spectroscopiques mises en œuvre lorsqu’un photon X ou un électron est à l’origine du mécanisme d’excitation de la matière.</p>
<p>Certes, tous les développements nécessaires à la compréhension et à la mise en œuvre des techniques de caractérisation sont présentés dans de nombreux ouvrages et de plus en plus accessibles sur internet. De plus, on assiste actuellement à la ré édition de nombreux ouvrages en langue anglaise sur ces sujets.</p>
<p>Il reste que pour les aborder, il faut avoir connaissance des principes physiques et de la terminologie qui y sont associés. Globalement, le présent ouvrage n’est pas orienté pour se substituer aux ouvrages spécialisés ; il se positionne en amont de ceux ci.</p>
<p>Il nous est apparu utile de proposer un texte qui, nécessairement, est à vocation didactique et qui se veut destiné à un double public : en premier lieu, à un public de lecteurs non initiés aux méthodes de caractérisation, et en second lieu, à un public de lecteurs désireux d’approfondir le champ de leur connaissance en direction d’un large panel de techniques, sans toutefois vouloir atteindre les raffinements ultimes mis en place par les spécialistes de chacune d’elles.</p>
<p>L’ouvrage s’adresse donc partiellement à des étudiants en phase de découverte des méthodes (cours de second cycle en formation DUT et d’ingénieurs ou en master), mais il déborde de ce cadre pour devoir intéresser les doctorants, les chercheurs et ingénieurs confirmés.</p>
<p>En matière d’écriture, les développements utiles à la présentation des méthodes et des techniques ont été choisis en respectant certaines exigences.<br />
En premier lieu vient le contenu préalable des connaissances en mathématiques et physique du lecteur. Celui adopté est calqué sur le contenu des programmes du premier cycle universitaire. Ceci impose une présentation des développements que l’on peut qualifier de classiques, lesquels nécessitent cependant une évolution vers un formalisme plus général et plus puissant. Notamment, au cœur de l’ouvrage, se trou ve le formalisme de l’optique ondulatoire en termes d’interférences/diffraction. Son approche classique (notions de phase, d’amplitude en écriture complexe et sommation algébrique) est conservée mais un des objectifs du texte est d’en donner une formulation plus concise comme celle employant la transformée de FOURIER. Cette évolution est faite graduellement pour garantir une approche pédagogique.</p>
<p>En deuxième lieu, tant que cela a été possible, les modèles présentés pour expliquer les effets physiques sont ceux invoquant la mécanique classique. Toutefois, il n’est pas toujours possible de faire ce choix, notamment en ce qui concerne les techniques de spectroscopie d’absorption. Elles nécessitent un discours basé sur certaines notions de mécanique quantique (cette partie se situe en fin de l’ouvrage).</p>
<p>Le troisième point concerne l’exigence didactique en matière d’application des méthodes exposées. Nombre de techniques bénéficient aujourd’hui d’une assistance par des logiciels informatiques. Les adresses des principaux sites utiles aux utilisateurs sont mentionnées dans le livre. Cependant, sur le plan éducatif, l’emploi immédiat d’un logiciel d’exploitation est rarement conseillé sans avoir procéder à un dépouillement personnel plus élémentaire. C’est pourquoi le texte est accompagné de 19 exercices avec leur solution où le lecteur est amené à une résolution manuelle afin qu’il puisse juger des effets physiques en jeu ainsi que des limitations des méthodes et des résultats.</p>
<p>Avertissement</p>
<p>Les figures de cet ouvrage sont consultables sur internet en accès libre à tout internaute via le portail documentaire de l’INSA de Lyon à l’adresse suivante :<br />
<a href="http://orioaisearch.insalyon.fr/notice/view/default:UNIMARC:170620" target="_blank">http://orioaisearch.insalyon.<wbr>fr/notice/view/default:</wbr><wbr>UNIMARC:170620</wbr></a></p>
<p>En complément, une suite de séminaires portant sur les thèmes développés dans l’ouvrage est également consultable sur internet en accès libre à tout internaute via le portail documentaire de l’INSA de Lyon à l’adresse suivante :<br />
<a href="http://orioaisearch.insalyon.fr/notice/view/default:UNIMARC:170621" target="_blank">http://orioaisearch.insalyon.<wbr>fr/notice/view/default:</wbr><wbr>UNIMARC:170621</wbr></a></p>
<p>Le lecteur est autorisé :</p>
<p>• à reproduire, distribuer et communiquer, au public, ces documents (au format PowerPoint et pdf) ;</p>
<p>• à modifier ces documents, selon les conditions suivantes : il faut indiquer la référence de ces documents ainsi que celle du présent ouvrage. Aucune utilisation à des fins commerciales n’est autorisée.</p>
<p><strong>Remerciements</strong></p>
<p>J’exprime toute ma reconnaissance aux collègues qui ont autorisé la reproduction de leurs micrographies ou de leurs résultats servant à illustrer plusieurs des notions développées dans l’ouvrage.<br />
La phase de rédaction de ce livre a été ponctuée de nombreuses discussions avec plusieurs collègues. Notamment, j’exprime ma gratitude à Karine VARLOT MASENELLI et Pascal PERRIAT, professeurs à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon (INSAL) et à Christophe GEANTET, directeur de recherches CNRS à l’Institut de Recherches sur la Catalyse de Lyon, pour avoir pris le temps de la relec ture du manuscrit.<br />
Mes remerciements vont aussi à Thierry EPICIER, directeur de recherches CNRS à l’INSAL et à JeanClaude LEBOSSE, maître de conférences à l’INSAL, pour le parta ge de réflexions sur les thèmes de la microscopie électronique de haute résolution et la spectroscopie EELS, respectivement.</p>
<p>Claude Esnouf</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-884-5.html">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<p>Extrait du titre <em>Caractérisation microstructurale des matériaux </em> de Claude Esnouf<br />
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</p>
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		<title>Solar thermal technology in building</title>
		<link>http://www.polytechpress.com/solar-thermal-technology-in-building/</link>
		<comments>http://www.polytechpress.com/solar-thermal-technology-in-building/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 08:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#62; Watch the author&#8217;s interview Although the solar thermal technology is mature with competitive prices, it is not yet playing the important role it deserves in the reduction of buildings&#8217; fossil energy consumption. The generally low architectural quality characterizing existing building integrations of solar thermal systems pinpoints the lack of design as one major reason [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/solar-thermal-technology-in-building/#more-2611" target="_self">&gt; Watch the author&#8217;s interview</a></strong><br />
<a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-940222-46-9.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Solar thermal technology in building" src="http://us.cdn3.123rf.com/168nwm/lenm/lenm1103/lenm110300078/8993613-3d-illustration-of-men-installing-solar-panels.jpg" alt="" width="168" height="155" /></a>Although the solar thermal technology is mature with competitive prices, it is not yet playing the important role it deserves in the reduction of buildings&#8217; fossil energy consumption. The generally low architectural quality characterizing existing building integrations of solar thermal systems pinpoints the lack of design as one major reason for the low spread of the technology. As confirmed by the example of photovoltaics, an improvement of the architectural quality of building integrated systems can increase the use of a solar technology even more than price reductions and technical advances. As opposed to electricity produced by photovoltaics, heat is very sensitive to transportation losses. Therefore solar thermal collectors have to be mounted very near to the consumption place – i.e., on the building itself – making it even more urgent to correctly address the architectural integration issue.<br />
<span id="more-2611"></span><br />
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<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/bDkKcr98HkM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>The great potential of active solar thermal technologies to help reduce emission of CO2 gases in the building field is highlighted. The urgency to improve the integration quality of the BIST (building integrated solar thermal) systems to support the spread of these already efficient and cost effective technologies is emphasized. The various available technologies are presented and the most promising for building applications are identified as glazed and unglazed flat plates, as well as evacuated tubes. The interest of facade applications is discussed in terms of added exposed surfaces and energy production specificities.</p>
<p><strong>Solar thermal technology in building</strong></p>
<p>The world&#8217;s current energy demand is growing continuously, together with the related CO2 gas emissions in the atmosphere resulting from the use of non-renewable energies.</p>
<p>In such a context the role of renewable energies will be crucial to help reach, or at least get close to, the Kyoto protocol objectives demanding for a global reduction of greenhouse gas emissions of 5.2% compared to the year 1990 (corresponding to a cut of about 30% as opposed to the emission levels that would be expected without the protocol by 2010!).</p>
<p>Among renewable energies, solar energy is an enormous resource in comparison to fossil energies: the sun radiation energy reaching the earth in one hour is higher than the actual energy demand of the whole world for one year!</p>
<p>Within solar technologies, a crucial role is played by solar thermal systems (heating and cooling), This is a highly efficient, though simple and proven technology, with a payback time much shorter than its lifetime. Its efficiency is about four times higher than that of photovoltaics, with a cost per kWh of three to six times cheaper. Even if these last few years the market is growing fast (+34.9% worldwide and +62.5% in EU in 2008, but –9.6% in EU in 2009!) the solar thermal technology is really not playing the important role it deserves in the reduction of the fossil energy consumption of buildings.</p>
<p>The 35.9 million m2 of solar thermal (about 3.5 GWth power) installed in EU at the end of 2010 are still very far from the goals set by the White Paper on Renewables in 1997, asking for 100 million m2 by 2010 (i.e., 70 GWth).</p>
<p>One reason for the low spread of the solar thermal technology can certainly be found in the lack of appropriate promotion policies, an issue EU is finally facing by trying to set common targets and new rules1.<br />
However, the cost effectiveness and simplicity of solar thermal systems indicate that this is not the sole reason for the general lack of interest for these technologies by building professionals. The generally low architectural quality characterizing existing building integrations of solar thermal systems pinpoints the lack of design as one main reason for the low spread of the technology.</p>
<p>As confirmed by the example of photovoltaics, the formal aspects related to the development of a solar technology also have to be carefully treated to make solar systems appealing to both users and building designers (Figs. 1.6 and 1.7). For solar thermal systems, building integration is crucial: whilst PV can be installed far from the consumption place (electricity can be transported and stored easily in the grid with very low losses), solar thermal energy, on the other hand, needs to be produced and stored near the consumption place, i.e., in the building itself.</p>
<p>The book of Maria Cristina Munari Probst intends to investigate the possible ways to enhance the architectural quality of building integrated solar thermal systems, and it focuses on integration in the facade, where the formal constraints are major.</p>
<p><strong>Solar thermal technologies</strong></p>
<p>Solar thermal energy can be collected in several ways and can be used for various building applications: space heating, domestic hot water production (DHW), and soon also for building cooling. It can be collected passively, through the transparent parts2 of the building envelope, storing the gains in the building mass itself [1.19]. These systems can only be used for space heating, and will not be further considered here as they are part of the standard knowledge of architects. It can also be collected actively on surfaces optimized for heat collection (solar absorbers) placed on the outside of the building envelope and transported by a medium either directly to the place of use, or to a storage tank to be used when needed. Among active systems, two main families can be identified according to the medium used for the heat transport: air collector systems and hydraulic collector systems.</p>
<p>Air systems are characterized by lower costs, but also lower efficiency, mainly due to a low air thermal capacity (0.32 Wh/K m3). Solar thermal gains are generally used immediately and without storage for pre-heating the fresh air needed for building ventilation (Fig. 1.8). The heat can be stored by forcing the air to circulate in a stones bed underneath the ground, or using the solar air as a cold source in an air/water heat pump; such applications can be quite expensive, and are rare. Like passive systems, air systems can only be used for space heating and will not be further considered.</p>
<p>Hydraulic systems, as opposed to air systems, allow an easy storage of solar gains and are suitable both for domestic hot water (DHW) production and space heating (soon also for cooling). As they are also cost effective, they are by far the most promising systems in relation to the goals set by the White Paper and are the main focus of this book (Figs. 1.9 and 1.10). Their medium consists mainly of water charged with glycol in variable percentages to avoid freezing according to the specific climate. The great thermal capacity of water (4.16 MJ/K m3, i.e., 1163 Wh/K m3) ensures a very good quality of heat exchange both with the absorber and the storage. The solar gains can then easily be stored in insulated water tanks and be used for domestic hot water (DHW) or/and space heating on demand. If used only for the space heating, solar gains can also be stored directly in the building mass, but their use in relation to the energy demand is less flexible.</p>
<p><strong><a href="http://www.epflpress.com/livres/EPFL978-2-940222-46-9.html" target="_blank">&gt; Learn more</a></strong></p>
<pre>Extracted from <em><span class="BookTitle">Architectural integration and design of solar thermal systems</span></em>
written by <span class="AuthorName">Maria Cristina Munari Probst</span> and <span class="AuthorName">Christian Roecker</span>
Published by The EPFL Press</pre>
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		<title>Habiter les territoires à risques</title>
		<link>http://www.polytechpress.com/habiter-les-territoires-a-risques/</link>
		<comments>http://www.polytechpress.com/habiter-les-territoires-a-risques/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 23:01:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#62; L’interview de Valérie November Questionner la relation risques-territoires Le tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon et ses répercussions (tsunami, accident nucléaire) sont venus subitement nous rappeler la fragilité de notre environnement quotidien et la vulnérabilité de nos conditions d’habitat face aux risques. Cet épisode récent est à placer dans la liste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/habiter-les-territoires-a-risques/#more-2653" target="_self">&gt; L’interview de Valérie November</a></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-937-8.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="habiter les territoires à risque" src="http://us.cdn1.123rf.com/168nwm/fotola/fotola1102/fotola110200158/8965743-man-watching-the-tornado-into-a-corn-field.jpg" alt="" width="168" height="113" /></a>Questionner la relation risques-territoires</strong></p>
<p>Le tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon et ses répercussions (tsunami, accident nucléaire) sont venus subitement nous rappeler la fragilité de notre environnement quotidien et la vulnérabilité de nos conditions d’habitat face aux risques. Cet épisode récent est à placer dans la liste des catastrophes majeures qui ont marqué l’histoire des risques par le changement de paradigme qu’elles ont opéré.<span id="more-2653"></span><br />
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En son temps, le grand tremblement de terre de Lisbonne de 1755 a marqué le passage d’une interprétation divine ou surnaturelle des catastrophes à une explication rationnelle des phénomènes en jeu. Cet événement est considéré comme la source des politiques de prévention des risques, constitués comme objets de connaissance, ouvrant la voie à une ère orientée vers l’horizon du risque zéro où les progrès techniques et scientifiques guideraient l’humanité vers un mieux. L’irruption de la catégorie de risque majeur, symbolisée par l’accident de Tchernobyl en 1986, vient à son tour remettre en question cette vision positiviste : le progrès, perçu comme nécessairement bienfaisant, peut également mener au pire.</p>
<p>Outre la menace à court terme sur l’intégrité physique des habitants, les catastrophes de l’ère contemporaine menacent d’affecter durablement la qualité de vie et les modalités d’occupation des territoires marqués par l’empreinte du risque. Ces territoires sont par ailleurs de plus en plus difficiles à circonscrire, comme dans le cas de Tchernobyl où une contamination invisible s’est diffusée de façon non concentrique, tachetant au gré des pluies qui les ont affectés, des espaces éparpillés à travers l’Europe.</p>
<p>La catastrophe de Fukushima en 2011 vient ajouter une couche de complexité dans le phénomène des risques et de leur manifestation. Résultant d’un tsunami consécutif à un tremblement de terre, la catastrophe japonaise illustre l’extrême vulnérabilité de nos sociétés où les risques se transforment au point que la séparation entre risques naturels et technologiques n’est plus pertinente, et qu’un pays comme le Japon, pourtant si préparé au risque, se voit soudainement réduit au chaos face à l’enchaînement des événements.</p>
<p>Au-delà de cette vision événementielle, plusieurs caractéristiques contemporaines de la relation continue entre les risques et les territoires habités méritent d’être soulignées. Le risque est aujourd’hui l’objet d’une multitude d’actions destinées à le mesurer, à l’évaluer, à s’en protéger : éviter sa manifestation ou s’en accommoder. Poussées par les progrès techniques et scientifiques, grâce au développement d’expertises spécialisées, nos sociétés ont appris à « vivre avec ». Mais l’une des raisons pour laquelle l’exemple japonais est si révélateur réside dans la faillibilité des dispositifs de gestion du risque, si bien que la volonté de maîtrise se trouve de plus en plus sujette à caution. Des risques que l’on pensait sous contrôle se révèlent récalcitrants, changent de forme, et réapparaissent de façon plus virulente ; des territoires considérés comme sûrs s’avèrent moins hospitaliers qu’ils n’y paraissent.</p>
<p>Face à ces phénomènes, les habitants se trouvent souvent désemparés. Car habiter un lieu sûr, protégé et sans soucis particuliers demeure l’une des conditions essentielles à leur existence. Une inscription dans le droit international stipule d’ailleurs que chaque individu a droit à un logement convenable (art. 11 du Pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels de 1976). Cependant, et les catastrophes nous le rappellent, rien n’est moins immuable qu’un environnement habité. On peut en être délogé, il peut être dégradé et pollué, il peut même être totalement détruit. Il n’est pas non plus certain que les lieux que nous habitons le soient par choix et que leur devenir soit stabilisé pour longtemps. Et pour peu qu’on y découvre la présence de risques, la relation à l’habitat devient radicalement différente. En effet, identifier des risques implique une (ré-)action, qu’elle soit institutionnelle, fasse l’objet de politiques publiques, ou qu’elle relève de citoyens ou de résidents. Quitter les lieux risqués, choisir d’y rester, en être expulsé ou ne pas pouvoir les quitter sont autant de modalités qu’il convient d’examiner de plus près, tout comme les dynamiques territoriales amorcées suite à l’identification de risques et aux mesures de gestion prises à leur encontre. La mise en regard de ces relations vise à construire un champ de recherche qui n’en est qu’à ses balbutiements. Un petit retour en arrière s’impose pour pouvoir mesurer l’originalité de la démarche proposée dans cet ouvrage.</p>
<p><strong>Risques et territoires : une problématique de recherche en construction</strong></p>
<p>La littérature sur les risques est foisonnante: risques environnementaux, risques naturels, risques technologiques majeurs, risques sociaux, etc. font l’objet de nombreuses recherches, selon des approches aussi variées que sectorielles (gestion du risque, communication des risques, identification de risques, évaluation, prévention&#8230;). Mais en géographie, comme en sociologie, la littérature est longtemps restée fragmentée par catégorie de risques (naturels, technologiques, sanitaires, etc.) et par lieu. Ce n’est que récemment que s’est amorcée la « mise en espace » progressive du risque en termes de perspectives de recherche.</p>
<p><strong>Acteurs et connaissances au cœur de la dynamique risques-territoires</strong></p>
<p>L’intérêt porté au rôle transformateur des risques sur le territoire implique un examen minutieux des acteurs concernés et de la production des connaissances en matière de risque. Le rôle des acteurs dans l’identification et la gestion des risques n’a été que récemment étudié, particulièrement en sociologie et en science politique. La Société du risque d’Ulrich Beck – paru en 1986 en allemand et dont la traduction en français ne date que de 2001 – ainsi que La Société vulnérable édité par Jacques Theys et Jean-Louis Fabiani (1987) figurent parmi les ouvrages fondateurs qui marquent un tournant décisif dans l’étude des risques et alimentent l’émergence de cette prise en compte des acteurs dans les phénomènes étudiés. Partant d’une vision essentiellement dominée par une approche technicienne, les recherches se sont graduellement attachées à une vision axée sur les représentations sociales des risques. Une approche constructiviste des risques est désormais privilégiée et les travaux de Deborah Lupton (1999) illustrent bien les différentes tendances qui s’en dégagent. Du côté de la géographie anglosaxonne Regions of Risks, de Kenneth Hewitt (1997), renvoie également à une approche similaire des risques, suivant en cela les enseignements de Gilbert F. White (2001), dont les premiers travaux sur les inondations et les connaissances des acteurs datent de 1942 !</p>
<p>L’idée prédominante de ces travaux est la suivante: différentes formes de connaissance sont mobilisées pour identifier les risques et sont déterminantes en matière de gestion de risques et de crises. Ces connaissances sont tant scientifiques, techniques que profanes (celles par exemple de groupes de citoyens intervenant en situations de crise et de danger) et sont produites aussi bien au cours de l’identification des risques (y compris lors de l’élaboration des instruments utilisés pour les identifier), de la mise au point des mesures de gestion (aménagement du territoire, financement), que lors de l’analyse sur les retours d’expériences. L’intérêt de ces recherches porte précisément sur les relations dynamiques qui s’établissent entre les pratiques et les acteurs (institutionnels ou non) impliqués dans la gestion des risques et des crises, dès lors qu’ils contribuent à les identifier, à les anticiper, à les suivre ou à les réguler. Les cas étudiés sont nombreux : OGM (Bonneuil, 2004 ; Joly et al., 2003), prion et amiante (Chateauraynaud et Torny, 1999), épandage de boues d’épuration (Borraz et Salomon, 2003), lignes à haute tension (Rémy, 1995), enfouissement des déchets nucléaires (Barthe, 2002), risques d’inondations (Le Bourhis et Bayet, 2002 ; November et al., 2006) pour n’en citer que quelques-uns.</p>
<p>En parallèle aux travaux axés sur la relation risques-territoires, nous assistons donc également depuis quelques années à un intérêt marqué pour les acteurs et les connaissances des risques qu’ils produisent. Des synthèses de recherche font l’objet de publication (Borraz et al., 2005; Gilbert et al., 2007) ou des articles de prospective faisant état des questions pressantes à intégrer dans les futurs appels à recherches lancés par des Agences nationales (Barbier et al., 2008), tandis que des études de cas fécondes sont menées par d’autres chercheurs en sociologie, en études des sciences et techniques, en science politique ou en anthropologie (Gramaglia, 2006; Healy, 2004; Langumier, 2008; Leborgne, 2006). En 2007, un ouvrage interdisciplinaire intitulé Face au risque (Burton-Jeangros et al., 2007) a présenté un état des questions intéressant actuellement le domaine des risques en sciences sociales et humaines (notamment dans les sciences juridiques, sciences politiques, sociologie de la santé, sociologie des organisations, en histoire de la médecine et en géographie), et proposant autant d’éclairages innovant sur la question.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-937-8.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<p>Extrait du titre<span class="BookTitle"> <em>Habiter les territoires à risques</em></span> de <span class="AuthorName">Valérie November</span>, <span class="AuthorName">Marion Penelas</span> et <span class="AuthorName">Pascal Viot</span><br />
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</p>
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		<title>SIG et méthodes d’analyse spatiale</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 14:59:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#62; L’interview de Régis Caloz Les systèmes d’information géographique (SIG) constituent à la fois un modèle numérisé de l’espace géographique et un ensemble d’outils de traitement de l’information géographique. Aujourd’hui, la plupart de collectivités publiques ont achevé l’acquisition des données et leur structuration en base de données. Sous forme gratuite ou payante, les informations sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/sig-et-methodes-d%E2%80%99analyse-spatiale/#more-2651" target="_self">&gt; L’interview de Régis Caloz</a></strong></p>
<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-902-6.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="SIG et méthodes danalyse spatiale" src="https://encrypted-tbn1.google.com/images?q=tbn:ANd9GcQAFmVEhsRRaYtMrTec-asALFSqsU0gAKehBl7slrfEbQA2vr9S3Q" alt="" width="168" height="112" /></a>Les systèmes d’information géographique (SIG) constituent à la fois un modèle numérisé de l’espace géographique et un ensemble d’outils de traitement de l’information géographique. Aujourd’hui, la plupart de collectivités publiques ont achevé l’acquisition des données et leur structuration en base de données. Sous forme gratuite ou payante, les informations sont mises à disposition du public et des bureaux d’ingénieurs. La richesse et la diversité des informations géographiques disponibles rendent leur exploitation plus aisée grâce à l’informatique, mais également plus complexe dans la mesure où elles recourent à des connaissances plus étendues en méthodes d’analyses notamment statistiques.<br />
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La rapidité de cette évolution exige une adaptation continue de nos connaissances et de nos démarches méthodologiques d’analyse. Il est, semble-t-il, plus aisé de développer de nouvelles technologies en informatique que de créer de nouvelles méthodes pour les exploiter efficacement !</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/H28GZC_o_WM" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Modèle et cycle de vie de l’information géographique</strong></p>
<p>L’approche scientifique consiste à créer un modèle explicite de la réalité trop complexe pour être décrite dans tous ses détails. La Science de l’information géographique (ScIG) repose sur le concept de cycle de vie de l’information géographique qui la décrit de sa création à son exploitation. Les applications concernent de manière générale la gestion de l’espace géographique dans lequel nous vivons. Les acteurs principaux sont les ingénieurs, les géographes, les environnementalistes et toutes les personnes intervenant dans la gestion du Territoire. L’analyse spatiale s’inscrit principalement dans deux phases du cycle de vie de l’information, lors de la modélisation de l’espace et lors de l’exploitation des informations; elle fait appel à des méthodes qui lui sont propres et aux opérateurs logico-mathématiques communs à l’approche scientifique. Les objets de son étude font partie à la fois des sciences naturelles et humaines. Les modèles mêmes les plus élaborés restant relativement simples par rapport à la complexité des phénomènes réels, l’analyste est invité à conserver en permanence un esprit critique vis-à-vis des modèles et des résultats.</p>
<p><strong>L’analyse spatiale et les systèmes d’information géographique</strong></p>
<p>De nombreux concepts d’Analyse Spatiale (AS) sont antérieurs à l’avènement de Systèmes d’Information Géographique (SIG). Cependant, la révolution numérique survenue par les développements fulgurants de l’informatique a non seulement fourni de nouveaux moyens de calcul mais aussi un outil qui, n’étant pas neutre, a ouvert de nouvelles voies d’analyse et de compréhension de la réalité. Ce premier chapitre passe en revue de manière synthétique les repères principaux qui caractérisent les systèmes d’informations géographiques de manière à bien situer la place occupée par l’analyse spatiale dans ce contexte.</p>
<p>L’analyse spatiale actuelle fait partie intégrante du monde des SIG. Elle contribue fortement à l’élargissement proposé par l’Institut de Géographie de l’université de Santa Barbara [Goodchild, 1992] du concept de système à celui de science pour créer ainsi les Sciences de l’Information Géographiques (ScIG). En effet, la notion de système est davantage concernée par l’organisation des informations exigée par l’informatique. Si l’on examine le cycle de vie de l’information géographique, tel qu’il sera décrit dans cet ouvrage, il apparaît que dès la phase de modélisation de l’espace géographique la notion d’analyse intervient. Les procédures développées ensuite reposent sur des connaissances et des méthodes propres à l’approche scientifique. Le remplacement du mot système par celui de science n’est donc pas abusif.</p>
<p>Les notions d’analyse spatiale de l’information géographique interviennent dans toutes les disciplines ayant trait à des phénomènes se déroulant dans l’espace géographique: l’aménagement du territoire, la gestion de l’environnement, l’analyse d’un réseau routier, l’implantation d’ouvrages, l’étude du paysage, les études d’impacts, la climatologie, etc.</p>
<p>L’exploitation la plus simple d’une Base de Données Géographique (BDG) est la consultation : rechercher une information qui a été enregistrée à la manière de la recherche d’un numéro de téléphone dans un annuaire. La démarche d’exploitation et d’analyse est beaucoup plus exigeante. Elle requiert la possibilité de combiner des informations pour en déduire des indicateurs plus synthétiques et de déterminer l’existence et la nature des relations spatiales entre objets décrits dans la base de données. Imaginons qu’un bureau conseil a pour mission de proposer un plan d’affectation pour une commune. Le découpage de l’espace communal tend à optimiser les différentes fonctions d’habitat, d’usage industriel, de production agricole, de dégager des zones de loisirs, etc. Les choix peuvent se faire de manière intuitive ou sur la base de jugement d’experts. Ils seront généralement mieux acceptés si les procédures d’analyse et de décision sont clairement explicitées. La phase d’analyse spatiale apparaît alors comme un élément primordial du processus de décision dans la mesure où les résultats représentent sa partie objective et explicite.</p>
<p>Bien que les moyens d’exploration et d’analyse disponibles s’avèrent puissants et capables de couvrir de nombreux domaines clés des besoins de gestion du territoire, il convient d’emblée d’en fixer leurs limites. L’AS porte sur nos modèles de la réalité. or un modèle est toujours une réduction de celle-ci destiné à la rendre plus compréhensible. Ce constat limite d’emblée la portée des résultats d’une analyse, aussi complexe soit-elle, réalisée au moyen d’un système d’information géographique. Il subsistera toujours une part insaisissable par nos méthodes scientifiques laissée à la perspicacité de l’expert et une incertitude inhérente à toute prise de décision. L’analyse spatiale, dont il question dans cet ouvrage, représente donc les méthodes et les opérateurs de type logico-mathématique permettant d’établir des relations entre les variables contenues dans le modèle. Dans ce sens, les conclusions portent sur le modèle et non pas sur la réalité elle-même. Il revient à l’analyste et aux preneurs de décision de les compléter et d’extrapoler en faisant confiance à leur intuition, à leur expertise et à leur jugement pour la prise de décision définitive.</p>
<p>D’un point de vue plus fondamental, le traitement progressif de mesures ou d’observations initiales, dénommées données, conduisant à un résultat dont on est capable d’évaluer la précision et la portée, crée une information qui enrichit notre connaissance du monde réel.</p>
<p>L’analyse spatiale représente donc le noyau dur du processus de décision. La rigueur apportée à son élaboration est, de ce fait, la condition nécessaire mais néanmoins pas suffisante (nous continuons à le souligner) pour toute décision concernant la gestion du territoire.</p>
<p><strong>Le concept d’analyse spatiale</strong></p>
<p>D’un point de vue sémantique, l’analyse spatiale repose sur deux concepts: l’espace et l’analyse.</p>
<p>L’espace renvoie à la notion d’Espace Géographique (EG) ou de territoire définie dans le cadre de la modélisation spatiale, thème abordé dans la première phase d’une formation en Système d’Information Géographique (SIG).<br />
Le concept d’analyse prend un sens selon la discipline concernée. pour la linguistique, l’analyse de texte est l’opération intellectuelle consistant à décomposer un texte en ses éléments essentiels afin d’en saisir les rapports et de donner un schéma de l’ensemble. par analogie, l’analyse spatiale pour les sciences environnementales et les SIG devient l’opération intellectuelle consistant à décomposer un phénomène de l’espace en ses éléments essentiels afin d’en saisir les rapports et de donner un modèle de l’ensemble.</p>
<p>L’analyse spatiale n’est pas née avec l’émergence des SIG. Dès lors que l’homme a représenté une région par un croquis, il a procédé à une analyse dans la mesure où il a su dégager de la réalité les éléments qu’il a jugés utiles pour la représenter et pour transmettre son message.</p>
<p>pour les mêmes raisons, mais avec beaucoup plus de rigueur, la cartographie est également le résultat d’une analyse de l’espace. on identifie dans l’espace géographique les éléments et les phénomènes significatifs. En d’autres termes, l’analyse de l’espace géographique est inhérente à la cartographie. Il en est de même pour les SIG : la modélisation de l’espace relève d’une analyse de l’espace, puis de la création d’un modèle conceptuel qui à son tour donnera lieu à la base de données. Le processus se poursuit par l’exploitation des informations, notamment pour comprendre les phénomènes et processus se déroulant sur le territoire, fournir des éléments de décision, voire prédire des évolutions, etc. La communication des résultats se fait ensuite par divers types de représentations sur support papier ou à l’écran.<br />
Les différentes étapes constituent le cycle de vie de l’information géographique, traité dans la section suivante. Ce processus se généralise pour déterminer des variables plus synthétiques ou des indices décrivant un état ou une fonction de l’espace géographique.</p>
<p>L’avènement des SIG a ouvert la voie à l’analyse spatiale numérique grâce à laquelle il est plus aisé d’établir des corrélations entre variables, de rechercher des relations fonctionnelles et de dériver des indices de nature synthétique plus proche de notre compréhension intuitive d’un phénomène.</p>
<p>Si l’on réunit les contenus qui se retrouvent dans bon nombre de définitions présentes dans la littérature, le concept d’analyse spatiale se comprend comme : les méthodes et les opérateurs, associés aux SIG, exploités pour modéliser l’espace géographique en base de données, pour extraire des informations, pour dériver des informations synthétiques et pour identifier les relations fonctionnelles entre entités ou phénomènes.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-902-6.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<pre>Extrait du titre  <em><span class="BookTitle">Analyse spatiale de l'information géographique</span></em> de Régis Caloz et <span class="AuthorName">Claude Collet</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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		<title>Coordonner les universités suisses</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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<p><span class="AuthorName"><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-931-6.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Gouverner les universités" src="http://us.cdn1.123rf.com/168nwm/ohmega1982/ohmega19821110/ohmega1982111000001/10753703-asian-teacher-writing-scientific-formula-on-the-whiteboard.jpg" alt="" width="168" height="113" /></a>En mai 2006, le peuple et les cantons suisses ont accepté une révision en bloc des articles constitutionnels sur la formation, ouvrant la voie à l’obligation expresse de mettre en place une coordination et une coopération efficaces entre les cantons d’une part, et entre les cantons et la Confédération d’autre part. Cette dernière voit son pouvoir d’intervention renforcé : par exemple, lorsque la coordination est jugée insuffisante, la Confédération peut édicter des instructions contraignantes, en particulier dans le domaine de l’enseignement supérieur . <span id="more-2660"></span></span><br />
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<p>De telles dispositions s’appliquent à un système dont la fragmentation reste la principale caractéristique. Le système helvétique d’enseignement supérieur a atteint, au cours de ces 50 dernières années, un degré d’enchevêtrement très avancé des responsabilités et des compétences. D’où différents projets de refonte du système suisse de l’enseignement supérieur, et la mobilisation de mesures d’harmonisation, de coordination et de coopération de ce système. Les nouveaux articles constitutionnels de 2006 s’ajoutent à d’autres réformes menées durant les années 1990 et 2000 pour répondre à cet enjeu central.</p>
<p><strong>Construction d’un modèle national des hautes écoles</strong></p>
<p>La complexité du système universitaire suisse contemporain est le fruit d’une série d’évolutions paradigmatiques, propres à différentes temporalités, et de certaines permanences dans les problèmes et obstacles rencontrés. Considérée de manière schématique, trois grandes périodes segmentent l’évolution du système universitaire suisse, durant lesquelles les problématiques viennent davantage s’ajouter que se substituer les unes aux autres. La reprise d’une périodisation classique (Leresche et al., 1996 ; Perellon, Leresche, 1999) permet d’en rappeler les principales caractéristiques.</p>
<p><strong>Le modèle cantonal</strong></p>
<p>Du 19e siècle à 1950 environ, le tissu universitaire suisse se développe dans les limites des cantons qui financent la majorité des établissements universitaires. Durant cette période, la plupart des universités suisses ont été inscrites dans les dispositions constitutionnelles des cantons qui les hébergent . Certes, la Confédération possède sa propre haute école avec l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), créée en 1854, mais on constate peu d’enchevêtrement des compétences entre les acteurs politiques d’une part, et entre ceux-ci et les milieux académiques d’autre part. On parle alors d’un ‘modèle simple’, caractérisé par une forte relation entre pouvoir politique et universités et par un important ancrage au niveau cantonal. Mais, dans un système politique où la souveraineté est partagée entre ses différentes entités, on peut se demander qui est, sur le plan légal, en charge de la politique nationale. La base législative à l’origine de l’EPFZ est l’article 22 de la Constitution fédérale de 1848, lequel prévoyait la création d’une école polytechnique et d’une université fédérales, mais ce deuxième projet ne vit jamais le jour, principalement en raison de l’opposition des cantons, soucieux de protéger leurs propres universités cantonales (Criblez, 2008). Ce refus d’un projet pourtant bien antérieur au fédéralisme suisse – l’idée remonte au milieu du 18e siècle – est emblématique du problème constitutionnel qui caractérise le système éducatif suisse, dans lequel la souveraineté politique sur les établissements de formation est davantage motivée par la sauvegarde de l’identité cantonale que par la nécessité d’une cohérence au plan national.</p>
<p>L’Université fédérale refait d’ailleurs surface de manière continue au parlement, soit sous l’impulsion de nouveaux initiants, soit par le biais de débats sur le système éducatif helvétique (Deppeler, 1967). Au cœur des discussions figure constamment la question de la légitimité de la Confédération dans la création d’un tel établissement. Le manque de clarté de la constitution fédérale en matière d’éducation s’ajoute à la susceptibilité des cantons dans ce domaine pour complexifier l’équilibre des compétences. De sorte que la responsabilité de la politique universitaire est non seulement partagée entre les différents niveaux politiques (cantons-Confédération), mais aussi entre les institutions, elles-mêmes, autonomes vis-à-vis de leurs autorités de tutelle respectives.</p>
<p>La dimension locale des universités change durant et après la Seconde guerre mondiale, sous le double effet d’une nationalisation de la science (création d’académies scientifiques nationales) et de l’intervention de la Confédération dans le financement de la recherche, avec notamment la création du Fonds national suisse de la recherche scientifique en 1952 (Fleury, Joye, 2002). Durant les années 1960 et 1970, l’augmentation massive du nombre d’étudiants, la pression pour la démocratisation des études, la diversification des disciplines, l’importance de la recherche scientifique dans une économie en mutation et l’internationalisation de la science entraînent une intervention accrue de la Confédération dans le système universitaire (Benninghoff, Leresche, 2003 ; Gees, 2006 ; Lepori, 2007 ; Joye-Cagnard, 2010).</p>
<p><strong>Le modèle national</strong></p>
<p>Parallèlement à l’entrée de la Confédération dans le financement des universités cantonales (Loi fédérale sur l’aide aux universités, 1968, LAU), la période est marquée par une forte institutionnalisation au niveau fédéral, avec la création de nouveaux organes comme le Conseil suisse de la science (CSS, 1965), la Conférence universitaire suisse (CUS, 1968), l’Office fédéral de l’éducation et de la science (OFES, 1979), ou la reprise de filières universitaires jusqu’alors cantonales, comme l’Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne (1853, EPUL), devenue en 1969 Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Le domaine des EPF est placé depuis 1969 sous la direction d’un Conseil des écoles polytechniques fédérales (CEPF). Les cantons renforcent leurs liens entre eux, par exemple avec la mise en place d’un système de répartition du financement des universités entre cantons universitaires et non-universitaires , ou par la constitution d’associations comme la Conférence universitaire romande (1969, CUR).</p>
<p>Cette multiplication des acteurs et des niveaux de la scène universitaire suisse caractérise le ‘modèle ouvert’, ce qui n’empêche pas la survivance et l’affirmation de problèmes centraux, en particulier au plan institutionnel. Les cantons et la Confédération peuvent organiser les établissements universitaires selon leurs propres critères, aves des conséquences importantes tant sur la configuration institutionnelle que sur les filières de formation proposées, sur les diplômes délivrés, sur les conditions d’admission, sur la durée des cursus, voire sur les barêmes de notation des examens. Ces différences posent un réel problème d’organisation avec l’augmentation du nombre d’étudiants et de leur mobilité à partir des années 1960, mettant à jour les lacunes en matière d’harmonisation et de coordination des études universitaires. Avant la mise en œuvre du processus de Bologne dès 2002-2003 en Suisse, ces aspects sont traités par le biais de différents organes intercantonaux et interuniversitaires, tels la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (1897, CDIP), qui réunit l’ensemble des Conseillers d’Etat des cantons universitaires, la Conférence des Recteurs des universités suisses (1904, CRUS), ou d’autres organes limités à un espace linguistique, comme la CUR. A l’exception de certaines disciplines, comme la médecine, qui disposent de cursus règlementés au niveau fédéral, les questions relatives à l’enseignement et aux filières de formation restent l’apanage des établissements universitaires et des cantons.</p>
<p>Sur un plan plus organisationnel, si toutes les universités se ressemblent plus ou moins dans leur structure par facultés, des différences substantielles existent entre les universités cantonales et les Ecoles polytechniques fédérales. Tandis que les premières sont constituées de facultés, selon le modèle académique humboldtien, les secondes reposent sur une organisation par départements. Si l’EPFZ reste à ce jour organisée en seize départements, l’EPFL a procédé, après l’arrivée du Président Patrick Aebischer en mars 2000, à une profonde réorganisation des départements en cinq facultés et deux collèges associés, conférant à l’institution un profil académique inédit. D’autre part, l’organisation des structures de direction est plus ou moins similaire entre l’EPFL et l’EPFZ, toutes deux au bénéfice d’un système vertical, le Président et ses Vice-présidents disposant d’un pouvoir fort, tant au plan stratégique qu’opérationnel. A contrario, le pouvoir d’un Rectorat universitaire est encore largement tributaire des facultés, tandis que d’autres organes, comme le Conseil de l’université ou le Sénat dans certains cas, sont clairement conçus comme des contrepoids au Rectorat. Et si la plupart des universités cantonales ont réformé leurs structures d’organisation dans les quinze dernières années dans le sens d’une « présidentialisation » des autorités de direction (Fumasoli, 2007), les Recteurs ne disposent pas actuellement d’une liberté d’action comparable à celle des présidents des EPF. Parce qu’elle est organisée de manière verticale, et parce que son lien avec l’autorité de tutelle est contractualisé depuis 1999 par un mandat de prestations et non plus uniquement par une loi fédérale, une EPF dispose d’une plus importante marge d’action qu’une université. Ce n’est qu’avec le renouvellement des lois universitaires que la plupart des universités cantonales ont pu, par exemple, élargir leur liberté d’action dans la création de nouvelles facultés sans devoir passer par une modification du texte législatif au niveau cantonal, et donc par une votation du parlement, voire courir le risque d’un référendum populaire. A ce jour, seules les lois sur les universités de Lucerne, Neuchâtel et du Tessin citent nommément les orientations disciplinaires des facultés .</p>
<p><strong>Le modèle multi-niveaux</strong></p>
<p>Le troisième modèle, dit ‘complexe’ ou multi-niveaux, découle certes de la forte institutionnalisation du ‘modèle ouvert’, mais s’inscrit aussi en rupture avec la phase de croissance qui a marqué cette deuxième période. Tandis que le nombre d’étudiants est toujours en forte hausse, les restrictions budgétaires du début des années 1990 touchent les universités de plein fouet, renforçant la compétition entre les institutions et favorisant les restructurations organisationnelles. Le refus en votation en décembre 1992 de l’entrée de la Suisse dans l’Espace économique européen (EEE) renforce d’autant plus le rôle de la Confédération dans la recherche de solutions à l’intégration des universités suisses au niveau international et européen. Les enjeux de coopération et de coordination entre les universités s’imposent alors comme des instruments de réduction des dépenses et de repositionnement stratégique des établissements universitaires. Le ‘modèle multi-niveaux’ voit l’affirmation de l’intervention fédérale de manière plus radicale que précédemment ; le principe de subsidiarité qui régissait l’action fédérale cède la place à une politique plus interventionniste, accompagnée d’un élargissement des compétences de la Confédération dans le domaine de l’éducation en général (Perellon, Leresche, 1999 ; Benninghoff, Leresche, 2003 ; Lepori, 2007).</p>
<p>La reprise au niveau fédéral des Hautes écoles spécialisées (HES), jusqu’alors cantonales, dans la seconde moitié des années 1990, introduit un nouvel élément de concurrence pour les universités cantonales. La création d’un Groupement de la science et la recherche (1990, GSR) au niveau fédéral marque la volonté d’une harmonisation du système par le haut, tandis que l’aide fédérale aux universités se diversifie à la fin des années 1990 (Joye-Cagnard et al., 2008). Mais si le pouvoir fédéral recommande la réorganisation et favorise la coopération entre les structures cantonales, la compétence politique de mise en œuvre reste largement subordonnée aux cantons. Dans ce ‘modèle multi-niveaux’, l’action publique est souvent fragmentée et dépend davantage des politiques cantonales, voire régionales, que de la Confédération.</p>
<p>Cette période est toujours marquée par les problèmes constitutionnels et institutionnels évoqués précédemment, auxquels s’ajoute de manière plus marquée la fragmentation des territoires de la politique universitaire (Leresche et al., 1996 ; Perellon, Leresche, 1999). La notion de ‘territoire’ recouvre non seulement les aspects géographiques, mais aussi la question des territorialités politico-institutionnelles des universités, leur inscription locale ou régionale, leur rapport aux différents niveaux de souverainetés politiques (cantonal, fédéral), et leur dimension culturelle, voire identitaire. D’un point de vue strictement géographique, le cas suisse se distingue par deux caractéristiques majeures : d’une part, le nombre des universités (12 avec les écoles polytechniques) semble particulièrement élevé au regard de la population (7,8 millions d’habitants en 2010) ; d’autre part, leur répartition sur le territoire national ne correspond pas complètement aux équilibres linguistiques et régionaux. Il apparaît en effet que la Suisse romande héberge presqu’autant d’universités (Fribourg, Genève, Neuchâtel, Vaud) que la Suisse allemande (Bâle, Berne, Lucerne, Zurich, St Gall), pour un territoire et une population sensiblement plus réduits. Cette disparité, qui peut s’expliquer par l’importance accordée aux universités sur les plans locaux et cantonaux, est l’une des composantes du problème de la coordination interuniversitaire.</p>
<p>La richesse de ce dense maillage universitaire a soulevé un  problème de financement à partir du début des années 1960 (cf. le rapport Labhardt de 1964), les besoins dépassant les possibilités cantonales. Or, si la Loi fédérale sur l’aide aux Universités (LAU) de 1968 élargit les contextes cantonaux à une réalité universitaire nationale, celle-ci est dépourvue d’instrument de pilotage. Et ni les initiatives de création de nouvelles universités en Suisse du nord-ouest (Argovie), en Suisse centrale (Lucerne) ou en Suisse italienne (Tessin), ni le développement d’une politique nationale de la recherche par le biais du FNS (Latzel, 1979 ; Benninghoff, Leresche, 2003 ; Lepori, 2007) ne permettent de s’en approcher. L’idée d’une Université suisse sera reprise comme un concept d’organisation des universités cantonales dans le courant des années 1990 (cf. chapitre 2). Stigmatisé par la comparaison internationale dès les premières enquêtes de l’OECE des années 1950, le système universitaire suisse évolue dans une incohérence touffue dont la Confédération saura user pour intervenir sur les cantons (Gees, 2006 ; Joye-Cagnard, 2010), sans toutefois parvenir à imposer ses velléités coordinatrices. Et malgré les nombreuses recommandations faites par le CSS durant les années 1970 et 1980 (Perellon, 1998), malgré les mesures de la CUS (Joye-Cagnard et al., 2008), malgré les tentatives de réformes de la LAU et de la constitution fédérale, la cantonalisation du système universitaire national reste sa principale caractéristique.</p>
<p>Durant les années 1990, la dimension territoriale renouvelle le questionnement sur le devenir des universités. Le vote négatif sur l’EEE de décembre 1992, qui avait vu les cantons francophones (pour) s’opposer aux cantons germanophones (contre), le non l’ayant emporté de très peu (50.3%) , favorise l’émergence d’un nouveau discours sur le rôle politique des cantons romands. Popularisée par différents travaux (Leresche, Bassand, 1991 ; Leresche et al., 1995), l’idée de la métropolisation de la région lémanique, « de Montreux à Genève » selon l’une des nombreuses formules consacrées, est reprise par la presse régionale et nationale, à l’instar du journal Le Nouveau Quotidien, lancé en 1991, qui organise à le Forum de Glion réunissant le « gratin » politique et intellectuel pour débattre des visions d’avenir pour la Suisse romande et la région lémanique. Après les propositions de Guy-Olivier Segond dans les années 1992 et 1993 de créer un gouvernement commun à Vaud et à Genève , Philippe Pidoux relança l’idée d’une fusion pure et simple des deux cantons en juin 1997 , un refus en votation populaire des deux cantons clôturant l’affaire en juin 2002 . Le rapprochement des infrastructures comme des entités politiques (parlements et gouvernements cantonaux) s’exprime à travers des structures ou des projets développés à différentes échelles (lémanique, romande ou Suisse occidentale). Or, dans ce contexte de rapprochement politico-institutionnel, l’analyse des principaux problèmes rencontrés permet de saisir les dynamiques de la coordination, ses formes, ainsi que ses obstacles.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-931-6.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<pre>Extrait du titre <em><span class="BookTitle">Gouverner les universités</span></em>
de <span class="AuthorName">Jean-Philippe Leresche</span>, <span class="AuthorName">Frédéric Joye-Cagnard</span>, <span class="AuthorName">Martin Benninghoff</span> et <span class="AuthorName">Raphaël Ramuz</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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		<title>Bertil Galland, un savoir vivant</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:07:39 +0000</pubDate>
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<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-939-2.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Bertil Galland, un savoir vivant" src="https://encrypted-tbn1.google.com/images?q=tbn:ANd9GcSyAdCF0K0AiyWDzq16MnRL4JenbPZlQSf_JXe6dBMSIwdeLWA7" alt="" width="184" height="132" /></a>Une vie avec les mots et les livres, une vie pour les livres et les mots. « Un livre qui paraît presque rien et qui peut être presque tout», déclare Bertil Galland dans un entretien filmé à l’occasion de la remise du Prix du Rayonnement par la Fondation vaudoise pour la culture en 2007. Quel plus bel intitulé de Prix décerné à Bertil Galland que celui du Rayonnement? Rayonnement intérieur et rayonnement extérieur. Bertil Galland a fait entrer le monde entier dans sa vie, ses livres et ses chroniques et ceux-ci constituent eux-mêmes un ensemble complet qui fait l’œuvre, la marque et la force tout à la fois granitique et magnétique de l’homme.<span id="more-2662"></span><br />
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<p>Lors de cette séquence du film, nul hasard si Bertil Galland tient dans ses mains un recueil de poèmes de Nicolas Bouvier que celui-ci lui a dédicacé (Le Dehors et le Dedans). Dans sa dualité fondamentale, Bertil Galland a lui-même toujours été dedans et dehors, dans le canton de Vaud et ailleurs, en lui-même et avec les autres. Pas seulement vaudois mais aussi citoyen du monde tel qu’il le voit et tel qu’il y aspire. S’éloigner du canton de Vaud est une manière pour lui de s’en rapprocher. Près et loin à la fois, n’est-ce pas l’une des postures préférées de Bertil Galland? Empathie et distanciation ne sont-elles pas nécessaires au libre exercice de la raison et de l’esprit critique? Trop d’empathie enlève le discernement. Trop de distanciation tue les sentiments et l’émotion. Ce double registre n’est-il pas tout simplement ce qui façonne l’écrivain, l’éditeur, le journaliste, le reporter, le chroniqueur et, pour tout dire, l’homme Galland ?</p>
<p>Mangeur de mots, à la fois vorace et sélectif dans sa gourmandise, il avale l’écrit avec une grande sûreté de jugement qui lui permet de séparer immédiatement «le bon grain de l’ivraie». Cet appétit pantagruélique de mots est une constante observée par tous ceux qui ont compagnonné avec Bertil Galland. Il en est qui lisent sans écrire et d’autres qui écrivent sans lire. Lui, jamais rassasié, fait les deux avec passion, énergie et franchise, toujours brûlant du feu ardent de l’ouvrage suivant. Au cinéma, on aurait parlé d’un «monstre sacré», Jean-Jacques Langendorf évoque, plus loin, un «géant des lettres», un «colosse de l’édition». Ici nul besoin de surjouer l’hommage en saluant l’entrepreneur culturel, le vigoureux bâtisseur et le passeur imaginatif. Exigeant, altruiste et généreux avec les auteurs qu’il publie (thème qu’Etienne Barilier aborde dans son texte), aussi à l’aise que le cruciverbiste averti lorsqu’il faut mettre ses pas (ou ses mots) dans ceux des autres (« ses » auteurs) que puissamment créatif lorsqu’il produit sa propre œuvre, «il donne confiance à qui exprime et à qui imprime», comme le dit Jacques Chessex dans un portrait saisissant de Bertil Galland.</p>
<p>Au fond, sur la base des témoignages et analyses rassemblés ici, on pourrait dire que, dès son enfance puis son adolescence, Bertil Galland a toujours été simultanément dans l’ici et l’ailleurs. Son « logiciel » personnel le dédouble en Suisse et dans le monde, lui-même se définissant d’ailleurs comme un «métis (&#8230;) qui a beaucoup vagabondé» (comme si «le survenu du froid avait fait halte avec une conviction d’autant plus certaine qu’il avait à s’inventer un lieu et à s’y légitimer, et à façonner dialectiquement ce lieu à la dimension de son Imaginaire», selon Chessex). C’est quand on le croyait très ancré dans le canton de Vaud qu’il en était le plus éloigné, sillonnant les Etats-Unis, l’URSS, la Chine, l’Afrique et le Proche-Orient. Et c’est quand on le croit bourguignon depuis 1996 qu’il en est le plus près : c’est depuis Rimont en France qu’en août 2000 il lance dans le journal 24 Heures un appel visionnaire à créer la Collection Le savoir suisse.</p>
<p>Peut-être fallait-il justement s’éloigner de la Suisse pour saisir la nécessité de mettre en valeur les savoirs produits dans les hautes écoles de ce pays et les placer à la portée d’un large public. Peut-être voit-on mieux de loin et après avoir fait le tour du monde que la Suisse est plurielle, à la fois addition de petites communautés locales et ouverture sur le vaste monde. Peut-être fallait-il tous ces reculs et appartenances pour rassembler des femmes et des hommes de talents, de générations et d’horizons intellectuels, politiques et professionnels si différents. La recette de la diversité intellectuelle et politique avait certes déjà été mise à l’épreuve de l’ouverture progressive du comité éditorial de la revue Ecriture, elle sera reprise avec succès dans la composition du comité d’édition de la Collection Le savoir suisse.</p>
<p>Bertil Galland, citoyen du monde, polyglotte, avide de savoirs et de découvertes, au courage chevillé au corps quand la guerre est là tout autour de lui (Vietnam, Biafra, Proche-Orient, etc.). Bien sûr, il a joué un rôle capital d’«accoucheur» ou de «facilitateur» de la littérature romande des années 60-80 mais, en même temps, il faisait découvrir la Chine de Mao à ses lecteurs. Le réduire au canton de Vaud reviendrait à passer à côté de sa dimension cosmopolite et de son imaginaire européen. Ne pas voir qu’il est aussi vaudois serait ignorer son lien privilégié avec un coin de pays qu’il a parcouru de part en part («ce pays de Vaud où, comme tout vrai nomade, il tente de se trouver les racines», analyse Bouvier). Seule une vision multiscopique permettrait de saisir ses différentes attaches et d’en identifier les ramifications et les compositions polyphoniques.</p>
<p>La place de Bertil Galland dans les lettres romandes, suisses et francophones a déjà été solidement authentifiée et documentée. Elle est précisée et enrichie dans cet ouvrage à travers les contributions de Roger Francillon, Françoise Fornerod, Daniel Maggetti et Sylviane Roche. En outre, son goût pour la poésie est attesté depuis fort longtemps, les poètes lui en sont du reste reconnaissants qui lui en dédient ici de très personnelles (Pierre-Alain Tâche et Alexandre Voisard). Par contre, sa place et son rôle dans la presse romande sont encore à établir (ce à quoi s’attachent les témoignages de Christophe Gallaz et Jacques Pilet), que ce soit comme journaliste, chroniqueur ou reporter, comme si les profonds liens entre les différents métiers qu’il exerce n’avaient pas encore été pleinement discernés. Or, ces deux univers ont toujours dialogué sous la plume de Bertil Galland, nourrissant ses chroniques de ses lectures et, inversement, mettant ses chroniques au service de projets éditoriaux ambitieux et novateurs.</p>
<p>De ce dernier point de vue, il applique rigoureusement la même démarche pour promouvoir la littérature romande, qu’il décortique en juin 1966 dans une série d’articles de la Feuille d’Avis de Lausanne intitulée «Petite analyse structurale de la littérature en Suisse romande», et pour initier Le savoir suisse les 7 et 14 août 2000 dans 24 Heures (« Parmi nos livres une collection manque: ‘‘Le savoir suisse’’» et «Pour structurer le débat public sur l&#8217;avenir de ce pays ») : d’abord, un diagnostic assez sévère de la situation accompagné d’un appel solennel à agir, suivi – faute de combattants suffisamment vaillants pour s’attaquer à la lourde et vaste mission proposée par Bertil Galland dans ses articles – de la mise en mouvement d’un collectif qu’il anime avec talent et détermination. Lorsque l’ambition n’est pas au rendez-vous, il finit donc toujours par se saisir du projet dont il a été l’inspirateur pour le mener à chef. Avec l’ascèse du moine-soldat (« moine intermittent» dit Gallaz) qui avance droit par tous les temps, tranquilles ou tempétueux, il va jusqu’au bout de la mission et de l’engagement avec conviction, quel qu’en soit le coût personnel, pourvu que la cause soit noble et digne des espoirs qu’il place en chacun et que sa précieuse indépendance soit garantie.</p>
<p>Dans ses chroniques de 24 Heures, le livre est sa matière première. Il salue ainsi nombre d’ouvrages et d’aventures éditoriales auxquelles il ne participe pas directement. En mai 1995, à l’occasion de la parution du 200e «Cahier rouge» publié par la Fondation Jean Monnet pour l’Europe, il exprime son admiration pour les travaux de son ami Henri Rieben (« Rouge vif pour l’Europe »). D’ailleurs, il reviendra à Bertil Galland de lui rendre hommage lors de ses obsèques le 16 janvier 2006 à la cathédrale de Lausanne, saluant à la fois le « grand » Vaudois et le « grand » Européen. A la lecture de cet hommage, l’on ne peut s’empêcher d’établir un rapprochement entre ces deux hommes. Galland citant Monnet dit de Rieben : « peu d’hommes ont eu aussi peu de pouvoir et autant d’influence». Il est troublant de penser que cette sentence pourrait tout aussi bien s’appliquer à Bertil Galland lui-même qui a été beaucoup lu et écouté par de nombreux élus municipaux, cantonaux et fédéraux (citons notamment Jean-Pascal Delamuraz, Jean-Pierre Pradervand, Pierre Cevey, Pierre Duvoisin ou Marx Lévy), sans qu’il n’ait jamais clamé une once d’emprise ou d’ascendant sur quiconque!</p>
<p>Or donc, si l’éditeur a déjà été plusieurs fois célébré, que ce soit à l’occasion de ses 60 ans avec un magnifique numéro (38) de la revue Ecriture, qui réunit alors les plus belle plumes de la littérature romande, ou deux ans plus tard lors de la réception du Prix Montaigne – dont témoigne l’hommage que Nicolas Bouvier lui rend avec une affection et une amitié indéfectibles –, ou lors de la fête de départ en Bourgogne avec sa femme Betty en 1996 (cf. le texte de Jean-Jacques Rapin), le journaliste et le reporter sont généralement comme occultés.</p>
<p>Hémiplégie ou effet d’optique qui rejoindrait une vision monomaniaque et trompeuse du Galland valdo-vaudois? Dans cette image d’Epinal, tout se passe en effet comme si Bertil Galland avait benoîtement grimpé petit à petit à l’échelle de ses appartenances multiples, commençant son travail d’éditeur au niveau cantonal avec les Cahiers de la Renaissance vaudoise en 1960, puis (dès la fin des années 1960), avec l’énergie et le succès qu’évoque Yves Gerhard, l’Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, promouvant aussi «la nouvelle littérature romande» avec sa propre maison d’édition (dès 1972), puis, de 1974 à 1979, à l’échelle suisse la Collection CH et, dès 2001, créant Le savoir suisse, en passant dans l’intervalle par l’échelle francophone et européenne, avec la co-édition d’ouvrages avec Grasset (Jacques Chessex et Georges Borgeaud) et Gallimard (Corinna Bille, Nicolas Bouvier, Alice Rivaz) et recevant le Prix Montaigne en 1992 à l’Université de Tübingen.</p>
<p>Illusion que cette vision en escalier de son parcours identitaire, au gré des développements de sa carrière professionnelle et de sa notoriété. Pas plus exclusivement vaudois ou romand à 13 ans qu’à 80 ans. Plusieurs témoignages sont là qui rappellent que, à ce très jeune âge, Bertil Galland traduisait lui-même des chapitres du livre Knulp de Hermann Hesse (comme il le raconte dans son texte « L’Allemagne ») et qu’au même âge il se rendait au Monte Verità à la rencontre des penseurs européens qui fréquentaient ce haut lieu. Assemblage singulier et précoce, ce n’est là que l’un des multiples paradoxes de celui qui, bon gré mal gré, incarne tout à la fois un canton de Vaud qui a disparu (si tant est qu’il n’ait jamais existé dans sa toute puissance souveraine !?) et l’ouverture au monde des Lumières et de l’humanisme. En quelque sorte, entre l’Encyclopédie vaudoise et Le savoir suisse, il y a l’Europe et le monde !</p>
<p>Autant «Vaudois de Bourgogne» fêté par Philippe Jaccottet dans cet ouvrage que «Suisse-scandinave» décrit par Bouvier, le Nord se cache toujours derrière le Vaudois. Ulla LundquistRosenqvist, la traductrice de Luisella en suédois, ne reconnaît plus le timbre de voix de Bertil lorsqu’il se met à lire en public dans sa langue maternelle. Dans le présent ouvrage aussi, l’un de ses amis de jeunesse, Jacques Dewaele, raconte le voyage quasi initiatique qu’ils font ensemble dans l’Europe du nord à 17 ans puis rappelle la période de sa formation de journaliste aux Etats-Unis. Sans compter ses grands reportages dans des pays ou des régions en guerre, sa découverte de la Chine (Les Yeux sur la Chine, paru en 1972) et son « improbable » amitié avec le Prince Norodom Sihanouk du Cambodge, racontée ici par Etienne Delessert et Jacques Pilet.</p>
<p>Son engagement n’est pas seulement littéraire et journalistique. Il est aussi politique au sens large du terme. Il s’est engagé dans le débat d’idées sur la place et l’avenir de ce canton à une époque où la Ligue vaudoise – bien que particulièrement controversée – rencontrait encore un certain écho dans le débat public (laissons aux historiens nous dire la part que Galland a prise dans ces débats, cf. notamment la contribution de Denis Bussard et François Vallotton sur le « divorce » avec la Ligue vaudoise). Mais son engagement politique dans le canton s’est aussi manifesté a travers des combats en faveur de la protection de la nature, du paysage et du patrimoine bâti. Signe d’ouverture d’esprit, cet engagement a été jusqu’à changer son opinion sur les combats menés par Franz Weber pour « Sauver Lavaux ». Dans un ouvrage paru en 20117, Bertil Galland explique avec conviction pourquoi et comment il a changé d’avis sur cette question («On peut se porter bien de voir tous les matins ce qui est beau [...]. Et le laid tue.») et rappelle qu’il s’était déjà engagé aux côtés de Franz Weber pour sauver un quartier de Lutry. Cette conversion n’apparaît pas comme la manifestation d’un «cramponnement» ou d’une «crispation» identitaire à la terre vaudoise mais est présenté comme un combat en faveur de la défense de la beauté d’un site reconnu et labellisé au niveau international (« Patrimoine mondial de l’UNESCO »).</p>
<p>D’autres combats de Bertil Galland ont dû troubler l’establishment, en particulier celui pour la défense de la liberté d’expression. Dans un article resté fameux de la Feuille d’Avis de Lausanne du 1er décembre 1966 «Andersson n’est pas un étranger », Bertil Galland exprime son indignation lorsque l’éditeur Nils Andersson est expulsé de Suisse par le Conseil fédéral en raison de ses activités politiques. Avec d’autres, comme le raconte Nils Andersson dans son texte, Bertil Galland contribua ensuite avec succès à faire lever cette mesure en 1986&#8230;</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-939-2.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<pre>Extrait du titre  <em><span class="BookTitle">Bertil Galland ou Le regard des mots</span></em>
sous la direction de <span class="AuthorName">Jean-Philippe Leresche</span> et <span class="AuthorName">Olivier Meuwly</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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		<title>Les fondamentaux de la finance d&#8217;entreprise</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 14:54:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/les-fondamentaux-de-la-finance-dentreprise/#more-2647" target="_self">&gt; L’interview d&#8217;<span class="AuthorName">Yves de Préville</span></a></strong></p>
<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-891-3.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Les fondamentaux de la finance dentreprise" src="http://us.cdn4.123rf.com/168nwm/yalax/yalax1109/yalax110900001/10670478-clock-mechanism-made-from-currency-coins-dolar-currency-dependence.jpg" alt="" width="168" height="95" /></a>Il existe des milliers d’ouvrages sur la finance et sur la finance dans l’entreprise. Certains sont destinés à des personnes qui vont faire carrière dans la comptabilité et la finance. Ce sont des ouvrages très spécialisés et souvent très spécifiques à un pays ou groupe de pays, car les règles qui régissent la comptabilité sont légèrement différentes d’un pays à l’autre. Certains sont des réflexions de très haut niveau sur les fondements des règles de comptabilité, donc très loin des préoccupations quotidiennes d’un chef d’entreprise ou d’un directeur de division. D’autres, encore, sont des ouvrages de vulgarisation, qui fournissent les bases de la compréhension, mais ne permettent pas de développer de nouveaux outils d’analyse financière et ne sont pas très « opérationnels ».<span id="more-2647"></span><br />
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<p>Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui, dans leur activité professionnelle, doivent prendre des décisions importantes avec des implications financières, mais qui n’ont pas la formation en comptabilité et finance nécessaire. Son but est de leur fournir les éléments qui leur permettront de comprendre comment une entreprise gagne de l’argent, et donc de pouvoir prendre des décisions fondées sur des bases financières solides.</p>
<p>Les entreprises attendent de leurs cadres qu’ils fassent usage des données financières de l’entreprise pour allouer leurs ressources et diriger leurs affaires. Toutefois, beaucoup de cadres, en particulier ceux ayant une formation technique, ne savent pas lire les documents financiers et ne connaissent pas les principes et règles qui permettent de les établir. Ils ne connaissent pas la terminologie, ni comment combiner et calculer ces informations pour soutenir leurs décisions.</p>
<p><strong><br />
A quoi sert un bilan?</strong></p>
<p>Un bilan est un instantané de la situation financière d’une entreprise, c’està-dire une évaluation de toutes les valeurs des biens et des dettes de cette entreprise à une date donnée. Un bilan doit permettre à son lecteur de lire la «santé» financière de l’entreprise. Il sert aux divers créditeurs (propriétaires, banques, fournisseurs) à évaluer les risques qu’encourent leurs placements ; il sert aux nouveaux fournisseurs à déterminer les termes de paiement de leurs ventes à cette entreprise ; il sert aux gestionnaires de l’entreprise à prendre des décisions financières ; il sert à l’Etat à des fins statistiques et fiscales. C’est donc un instrument largement utilisé dont la qualité et le sérieux se doivent d’être au-dessus de tout soupçon.</p>
<p>Nous verrons toutefois que malheureusement cette qualité et ce sérieux ne sont pas toujours au-dessus de tout soupçon.<br />
La comptabilité est la discipline qui permet la construction du bilan (et des autres documents financiers que nous présenterons dans les chapitres suivants). Cette discipline s’appuie sur un certain nombre de principes généraux et des règlements assez stricts (par exemple, Generally Accepted Accounting Principles [GAAP], International Financial Reporting Standards [IFRS]). Certains pays imposent, pour des raisons fiscales, des normes supplémentaires ou des règles particulières. D’une manière générale, ces dernières n’affectent pas les aspects de la construction d’un bilan que nous allons aborder ici.</p>
<p>La finance est l’art d’utiliser les informations tirées du bilan (et des autres documents financiers) pour construire des budgets, évaluer des scénarios de développement de l’entreprise et prendre les décisions qui en découlent. Nous comprenons ainsi l’importance de la qualité des informations contenues dans les documents financiers.</p>
<p><strong>Que trouve-t-on dans un bilan?</strong><br />
Un bilan est constitué deux grands groupes d’éléments :</p>
<p>• Les actifs que l’on peut définir comme les possessions de l’entreprise qui doivent lui fournir de la valeur financière dans le temps.<br />
• Les passifs qui sont les sommes que l’entreprise doit à ses propriétaires, bailleurs de fonds, fournisseurs, Etat, employés&#8230;</p>
<p><strong>Dans le livre d&#8217;Yves de Préville vous aurez : </strong></p>
<p>• Pourquoi, dans la comptabilité en partie double (ou à double entrée), les actifs sont strictement égaux aux passifs.<br />
• Ce qui différencie un investissement d’une charge et un revenu d’un capital.<br />
• Comment « lire » un bilan.</p>
<p><strong>Encaissements ou facturations</strong></p>
<p>Il existe deux grandes façons de tenir une comptabilité :</p>
<p>• La méthode des encaissements par laquelle les revenus ne sont reconnus (c’est-à-dire enregistrés dans les livres comptables) que lorsqu’ils sont encaissés par l’entreprise, et les charges lorsqu’elles sont effectivement payées.</p>
<p>• La méthode des facturations par laquelle les revenus sont reconnus au moment où l’entreprise émet une facture, et les charges aussitôt que les factures des fournisseurs sont reçues.</p>
<p>Au sein des entreprises industrielles, seule la méthode des facturations est utilisée. La méthode des encaissements n’est utilisée que pour les très petites entreprises qui opèrent essentiellement sur une base de liquidités (par exemple, les commerces). Dans cet ouvrage, seule la méthode des facturations sera traitée.</p>
<p><strong>Grands principes de la comptabilité</strong></p>
<p>Pour que les différents agents économiques qui traitent avec une entreprise puissent comprendre les informations fournies par les documents financiers, un certain nombre de principes et de règles ont été édictés dont les plus importants sont:</p>
<p>• Le principe de cohérence. Il impose aux comptables d’appliquer les mêmes méthodes et procédures d’une période comptable à l’autre. (période comptable : temps écoulé entre deux bilans).</p>
<p>• Le principe de sincérité. Les comptables doivent refléter de bonne foi l’état financier de l’entreprise.</p>
<p>• Le principe de prudence. La réalité doit être représentée telle quelle : on ne doit pas essayer de faire paraître les choses sous un meilleur jour. Typiquement, un revenu ne devrait être enregistré que lorsqu’il est certain et une provision devrait être faite pour une charge qui est probable.</p>
<p>• Le principe de continuité d’exploitation. Dans les rapports financiers, on part de l’hypothèse que l’entreprise va durer dans le temps. Ce principe modère le principe de prudence : les actifs n’ont pas à être enregistrés à leur valeur de revente, et il est accepté qu’ils le soient à leur valeur historique actualisée.</p>
<p>• Le principe d’indépendance des exercices. Toute entrée comptable doit correspondre à la période où elle a son effet et cette entrée doit être divisée si elle a un effet sur plusieurs périodes. Les produits et les charges sont comptabilisés au fur et à mesure que ceux-ci sont acquis ou que celles-là sont engagées. Par exemple, si un client paie à l’avance un abonnement à cheval sur deux périodes, le revenu correspondant doit être réparti sur les deux périodes pro rata temporis et non enregistré à la date de la transaction.</p>
<p>• Le principe des coûts historiques. A leur date d’entrée dans le patrimoine de l’entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur coût d’acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur estimée et les biens produits à leur coût de production.</p>
<p>• Le principe d’intangibilité du bilan d’ouverture. Le bilan d’ouverture d’une période correspond exactement au bilan de clôture de la période précédente.</p>
<p>• Le principe de présentation complète. Toutes les informations et valeurs correspondant à une position financière de l’entreprise doivent être présentées dans les documents financiers.</p>
<p>Les deux principes qui retiendront le plus notre attention dans le livre d&#8217;Yves de Préville sont celui d’indépendance des exercices et celui des coûts historiques. Les autres concernent soit des notions élémentaires d’honnêteté (sincérité, cohérence, intangibilité du bilan d’ouverture, présentation complète), soit des aspects purement d’opérations comptables, ou encore sont les résultats d’une longue pratique (prudence, continuité d’exploitation).</p>
<p><em><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-891-3.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></em></p>
<pre>Extrait du titre <em><span class="BookTitle">Finance d'entreprise clés en main</span></em> d'<span class="AuthorName">Yves de Préville</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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		<title>Darwin et la théorie de l’évolution</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 14:56:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>polyadmin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/darwin-et-la-theorie-de-l%E2%80%99evolution/#more-2657" target="_blank">&gt; L’interview de <span class="AuthorName">Christian Sachse</span></a></strong></p>
<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-926-2.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Darwin et la thèorie de l'évolution" src="http://us.cdn4.123rf.com/168nwm/petrol/petrol0802/petrol080200022/2527590-abstract-vector-illustration-of-evolution.jpg" alt="" width="168" height="119" /></a>En 1859, la publication de L’Origine des espèces de Charles Darwin (1809-1882) sur l’évolution biologique a révolutionné notre vision du vivant. Cette révolution est bien saisie par Theodosius Dobzhansky (1900-1975) lorsque celui-ci affirme que rien n’a de sens en biologie si ce n’est à la lumière de l’évolution. Conformément à cette interprétation de la théorie de Darwin, il est impossible de fournir des explications en biologie sans faire référence à l’évolution passée. En d’autres termes, si l’on souhaite acquérir une meilleure compréhension de propriétés biologiques données, il est indispensable de tracer leur histoire évolutionnaire.<span id="more-2657"></span><br />
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<p>Dans ce sens-là, la biologie évolutionnaire fait figure de fondement historico-causal pour les disciplines non historiques de la biologie. Considérons par exemple la loi biogénétique de Ernst Heackel (1834-1919) selon laquelle l’ontogénèse récapitule brièvement la phylogénèse. C’est donc la connaissance de la chronologie des phases phylogénétiques d’une espèce donnée qui rend intelligible l’explication de certaines phases développementales de l’ontogénèse. De tels liens ont leurs fondements dans la théorie de Darwin, qui a mis en évidence le mécanisme sous-tendant l’évolution et selon lequelle toutes les espèces ont une origine commune. Dans ce chapitre, nous récapitulons les arguments principaux en faveur de la théorie de l’évolution, à savoir essentiellement le principe de la sélection naturelle et celui de l’origine commune des toutes les espèces.</p>
<p>Imaginons l’époque de Darwin, pendant laquelle la conviction que Dieu a créé le monde est très répandue. La conviction en l’existence d’un créateur intelligent du vivant est suggérée et renforcée par l’apparente perfection de la constitution des plantes et des animaux pour leur habitat ainsi que par la croyance que les espèces et les autres taxons sont fixes. Ainsi, grâce à son omnipotence Dieu a créé, à dessein, toutes les espèces avec des particularités permettant à chacune d’entre elles de remplir un rôle spécifique de manière parfaite. Les lions, pour illustrer simplement cette idée, ont été créés avec la propriété de se déplacer rapidement afin de pouvoir chasser des zèbres. Les zèbres, pour leur part, se déplacent rapidement pour pouvoir fuir, ils possèdent leurs zébrures caractéristiques pour pouvoir mieux se camoufler dans la savane et ils sont munis de dents particulières qui leurs permettent de couper et manger les herbes disponibles dans leur habitat. Une telle description téléologique (qui attribue des buts et présuppose une intention derrière les attributs) peut s’appliquer pareillement à toutes les autres espèces et à toutes leurs propriétés spécifiques. En étudiant ces propriétés, la théologie de la nature essaie de mieux comprendre l’intention de Dieu dans son acte de création. Il faut noter que Darwin a étudié la théologie à Cambridge (1828-1831) et qu’il était particulièrement enthousiaste au sujet des écrits de William Paley (1743-1805), dont la Théologie naturelle, y compris au niveau de l’idée de la conception divine de la nature. Cette vision du monde est pourtant la cible des arguments de Darwin lui même, arguments qui parlent en faveur d’une explication alternative, non théologique, de l’adaptation des espèces (voir aussi Sober 2000, chapitre 2, 2008a et 2008b, chapitre 2, Ruse 2006, chapitre 12, Baird et Rosenbaum 2007, Clavien 2011, Dawkins 1986 et 2006, Dennett 2006, Scott 2004, Garvey 2007, chapitre 12, Gould 1980 et 1999, Mayr 1993, chapitre IV-V et Murphy et Schloss 2008).</p>
<p>Pour comprendre l’évolution de la pensée de Darwin, posons-nous les deux questions interdépendantes que Darwin a lui-même posées dès son grand voyage de recherche sur le H.M.S. Beagle (1831-1836) (pour plus de détails sur Darwin, voir aussi Gayon 1992, chapitre 1, Kitcher 1985, Robert Richards 1992, et Ruse 2007). D’une part comment est-il possible que les individus d’une même espèce se distinguent selon nos observations mais restent tout de même parfaitement adaptés pour remplir leur rôle dans leur habitat? D’autre part, comment est-il possible que les espèces soient parfaitement adaptées à leur habitat du moment que ce dernier change inévitablement au fil du temps? Pour soutenir la portée de ces questions, considérons brièvement les progrès réalisés en géologie durant l’époque qui a précédé Darwin, des progrès qui n’ont cependant pas modifié l’opinion dominante sur la création du monde et son caractère immuable (voir aussi Mayr 1993, chapitre IV).</p>
<p>Au 18e siècle déjà, le géologue James Hutton (1726-1797) défend l’idée que des petits changements géologiques s’accumulent et conduisent vers de grands changements. L’érosion continue des roches crée par exemple le tassement des montagnes et les rivières creusent des vallées. Charles Lyell (1797-1875) généralise ensuite cette approche gradualiste dans ses Principle of geology (1830). Il montre que les processus géologiques actuels sont identiques à ceux du passé. Le monde change donc continuellement et avec la même force (géologie uniformitariste). Darwin, qui a lu l’œuvre de Lyell pendant son voyage, met ces idées en relation avec la biologie (voir Darwin 1859, chapitre 4 ; voir aussi Mayr 1985 et 1993, chapitre IV, et Ruse 2007). Etant donné la permanence du changement géologique, la question suivante se pose : comment les espèces peuvent-elles demeurer parfaitement adaptées à leur environnement sans un changement biologique correspondant ? Un tel changement biologique, pourtant, contredit l’idée de la création des espèces parfaites et figées.</p>
<p>L’étude des fossiles, à laquelle Darwin se consacre aussi pendant son voyage, contribue également à remettre en cause l’idée que les espèces ne changent pas et que celles-ci sont le résultat d’un acte créateur parfait. Au début du 19e siècle déjà, Georges Cuvier (1769-1832), considéré comme le fondateur de la paléontologie, établit l’anatomie comparative comme discipline de recherche en biologie. A travers l’étude des sédiments, Cuvier démontre qu’il existe des différences entre les espèces récentes et les fossiles et que ces différences augmentent avec la profondeur à laquelle les sédiments se situent. Cela suggère que les espèces changent peu à peu, ce qui correspond à l’idée du gradualisme en biologie. De plus, les travaux de Cuvier prouvent qu’il existe des fossiles d’espèces disparues (voir Damuth 1992). Au niveau des découvertes pertinentes à cet égard, la présence en Amérique du Sud de fossiles appartenant à une espèce disparue dans cette région mais partageant des similarités indéniables avec certaines races de chevaux toujours présents en Europe attira l’attention de Darwin durant son voyage. Les découvertes de ce genre remettent sérieusement en question l’idée de la création divine d’espèces immuables et parfaitement adaptées à leur environnement. L’évolution du vivant semble par contre évidente et cette évolution semble être liée aux changements géologiques (environnementaux).</p>
<p>De plus, si l’on examine les détails, il semble en réalité qu’il existe dans la nature des organismes avec des organes plutôt imparfaits. Cette réalité remet encore davantage la création divine en question et constitue un argument en faveur de l’évolution (voir aussi Gould 1980). Pour prendre un exemple classique, nos yeux, malgré leur complexité, présentent de nombreuses caractéristiques qui s’expliquent plutôt par des étapes évolutionnaires successives qui conservent certaines caractéristiques antérieures que par une optimalité absolue de chacune de ces caractéristiques (voir aussi Land et Fernald 1992, Fernald 2004, Gregory 2008 et Nilsson et Pelger 1994).<br />
Cependant, et en toute généralité, c’est une chose que de postuler l’évolution biologique, mais s’en est une autre, que d’expliquer une telle évolution et son lien avec les changements géologiques (voir aussi l’estimation de Darwin dans la préface de L’Origine des espèces). Pour mieux comprendre l’évolution, il faut déterminer les mécanismes et les conditions selon lesquelles cette évolution biologique a lieu. C’est là ce que Darwin a fait après son retour de voyage. Une fois l’hypothèse de l’existence de l’évolution biologique acceptée, il reste la question de savoir si des changements dans l’environnement d’une espèce aboutissent nécessairement à sa disparition et qu’est-ce qui se produit si tel n’est pas le cas. La possibilité extrême de la disparition d’une espèce est facilement compréhensible dans les cas de catastrophes, une période glaciaire par exemple. Darwin se focalise donc plutôt sur la question visant à comprendre comment des changements environnementaux moins extrêmes aboutissent à des changements d’espèces, y compris à l’émergence de nouvelles espèces.</p>
<p>L’explication de Darwin s’inspire de l’Essay on the principle of population de l’économiste Thomas Malthus (1766-1834; première édition de l’Essay en 1798). Il développe l’idée influente selon laquelle l’environnement est sélectif (voir Darwin 1859, chapitre 4 ; voir aussi M. Abrams 2009a, Mayr 2002, chapitre 4-6 et Stephens 2007). Dans un environnement donné, les ressources sont rarement suffisantes pour la survie et la reproduction de tous les individus d’une même espèce. Cette observation s’applique aussi aux espèces différentes qui occupent la même niche (pour le concept de la niche, voir chapitre 3). Dans une telle situation, il est évident que certaines propriétés sont plus avantageuses que d’autres pour accéder à ces ressources limitées. L’environnement est ainsi sélectif dans le sens ou` il permet à certains individus de se nourrir et de se reproduire mieux que d’autres (voir chapitre 5 sur l’environnement et la niche).</p>
<p>A partir de cet élément, il est possible d’ajouter les deux observations suivantes : 1) Il n’existe pas seulement de différences entre des individus d’espèces différentes, mais il existe également des différences entre des individus d’une même espèce. 2) La similarité relative entre des parents et leurs descendants, par rapport à la similarité entre d’autres individus, suggère qu’il existe un mécanisme de transmission des propriétés (hérédité des traits). Le fait que Darwin ait conçu de manière erronée le mécanisme soustendant la transmission héréditaire ne joue guère de rôle dans son explication du mécanisme de l’évolution (nous discuterons plus tard la synthèse de la théorie de l’évolution avec la génétique).</p>
<p>Chez Darwin un élément essentiel met en relation l’existence d’un mécanisme de transmission héréditaire de propriétés différentes et la compétition pour des ressources : les individus d’une espèce qui ont un avantage compétitif au niveau de l’accès aux ressources grâce à leurs propriétés particulières (qui sont transmissibles héréditairement) ont plus de chance de transmettre ces propriétés à leurs descendants que d’autres individus. C’est le principe de la sélection naturelle : le fait qu’une propriété est avantageuse pour la survie et la reproduction d’une espèce donnée dépend du contexte environnemental, lequel inclut les autres espèces : les propriétés les plus avantageuses s’accumulent chez l’espèce donnée tandis que les propriétés moins avantageuses ont tendance à disparaître au fil du temps (voir Darwin 1859, chapitre 3-5). Etant donné qu’il existe des environnements différents et que l’environnement change continuellement, le résultat de la sélection est en conséquence différent. Ce qui constitue une propriété avantageuse dans un contexte environnemental particulier peut se révéler être un désavantage dans d’autres conditions.</p>
<p>Compte tenu de ce qui précède, nous pouvons interpréter les catastrophes comme des changements d’environnement qui mettent en danger des populations voire des espèces entières dans le cas ou` les individus en question ne sont plus capables, en dépit de leur diversité phénotypique, de se nourrir et de se reproduire suffisamment (voir aussi Damuth 1992 et Sepkoski 2008 sur le concept d’extinction des espèces et sur la macroévolution). La disparition d’une espèce constitue ainsi un cas particulier, certes extrême, d’évolution. Des cas moins radicaux d’évolution sont les changements statistiques au niveau des génotypes présents dans une population ou une espèce donnée (nous les discutons plus en détail au chapitre 2). Cependant, la différence entre les cas catastrophiques et celui d’un changement de fréquences des génotypes est relative. Dans tous les cas, la sélection naturelle a tendance à diminuer les différences génotypiques dans le monde. Si dans une population et contexte donné les propriétés A, qui sont transmissibles héréditairement, sont plus avantageuses que les propriétés B, alors, si aucune autre force n’intervient, les individus porteurs des propriétés B ne vont à terme plus exister et les propriétés A seront alors fixées dans la population. Cela représente en un certain sens une catastrophe pour les gènes des propriétés B. Etant donné que la sélection naturelle semble, jusqu’ici, systématiquement aboutir à la disparition d’espèces, de populations ou de gènes, la question qui se pose est de savoir comment expliquer l’émergence de nouvelles espèces.</p>
<p>Nous présenterons plus loin une réponse génétique à cette question (ainsi qu’au chapitre 4). Découvrons tout d’abord l’explication de Darwin dépourvue de ces connaissances génétiques. Pour discuter l’approche explicative de Darwin, imaginons trois des îles Galapagos, a, b et c, et une espèce F de pinsons vivant sur l’île a. Supposons que les individus de cette espèce F se distinguent par certaines différences transmises de génération en génération. Il s’agit par exemple de becs plus ou moins profonds et longs. Admettons que les descendants des oiseaux à longs becs ont également de longs becs. Si la profondeur et la longueur des becs ne constitue ni un avantage ni un désavantage pour la survie ou la reproduction, il est possible que cette différence subsiste dans la population. Cet élément permet ici de préciser la portée de la sélection naturelle : la sélection naturelle diminue les différences de propriétés seulement lorsque ces propriétés constituent un avantage ou un désavantage par rapport à d’autres.</p>
<p>Dans ce contexte, imaginons que certaines conditions de vent rendent exceptionnellement possible l’arrivée de certains pinsons aux îles b et c. En comparant les trois îles, il existe des conditions environnementales différentes au niveau de la géologie, du climat, de la flore et de la faune. En fonction de ces conditions différentes, la profondeur et la longueur des becs joue un rôle important pour l’accès aux ressources et donc pour la survie et la transmission des propriétés à la génération suivante. C’est pourquoi les pinsons munis de becs profonds et larges accèdent mieux aux ressources disponibles sur l’île b. Par contre, sur l’île c, sur laquelle d’autres ressources sont disponibles, ce sont les pinsons munis de becs fins et longs qui y accèdent le mieux. Par conséquent, sur l’île b, la propriété d’avoir des becs profonds et larges a tendance à se fixer dans la population, tandis que sur île c, c’est plutôt le cas pour les becs fins et longs. Pouvons-nous considérer que ces évolutions sur les îles b et c constituent le premier pas vers l’émergence d’espèces nouvelles ?</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-926-2.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<pre>Extrait du titre  <em><span class="BookTitle">Philosophie de la biologie</span></em> de <span class="AuthorName">Christian Sachse</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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		<title>Sacrée foudre!</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 09:56:37 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polytechpress.com/sacree-foudre/#more-2617" target="_self">&gt; L’interview de <span class="AuthorName">Pierre Zweiacker</span></a></strong></p>
<p><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-943-9.html" target="_blank"><img class="alignleft" title="Sacré foudre!" src="http://us.cdn2.123rf.com/168nwm/fesus/fesus1106/fesus110600026/9670624-big-thunderbolt.jpg" alt="" width="168" height="113" /></a>Il y a quelques années, la foudre tomba au coin de mon verger, où s’ébattaient une douzaine de poules âgées d’environ un an, fort assidues à pondre chacune leur œuf quotidien. Le tonnerre se confondit avec l’éclair, tant le point d’impact était proche, excluant toute manœuvre d’anticipation. Et mes douze poules de se précipiter dans le poulailler d’où elles ne sortirent plus durant trois jours, faisant du même coup la grève de l’ovule.</p>
<p>Contrairement à ce que certains auront peut-être un peu hâtivement supposé, il ne s’agissait pas de poules de la race des Leghorns, excellentes pondeuses certes, mais facilement victimes d’émotions incontrôlables. Soucieux de laisser vaquer ces volatiles en toute liberté, au risque de les voir confrontés à quelque mauvaise rencontre, j’avais préféré la race des Amberlinks, généralement bien plus optimistes et dotées d’une meilleure capacité de résilience face à l’adversité.<span id="more-2617"></span><br />
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<p>Las ! Terrorisées par le fracas des cieux, elles ne revinrent que lentement à un cycle de vie normal, exigeant un menu spécial de grains de maïs garantis bio et issus du commerce équitable.</p>
<p>Par analogie, on peut admettre que, pour la plupart des animaux, l’expérience de la foudre tombant à proximité d’eux se résume à une terrible frayeur, suivie de séquelles psychologiques plus ou moins durables. L’endroit occupé et l’activité pratiquée à ce moment-là resteront violemment associés, dans leur « esprit », à un choc insupportable&#8230; à éviter autant que possible. La neurobiologie a récemment montré, chez des souris, comment les expériences traumatisantes sont matériellement inscrites dans le cerveau par un réseau de molécules appelées glycoprotéines.</p>
<p>Or, en remontant dans l’histoire de l’Homme, on découvre des expressions symboliques du pouvoir de la foudre, datant de plusieurs millénaires. À n’en pas douter, la recherche d’une explication à ce cataclysme visuel, sonore et destructeur doit dater des premiers balbutiements d’abstraction auxquels s’exerça le cerveau de nos lointains ancêtres. Son origine se confond probablement avec celle de ce besoin, apparemment spécifiquement humain, de donner du sens aux phénomènes anxiogènes et aux souffrances qui en découlent.</p>
<p>On ne sait évidemment rien du sens que pouvait donner à la foudre, il y a quatre millions d’années, l’Australopithèque et son pichet de cervelle. Mais on raconte qu’un jour, il y a environ mille siècles, un hominidé déjà évolué, du nom de Neeka, vit sa petite sœur Naoki et leur mère frappées par un éclair de chaleur. Naoki, plongée dans le coma, revint à la vie active dès le lendemain. Mais la mère n’avait pas survécu, et les vautours commençaient à tournoyer au-dessus du cadavre. Alors Neeka eut un double problème.</p>
<p>Tout d’abord, pourquoi sa mère ne pouvait-elle revenir à la vie, comme sa petite sœur? Neeka s’agitait en tous sens, puis s’agenouillait en grognant près du corps, guettant le moindre mouvement, le plus petit signe d’un souffle vital. Les témoins de ces tragiques événements sont formels: Neeka voulait trouver une explication. Mais les vautours s’impatientaient, et Neeka se préoccupa alors du second problème: protéger la dépouille, afin de préserver ses chances de retour parmi les vivants. À cette fin, il inventa la sépulture. Il imagina sa mère partie dans un autre monde. Il lui offrit sa part de viande qu’il déposa près du corps.</p>
<p>Ne trouvant aucune explication au comportement singulier de Neeka, ses congénères le prirent alors pour un fou. Pourtant, cette douloureuse folie d’un genre inédit – probablement due à une infime mutation génétique – annonçait une ère nouvelle qui devait conduire inexorablement à l’humanité moderne, morale, politique, philosophique, scientifique, éthique et juridique.</p>
<p>Entre-temps, l’homme n’aura cessé de chercher des explications, qui se répartissent généralement en deux catégories : celles qui prétendent s’en tenir strictement à l’observation d’une certaine réalité objective que nous révèlent nos organes sensoriels, complétés par divers instruments. Et celles qui font appel à une puissance bienveillante, dont les desseins, parfois impénétrables, sont néanmoins d’une sagesse infaillible.</p>
<p>La sagesse infaillible nécessite la maîtrise de tous les phénomènes du monde en général, et en particulier du plus terrifiant d’entre eux, la foudre. Ainsi, dans les religions qu’élaborèrent les civilisations plus ou moins anciennes, on trouve toujours au moins une divinité préposée au maniement de ce redoutable choc météorologique. Et à l’image du Zeus des Grecs, le maître de la foudre est souvent le plus puissant et le chef des dieux. Quant à l’Être suprême des religions monothéistes, il utilise également la foudre à volonté, pour punir, venger, révéler, avertir ou rappeler qu’Il existe, à ceux qui tendraient à l’oublier, comme on le verra dans la première partie du présent ouvrage.</p>
<p>La seconde partie donnera la priorité aux explications objectives qui permirent de forcer l’éclair à suivre une barre de métal improprement appelée «paratonnerre» en français. La formulation des principes physiques qui aboutirent à cette découverte demanda des siècles. Mais des décennies supplémentaires ne furent pas de trop pour en répandre l’usage. Les dieux ne se laissèrent que difficilement déposséder de leur principal atout, et les rituels de protection – objectivement inopérants ou même meurtriers – qui prévalaient depuis la nuit des temps subsistent encore ici ou là de nos jours.</p>
<p>La foudre conserve en effet un certain potentiel émotionnel et fantasmatique. «Les paratonnerres sont-ils vraiment efficaces?», «Pourra-t-on un jour capter l’énergie de la foudre ? » ou encore: « Le téléphone mobile peut-il attirer la foudre?» Quelques questions parmi les plus couramment posées aux spécialistes du 21e siècle.</p>
<p>Et en voici une autre que j’ai relevée sur un blog d’adolescents : Le coup de foudre, est-ce que ça existe vraiment? Mais là, par chance, aucune protection connue ! Allez, mon gars, on te le souhaite !</p>
<p><strong>L’instrument des dieux (et des démons)</strong></p>
<p><em>«Le tonnerre gronde, ô mortels ! Qui fait entendre ce bruit menaçant ? Qui fait jaillir l’éclair du sein de la nue ? Regarde, ô pécheur, c’est le Maître du monde, c’est le bras du Très-haut qui lance la foudre.»</em> Jean Lanteires</p>
<p>Les plus anciens systèmes d’écriture se composaient de pictogrammes. Chacun d’eux représentait un objet de manière plus ou moins stylisée. Rien de plus naturel, sans doute, mais un peu limité tout de même: en matière de communication, les besoins de l’être humain ne se résument pas à établir des listes d’objets. Comment représenter des actions, des sentiments, des valeurs, des forces naturelles ou surnaturelles ?</p>
<p>Confrontés à ce problème, les scribes trouvèrent une solution astucieuse : réutiliser les pictogrammes existants, mais cette fois pour leur valeur phonétique. Vous ne savez pas comment représenter un fantôme ? C’est très simple : vous juxtaposez le pictogramme du « faon » avec celui de la « tomme », et vous obtenez un faon-tomme ! Et mille ans plus tard, les spécialistes du décryptage des écritures oubliées s’arrachent les cheveux (tant qu’ils en ont) à essayer de comprendre ce que ce faon pouvait bien faire avec cette tomme.</p>
<p>Néanmoins, le système s’avéra si pratique que tous les peuples tendirent à adopter des écritures alphabétiques, où finalement seul un nombre très limité de signes phonétiques suffit à produire une infinité de mots. Tous les peuples&#8230; à l’exception notable des Chinois qui persistent, entre autres choses fastidieuses, à mémoriser des milliers de petits dessins différents; et à faire tenir des grains de riz en équilibre sur des baguettes! Pourquoi tant d’archaïsmes ? Sommes-nous tentés de nous exclamer.</p>
<p>Or l’idéogramme semble bien vouloir prendre sa revanche sur l’alphabet, dans nos sociétés hyperavancées: signaux de la circulation routière, indications de lavage des vêtements, multiples codes des cartes de géographie et des guides gastronomiques, étiquettes de produits chimiques, etc. Les organisations soucieuses des droits des consommateurs protestent, depuis un certain temps déjà, contre cette prolifération croissante d’informations pictographiques qui « constitue davantage une source de confusion pour les consommateurs qu’une aide utile en matière de choix ».</p>
<p>Pourtant, renseignements pris auprès d’une entreprise spécialisée dans la signalétique, un certain pictogramme n’existe pas encore : celui qui signifierait « Attention foudre ». Et pour celles et ceux qui souhaitent échapper à une lecture purement passive de cet ouvrage, l’invention de ce pictogramme constitue une excellente occasion d’actionner les ressorts de leur créativité: S’il te plaît, dessine-moi un éclair ! Mais attention, toute confusion avec les panneaux de mise en garde que l’on voit dans les installations électriques sera sévèrement sanctionnée !</p>
<p>En revanche, le piratage des symboles de foudre utilisés dans différentes mythologies est autorisé, les droits d’auteurs étant généralement échus depuis des siècles ou des millénaires. Et là, une première surprise nous attend : l’étonnante convergence de ces représentations.</p>
<p><strong><a href="http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-943-9.html" target="_blank">&gt; Pour en savoir plus</a></strong></p>
<pre>Extrait du titre <em><span class="BookTitle">Sacrée foudre</span> ou La scandaleuse invention de Benjamin F.</em>
de <span class="AuthorName">Pierre Zweiacker</span>
Publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes</pre>
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