Maîtriser l’information comptable

La comptabilité a acquis aujourd’hui une assise conceptuelle qui lui faisait encore défaut à maints égards. De cette discipline, issue avant tout de la pratique, s’est d’abord dégagée la théorie des comptes qui a assuré un traitement uniforme régulier de la mesure des faits modifiant les capitaux engagés. La théorie des comptes répondait à la question du comment mémoriser ces faits?

Le premier texte imprimé de la littérature comptable est celui du moine Luca Pacioli paru en 1494 à Venise. Ce texte, Traité XI, section Neuf, d’un ouvrage de compilation encyclopédique intitulé Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita constituait un traité des comptes et des écritures. Au cours des siècles suivants, l’abondante littérature comptable s’est avant tout concentrée sur la recherche de la justification de la comptabilité en partie double et de celle de la façon de tenir les livres.



Sous l’influence de l’accroissement de la complexité des affaires, cette rigueur formelle s’est enrichie de principes voulant assurer la pertinence des états financiers et l’adéquation des enregistrements comptables. Le corps de principes qui s’est ainsi constitué tend à répondre à la question du pourquoi mémoriser les faits?

Parmi les premiers auteurs de théorie comptable à proprement parler, on cite volontiers W. A. Patton qui publia à New York, en 1922, un ouvrage intitulé Accounting Theory. Au cours des dernières décennies, les travaux de recherche et les publications portant sur la conceptualisation de la comptabilité comme partie des sciences sociales se sont multipliés. On pense en particulier aux efforts énormes, qui se sont étendus sur plus de 10 ans dès le milieu des années 1970, du Financial Accounting Standards Board (FASB) des Etats-Unis pour parvenir à élaborer un cadre conceptuel comptable. C’est dans la foulée de cette réflexion théorique que la première édition du présent ouvrage en 1987 proposait un cadre conceptuel de la démarche comptable sur lequel se fondaient toutes les explications particulières. Durant la même période de nombreuses recherches allaient dans le même sens, en particulier celles de l’International Accounting Standards Committee (IASC) qui approuva en avril 1989 son Cadre conceptuel pour la préparation et la présentation des états financiers. Un pas décisif a alors été franchi vers une normalisation internationale fondée sur une approche théorique acceptable par tous.

Ce cadre conceptuel a été repris par l’International Accounting Standards Board (IASB), établi en 2001, dans le cadre de l’International Accounting Standards Committee (IASC) Foundation, qui comprend également l’International Financial Reporting Interpretations Committee (IFRIC) et le Standards Advisory Council.

Aujourd’hui, l’application de standards de normalisation s’est généralisée. Sur le plan international, les International Accounting Standards, IAS, puis les International Financial Reporting Standards, IFRS, sont reconnus dans un grand nombre de pays, en particulier l’Union européenne les a adoptés pour les comptes consolidés des sociétés cotées. De plus, pour faciliter le développement des marchés des capitaux l’IASB et le FASB ont établi, en 2006, un programme de travail de convergence qui devrait rendre superflues, dans un proche avenir, les exigences de réconciliation entre les deux référentiels telles qu’elles apparaissent encore dans les rapports de gestion des entités étrangères cotées aux Etats-Unis.

Les organismes de normalisation comptable, internationaux ou nationaux, commencent en outre à segmenter les exigences en fonction de la taille des entités concernées. L’IASB a ainsi publié, en février 2007, un exposé-sondage qui propose des IFRS pour les Petites et Moyennes Entités (IFRS for Small and Mediumsized Entities). En Suisse, les Recommandations relatives à la présentation des comptes, en abrégé les Swiss GAAP RPC, entrées en vigueur au début de l’année 2007, sont établies sur une structure modulaire. Le concept s’articule autour de quatre éléments : le cadre conceptuel, les RPC fondamentales, les autres normes et la norme spécifique pour les comptes consolidés. Les petites entités ont la possibilité de ne prendre en considération que le cadre conceptuel et les recommandations fondamentales. Les entités de taille moyenne ou importante sont tenues de respecter les recommandations fondamentales et les autres normes. En cas de consolidation des comptes, toutes les entités doivent respecter, en plus, la norme spécifique destinée aux comptes consolidés.

Les volumes de cette série Maîtriser l’information comptable accordent par conséquent une large place au pourquoi. Il s’agit pour chaque étude particulière de déterminer la solution dite rationnelle qui respecte au plus près les principes, même s’il faut constater ensuite que des solutions usuelles plus simples sont parfois adoptées pour des raisons de coût ou d’importance relative (caractère significatif). La connaissance de la solution rationnelle, par exemple en matière d’escompte, de vente à tempérament ou d’évaluation, permet à celui qui établit les états financiers ou à celui qui les analyse de mesurer les limites de pertinence et de fiabilité des informations contenues dans les comptes annuels.

Ce volume 1 de la série Maîtriser l’information comptable propose une approche systémique de la comptabilité fondée sur un corps de principes organisés en une démarche théorique rationnelle. Les applications étudiées se rapportent aux événements comptables standard de l’entreprise. Pour permettre au lecteur de tester sa compréhension des éléments étudiés, la partie de l’ouvrage consacrée aux exercices et cas propose, dans une première partie, des exercices et cas résolus. Le lecteur est cependant invité à les résoudre lui-même avant de recourir aux solutions proposées.

Le volume 2 de la série offre une application systématique de la théorie et de la démarche dans le cadre de la préparation des états financiers annuels. Il donne une analyse commune et générale du traitement comptable des différentes entités sociétés; les communautés d’intérêts (société simple) et les succursales sont particulièrement approfondies. Il étudie les différentes théories de l’évaluation des postes du bilan, justifie et illustre leur application pratique en général et pour la Suisse en particulier. Il traite enfin des liens entre la comptabilité financière et la comptabilité de gestion ainsi que des différents coûts de production de biens ou de services.

Par une présentation du retraitement et de la formation des données en vue de l’analyse financière, le volume 3 complète les matières développées dans les tomes précédents. Il propose en outre une étude des incidences comptables des changements intervenus dans les activités (augmentation, réduction ou cessation d’activités); il approfondit l’évaluation des titres, en particulier celle des nouveaux instruments financiers, et propose une introduction à la préparation des états financiers consolidés.

Le contenu des ouvrages se réfère avant tout à l’entreprise privée, comme entité essentielle du circuit des échanges économiques. Le contrôle de la circulation des flux, tant externes qu’internes, est donc au cœur des explications. Les notions de capacité d’autofinancement, de flux net d’activité encaissé, de fonds de roulement et les tableaux de flux sont abordés très tôt puisqu’elles sont l’objet du contrôle comptable, bien avant la présentation traditionnelle des comptes.

L’approche théorique de la comptabilité est complétée par des exemples aussi réalistes que possible. A la fin du volume 1 et dans le volume 4, une collection d’exercices et de cas permet d’assurer la consolidation des connaissances acquises.

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Commentaires

[...] This post was mentioned on Twitter by Romanding. Polytechpress.com said: Maîtriser l’information comptable: La comptabilité a acquis aujourd’hui une assise conceptuelle qui lui faisait en… http://bit.ly/9ktKyk [...]

Excellent article!

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